‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 26 sur 125 · DE QUI-HOP A VINH · texte numérisé non relu

DE QUI-HOP A VINH

y5 kilomètres de levé nouveau.

De Qui-Hop à Vinh, M. Rivière avait compté descendre le Ngamïien et le Ngan-Sau, affluents du Song-Ka, mais la circulation sur ces cours d'eau était interrompue par la rébellion et le mandarin annamite de Qui-Hop, ainsi que le chef du poste de Tri-Ban, qui lui envoya une petite escorte de miliciens, lui représentèrent qu'il courrait un danger presque certain en les parcourant. Fort heureusement, un séjour antérieur dans cette région lui avait rendu le pays familier. S'étant assuré par les indigènes qu'un chemin qui aboutissait à la route mandarine et au canal du Ifatinh était libre, il continua sa marche, passant parle

.ii. MISSION PAVIE

col de Truong-Bat, il atteignit le canal au point où la roule le coupe et y ayant trouvé des barques il parvint à A inh après vingt-quatre heures de navigation, le 8 août.

M. Rivière connaissait la partie la plus difficile de la route de Iïatraï à Lakhône, il la trouvait fort préférable à celle par Qui-Hop qui demandait, du reste, quatre jours de plus pour son parcours. Le pays qu'il venait de visiter était, comme le Laos en général dans ses parties montagneuses, habité par plusieurs races. Les Laotiens répandus assez nombreux entre le Mé-Khong et la base des monts Pou-Hac; les Hang-Tchek qu'on rencontre le long de la route du Qui-Hop et qui se rattachent aux Laotiens au moins par le langage, et deux variétés de lvhas, les Xos et les Hémères, qui vivent nomades sur les hauteurs. Au cours de sa route, M. Rivière avait pu recueillir en une sorte de vocabulaire, un grand nombre de mots de chacun de ces langages et des notes intéressantes sur leurs mœurs. De Vinh il gagna, par le vapeur, Hanoï où je le retrouvai.

Fig. 35. — Maison commune de [Chas Djarai

MM. CUPET, GOGNIARD, DUGA.ST et LUGAN Ier octobre au i5 novembre 1890.

Le capitaine Cupet avait vu revenir ses forces quand la fin de septembre arriva et il se sentait capable d'entreprendre une nouvelle campagne. Aucun fait saillant méritant d'être signalé n'était survenu à Luang-Prabang pendant le séjour de quatre mois qu'il venait d'y faire. Le Ier octobre, ayant confié le poste à M. Counillon. il s'embarqua sur le fleuve avec M. Lugan. pour aller reprendre les travaux topographiques dans les régions au Sud de celles où, avec son groupe, il avait précédemment opéré.

Parvenu à Nongkay, le 6, il \ laisse M. Lugan qui va se rendre à Oubône par terre et par le Nam-Si. Le i5, il arrive à Lakhône et apprend que MM. Cogniard, de Malglaive etDugasl en sonl déjà partis, il continue alors la descente du fleuve jusqu'à Ban-Mouk, d'où il ira les joindre à ^ assouthon.

l'e Séiuf.. — H.

9S MISSION PAVIE

DE BAN-MOUK A OUBONE PAU YASSOUTON, BOI-ET ET BAN-MUONG 3 19 kilomètres de levé nouveau.

Yassouthon, sur le Nam-Si, est à i3o kilomètres de Ban-Mouk, par un chemin constamment en plaine que suivent les chars à bœufs. Le terrain est légèrement ondulé à la ligne de séparation entre le Mé-Khong et le Nam-Si. Le pays est couvert de forêts, sillonné de ruisseaux, dont deux seulement sont importants, le Nam-Bang-Hin, tributaire du Mé- Khong et le Sé-Baï, affluent du Moun, et qui ont leurs sources dans des petites collines en vue de la roule. Il est pauvre et peu babité jusqu'au Sé-Baï; plus loin la forêt s'éclaircit et se peuple de villages. La plaine de Yassouthon est couverte de rizières et de riches pâturages où paissent des troupeaux de bœufs et de buffles. En commuuication facile avec Oubône, par le Nam-Si, Yassouthon est important au point de vue commercial; un certain nombre de marchands chinois y sont installés.

Le 25 octobre, MM. Cogniard et Dugast y rejoignent le capitaine, et le 27, tous trois se séparent pour gagner Oubôn, chacun par un chemin di lièrent.

80 kilomètres séparent Yassouthon de I\oï-Et; le chemin traverse des territoires d'une fertilité exceptionnelle comme M. Cupet n'en avait rencontré qu'au nord de Vieng-Chang, sur ses bords, les villages se succèdent presque sans interruption, le Nam-Si en est à petite distance, ses crues fécondent la plaine (pie couvrent de superbes rizières. De nombreux troupeaux de bœufs, de buffles et aussi de chevaux que l'on exporte sur Korat et Bangkok, augmentent la richesse de cette belle contrée. lioï-Et compte /ioo ou 5oo cases, une trentaine de Chinois y font le commerce.

Pendant les 109 kilomètres de chemin entre Roï-Et et Ban-Muong sur le Nam-Moun, le pays prend peu à peu un aspect différent. A mesure ipion s'éloigne du Nam-Si, les cultures diminuent, les villages se font rares; à partir de Muong-Tiatou, de nombreuses efflorescences salines

apparaissent à la surface du sol, le terrain ne se prête plus à la culture, les arbres deviennent rabougris, peu fréquents. Le pays, assure-t-on au capitaine, conserve le même aspect jusqu'à korat. Deux gros villages se rencontrent dans le parcours, Kélaravissaï, où l'on travaille le fer, et Savanapoum qui fait le commerce du sel. A Ban-Muong, M. Cupet s'embarque pour Oubône.

D OUBONE A BASSAC PAR MUONG-DET

i/io kilomètres de levé nouveau.

M. Cupet, trouve à Oubône, M. Dugast arrivé de la veille. Tous deux vont gagner Bassac par des cbemins différents. Comme ils se préparent à partir M. Cogniard les rejoint; un peu fatigué il se rendra à Bassac en barque.

La roule que suit M. Cupet par Muong-Dêt, est peu intéressante. Après avoir quitté les belles rizières des bords du Nam-Moun, elle entre en forêt et s'y tient jusqu à Bassac, sans traverser de lieu important. Le pays est pauvre, à peine peuplé de Laotiens mélangés de Kouïs, race répandue dans cette région jusqu'au Cambodge et qui se livre à l'industrie du fer venant des mines de Ivompong-Soaï. Muong-Dêt est situé sur le Nam-Dom, affluent navigable du Nam-Moun.

A Bassac, M. Cupet, successivement rejoint par MM. Dugast, Cogniard et Lugan, prépare l'organisation des reconnaissances sur la rive gauclie du fleuve.

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