CAMBODGE, RÉGION SAUVAGE ET ANNAM
côte. M. Cogniard accomplira le voyage vers Attopeu, el M. Dugast ramènera ses éléphants au Cambodge par une route point encore parcourue.
DE BAN-DOiNE A iNIIA-TRAlN'G PAR NFNH-IIOA
180 kilomètres de levé nouveau.
Mettant huit jours pour atteindre la mer, M. Cupet traverse un pays
Fis
Cuabé près de Nha— Trang
très fertile et très peuplé qui d abord lui montre les dernières rivières allanl au Sé-Bang-Khane à une altitude moyenne de 4oo à 5oo mètres, passe la ligne de partage des eaux, el continue >a marche sur un plateau de même hauteur el s'arrêtant à un jour de la mer. I n sentier, par lequel il dégringole plutôt qu'il ne descend la falaise presqu'à pic (55om), qui le termine, le mène à la plaine annamite qu'en une douzaine d'heures il
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parcourt en jonque jusqu'à la cùlc et jusqu'à Nha-Trang où il arrive le i5 avril pour s'y embarquer pour Hanoï.
Au cours de ce voyage qui terminait la série de ses explorations, M. Cupel avait profité de son séjour parmi les populations sauvages pour en faire une étude particulière pleine d'intérêt que sont venues compléter les reconnaissances de MM. de Malglaive, Cogniard, Dugast, du Dr Yersin, du commandant Trumelet-Faber, etc., qui ne saurait se résumer en quelques lignes, et dont je ne veux ici extraire que ces lignes, relatives au grand plateau qu'il avait visité :
« On se plaint généralement que notre Indo-Chine n'est qu'une colonie d'exploitation, qu'il n'y a place nulle part pour une colonie de peuplement, c'en serait une, celle-là, et des meilleures. Climat, terrain, facilités de communications, débouchés, tout s'accorde pour y attirer le colon. Des routes charretières peuvent être créées facilement. Les bois de construction, 1 argile pour faire des briques se rencontrent partout, l'eau y est excellente. Il devra chercher à faire de l'élevage, et à introduire sur l'immense plateau certaines cultures européennes, comme le blé et la pomme de terre, ou exotiques comme le café, le coton, le mûrier, etc. »
DE QUINHONE A ANGKE A BAN-TAMAY ET KON-TOUM
120 kilomètres de levé nouveau.
M. Dugast, débarqué à Quinhone, sur la côte d'Annam, le i5 janvier, se rendit aussitôt à Cong-Son, point qu'on croyait la tête de ligne des caravanes vers Ban-Donc, et qu il avait pour but de relier par un itinéraire à Kôn-Touin où il avait rendez-vous avec M. Cupet. A peine arrivé, il se heurta à des difficultés auprès des indigènes, qui lui montrèrent qu'il ne pourrait réussir en Rengageant dans cette direction, et il revint à Quinhone.
Reparti, le t\ février, avec M. Bricourt, garde principal de milice, qui l'avait accompagné dans sa première tentative, ils prennent la route
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d'Angké, se séparent à ce point, M. Bricourt allant directement sur Kône-Toum, M. Dugast descendant au Sud-Ouest pour tacher de parvenir chez le grand chef des Yaraïs.
Après avoir parcouru une cinquantaine de kilomètres dans le bassin du Song-Ba, et dans celui de son affluent le Ayoun, et visité les villages de Tambang, Salam-Kinh et Youn, le lieutenant se voit refuser le passage à Tomay par les Yaraïs. Obligé de rebrousser chemin il revient à Angké d'où il arrive à Rôn-Toum chez le père Guerlach où il est rejoint, le lendemain ai février, par M. Cupet, exact au rendez-vous.
DE KON-TOUM A HORLING, DAC-RODE ET PELEI-DJU l)Oi kilomètres de levé nouveau.
M. Dugast repart de Kôn-Toum le 2 mars. Il va reconnaître les vallées du Pa-Si et du Pocco, affluents de droite du Bla. Parcourant d'abord la première, il visite les villages des Sédangs, celte population sur laquelle M. de Mayrèna avait particulièrement attiré l'attention.
A Horling, il passe dans la seconde, peuplée de Bongaos. La rivière y est intéressante à cause de l'or qu'elle roule et que les gens d'Atlopeu viennent chaque année acheter pour le revendre aux Laotiens des bords du Mé-Khong. Après avoir terminé par Dak-Bodé et Pcleï-Dju dans un pays très habité, cette course circulaire au confluent du Pocco et du Bla, il rentre à Kôn-Toum où il apprend l'entrée d'une troupe siamoise dans la région.
DE PELEI-DJU A BIA, KEÏOI, SEMET ET DAK-RODE
i53 kilomètres de levé nouveau.
M. Dugast repart aussitôt, rallie Dju, accomplit un nouveau voyage circulaire à la recherche des Siamois, gagne la rivière Sé-Sanc au Sud, puis le village de Bia. Les renseignements lui apprennent qu'il fait
lre SiiRIE. — II. 22
MISSION P.VVIE
fausse roule, il se rend à Kétoy à l'Ouest puis va au Nord vers Semet. Au cours de sa marche, il reçoit de tous les villages la prière d'arrêter l'invasion qui les menace Arrivé à Semet, il joint la colonne siamoise, l'invite à se retirer et obtient sa retraite.
Il rallie alors Dak-Rodé, y trouve le père Guerlach et M. Garnier, inspecteur de milice arrivé de l'Annam ainsi qu'il avait été prévu, et regagne avec eux Kôn-Toum le 3 avril.
DE KON-TOUM A KRA-TIE, PAR BROUK, GAO, PUM-KOUECNE, LOM-NUA, BAN-LAÏA, PAK-IA-DRANG ET SREKI
45o kilomètres île levé nouveau.
M. Dugasl, trouvant là des instructions de M. Cupet, lui prescrivant de ramener à Kralié (Cambodge), les éléphants que le capitaine avait dû lui envoyer lors de sa marche vers Ban-Done, se remet en route vers le 1 6 avril .
Il traverse des villages en guerre les uns contre les autres qui, pour ce motif, lui refusent des guides ; continuant sa route d'après des renseignements, il voit les chemins, les cours d'eau et des mares couverts de lancettes en bambou qui lui imposent une allure lente pour éviter les blessures aux pieds des éléphants.
Sortant de cette contrée, il entre dans la région des sources des affluents de droite de la rivière Ia-Drang, admire, près de Pum- Kouègne, une chute où ce cours d'eau tombe à pic d'une hauteur de ioo mètres pour couler ensuite vers le Sé-Bang-Khan par une vallée tourmentée que le chemin parcourt quelques jours.
S'écarlant de sa route, il va à Ban-Laïa, village reconnu par lui lors de son voyage du Mé-Khong vers l'intérieur, relie ses deux itinéraires et revient sur ses pas prendre à Takok sa marche vers le confluent du Ia-Drang avec le Sé-Sane. Auparavant, il s'y approvisionne de riz, car il sera dix jours sans rencontrer un village. Se dirigeant à travers ce désert, il voit mourir un de ses éléphants. Enfin il atteint Sréki, le premier