CAMBODGE
M. DE COULGEANS
il mars au 3i décembre i8go.
SEJOUB A STUNG-TRENG
M, de Coulgeans avail quitté Saigon le 11 mais pour rejoindre son poste à Stung-Treng; il y était parvenu le 10 avril, après un voyage de sept jours en pirogue depuis Kratié, <pu indiquait la durée moyenne aux. basses eaux, de cette course, dès lors, fréquemment accomplie pour le service de la mission.
Situé au confluent et sur la rive gauche de la grosse rivière Stung- Treng, formée par le Srépok et le Sé-Kong, ce petit centre avait une population de r 5oo Cambodgiens, Laotiens, Chinois et Penongs. Nous y avions précédemment établi une agence eommereiale. mais les dillii"' Série. — II. 12
MISSION PWIE
cultes et les embarras suscités au résident par les autorités siamoises lui avaient rendu la situation intenable.
Stung-Streng est le chef-lieu d'une ancienne province cambodgienne sur laquelle le Siain avait mis la main, sans aucun titre, en même temps qu'il s'était emparé des territoires d'Attopeu, Kong, Tonlé-Hepou, Melou-Prey, Koukan, Sang-Kéa et Souren, dans les temps troublés qui précédèrent l'avènement du père du roi Norodom.
Malgré son titre de membre de la mission, ce ne fut pas sans peine que M. de Coulgeans s'y inslalla, sa situation n'y pul même être bien établie qu'à mon passage au mois d'août suivant.
DE SAMBOR A STUNG-TRENG go kilomètres de levé nouveau.
Son premier soin, après avoir pris pied dans le pays, fut de relever le chemin l'unissant à Sambor, notre dernier poste cambodgien sur le fleuve. En outre de l'étude topographique, cette reconnaissance a va il aussi pour but l'examen d'un tracé en vue de rétablissement d'une ligne télégraphique qui. poussée ensuite jusqu'au barrage de Khone, rendrait de grands services à la navigation que nous allions tenter d'installer sur le fleuve. Les hommes et les moyens de transport nécessaires lui ayant été refusés à Slung-Treng, M. de Coulgeans se rendit en barque à Sambor où il se les procura.
La berge du fleuve n'était pas alors longée par un sentier et n'était pas facile à suivre, soixante confluents, dont six de rivières assez fortes la coupent dans ce trajet : les plus petits n'ont pas moins de 10 à 20 mètres de largeur et ont îles berges de 8 à 9 mètres presque toujours accores. Parti le i3 mai. avant que les pluies ne fussent bien établies, M. de Coulgeans trouva un mètre d'eau dans les rivières, tous les autres cours d'eau étaient à sec. Leur ensemble forme, entre le Preck-Té qui débouche à kratié et le Stung-Treng, une sorte de bassin intermédiaire limité par des mamelons rocheux de 10 à 3o mètres de hauteur, allant à une cen-
CAMBODGE gl
laine de kilomètres à l'est, traversé à son centre par un chemin pour les charrettes entre Sambor el Stung-Treng, qui allait être visité un peu plus tard. Le pays, généralement habité par des Ivhas dont plusieurs des villages sont sur la berge, avait alors comme point le plus intéressant, Thaung-Kla, indiqué comme frontière par le Siam qui y avait installé un petit poste militaire.