‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 20 sur 125 · SIAM · texte numérisé non relu

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D'autres sujets d'entretiens sur lesquels il me paraissait possible de se mettre d'accord, étaient aussi nés depuis le commencement de celte période de la mission. Ils étaient, en particulier, relatifs à des propositions de constructions télégraphiques devant relier nos réseaux du Tonkin, de l'Annam et du Cambodge aux lignes siamoises, à la suppression provisoire des douanes dans les territoires contestés ou non délimités du Sud, ainsi que le gouvernementgénérall'avaitfait desoncôté. eteomme les agents siamois l'avaient, au Nord, admis avec moi sur le terrain, et, à l'établissement d'agents français sur la rive droite du Mé-kbong cl à Battambang pour le commerce et la navigation.

J'obtins les passeports que je désirais pour les agents commerciaux, mais les arrangements sur les questions télégraphes et douane furent déclinés.

Quant à la discussion de la délicate question des négociations territoriales, elle ne me sembla plus pouvoir être abordée partiellement avec opportunité. En effet, si les opérations de la mission avaient été conduites sans difficultés, des incidents qui auraient dû être réprimés, et qui furent excusés ou justifiés, provoqués par les empiétements des autorités siamoises, avaient, en dépit du statu quo admis en 188g, continué à surgir dans le voisinage de nos postes, sur le versant de la mer de Chine depuis le Tran-ninh et le kammon, jusqu'au Sud d Aïlao. Nous devions y voir d'une manière de plus en plus précise, l'intention, lors du règlement de la frontière, non seulement de répondre à notre demande d évacuation par lestroupes siamoises des territoires de la \allée du Mé-khong que nous réclamerions, mais de prévenir nos propositions en nous contestant des territoires dans le versant de la mer de Chine.

Ces dispositions étaient confirmées |>ar la nouvelle que les membres de la mission alors sur le Mé-khong me firent parvenir, de la formation sur la rive droite du lleuve de détachements siamois destinés, aussitôl la belle saison commencée, à aller prendre possession des pays de la n\e gauche où le pavillon siamois n'avait pas encore flotté. Je pensai que la visite à Saigon du prince Bbanurangsi, sur laquelle M. Piquet et moi avions fondé quelque espoir, pouvail avoir eu pour objet d'atténuer dans

la colonie, la mauvaise impression ressentie à la constatation que le gouvernement siamois, loin d'avoir suspendu la marche en avant dont j'ai parlé à la fin de la période précédente', l'activait au contraire de toute son énergie. Je ne manquai pas de faire remarquer les dangers du mainlien de cette allitude qui pourrait conduire le gouvernement général à arrêter les empiétements par la force ou à agir de la même façon dans la vallée du Mé-Khong. En présence de cette situation j'insistai pour la stricte observation du slatu quo de 1889, sur son extension à tout le territoire, et la retraite, en deçà de la ligne de partage des eaux, des troupes siamoises qui l'avaient franchie. J obtins seulement la promesse que cette question serait examinée dans les intentions les plus conciliantes.

\u dernier moment, d'une façon incidente, m'avait été exprimé le désir du gouvernement siamois, inutilement manifesté plusieurs fois aux gouverneurs de notre colonie, de voir ses navires aller par les voies lluviales de la Cochinchine et du Cambodge, battre pavillon et stationner sur le grand Lac et le Mé-Khong. Cette prétention marquait mieux encore que les mouvements de troupes dont nous nous plaignions sa résolution de ne pas se retirer des bords du grand fleuve.

Comprenant que je n'arriverais à rien de mieux que cette promesse, qui dans la suite ne fut suivie d'aucun effet, je gagnai le Tonkin, avec M. Lefèvre-Pontalis qui depuis son arrivée avait assisté à mes entretiens avec les princes siamois : nous y arrivâmes le 22 novembre ; M. Piquet parti pour visiter les ruines d'Angkor y était incessamment attendu.

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