‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 113 sur 125 · Page 3a · texte numérisé non relu

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Le consul intérimaire, M. Pilinski, malade, avait attendu mon retour au Siam pour rentrer en France; cl le Gouvernement, pensant qu'il y avait dans la situation des inconvénients a l'envoi d'un nouvel intérimaire, avait décidé de charger des fonctions de Ministre Résident à Bangkok, M. Défiance, premier secrétaire d'ambassade qui devait arriver à la fin d'août.

Les deux mois, qui allaient s'écouler avant mon départ, étaient bien plus que suffisants pour permettre un règlement général. Le télégraphe reliait à la capitale siamoise, tous les points où des difficultés avaient surgi et toutes les questions à résoudre avaient été, de ma part, l'objet d'une correspondance précise. Mais je me rendis compte par les lenteurs et les altermoiements qui me furent opposés que je n'aboutirais pas au résultat désiré.

Quoique je me fusse attaché à faire comprendre au Ministre des Aflaires étrangères du Siam que mon départ n'indiquait pas un changement de politique de notre part, et que M. Hanotaux s'en fut lui-même expliqué avec le Minisire du Siam à Paris, il me fui \ isible qu'on espérait, à Bangkok, voir le nouvel agent envisager les choses sous un jour plus favorable à la Cour siamoise.

Il ne me resta plus qu'à préciser la situation pour le Gouvernement et pour mon successeur.

Elle résultait de ce que, depuis deux ans. la Cour de Bangkok s'efforçait d éluder l'exécution des clauses essentielles du Traité et de la Convention du 3 octobre 1893.

Contrairement aux dispositions de ces actes, le Siam prétendait s'annexer les territoires de Luang-Prabang situés sur la rive droite du Fleuve où il n'avait exercé jusque-là que de simples droits de suzeraineté, et dépouiller ainsi, d'une partie de sa principauté, le Roi de Luang- Prabang qui résidait sur la rive gauche et était devenu notre sujet. Dans la zone de 20 kilomètres, aussi bien à Luang-Prabang que dans les autres petits territoires baignés par le Fleuve, il avait tenté de substituer aux autorités locales (laotiennes) qui administraient le pays à l'époque delà

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