‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 38 sur 125 · DE KON-TOUM A KEBO PAR GROP ET DE KEBO A BAN-DON · texte numérisé non relu

DE KON-TOUM A KEBO PAR GROP ET DE KEBO A BAN-DON

3go kilomètres de levé nouveau.

M. Gupet, en parlant, a l'intention de se rendre à Attopeu en explorant la partie inférieure du Bla, cours d'eau sur lequel se trouve Kon- Toum, et important affluent du Sé-Sane.

A peine en route il apprend qu'une forte troupe, conduite par des Siamois, partie de Stung-Treng, se dirige vers la région sauvage dans le but d'en faire par la force au besoin la conquête jusqu'à la ligne départage des eaux. D'un autre côté le bruit court dans le pays qu'une autre colonne descendue d'Attopeu se trouve dans le voisinage du Bla.

Evidemment des ordres récents de la Cour de Bangkok ont déterminé cette expédition dans le but de nous montrer l'autorité du Siam exercée jusqu'aux limites qu'elle a prétendu nous imposer. Sans doute l'inertie et le mauvais vouloir du commissaire et des agents de Bassac n'avaient d'autre but que d'empêcher nos explorateurs d'arriver les premiers sur le terrain.

Le capitaine n'a plus qu'une pensée, marcher au-devant des Siamois, et leur imposer la retraite en déclarant ces territoires nôtres et en invoquant au besoin le statu quo. Grâce au concours du père Guerlach, tous les villages se déclarent sous l'autorité française et refuseront d'oblem-pérer aux réquisitions des envahisseurs si elles se produisent.

Longeant le Bla, il se dirige vers l'Ouest, passant à une altitude de i ioo mètres, atteint le village de Trop et marche au Sud vers le petit centre de Kébo où des Birmans recueillent de l'or. Là, il apprend que Ban-Done sur le Sé-Bang-Khan esl le but où tentent d'arriver les Sia-

mois. M. Cupet renonce alors à la direction d'Attopeu, et prend celle de Ban-Done.

Les chemins devenant de plus en plus difficiles, il est obligé de renvoyer ses éléphants et presque tout son monde. Dans cette région les sauvages ne comprennent pas vers quel résultat marche le capitaine. Ils ne voient en lui qu'un Européen qui va peut-être recevoir cette troupe siamoise qui inquiète tous les villages, ils ne peuvent croire que, comme il le dit, il pourra, ainsi seul, la faire retourner d'où elle vient. Son prestige d'Européen avec quatre Cambodgiens est nul devant leur force, et ses ressources sont trop réduites pour qu'il puisse satisfaire leur cupidité, aussi les retards sont-ils fréquents, causés par le changement de coolies, de guides, etc. Ici le père Guerlach est ignoré, le capitaine marche à l'aventure. Un jour arrive où guides et coolies l'abandonnent il parvient malgré tout à joindre la colonne siamoise le 22 mars à Ban- Done après vingt jours pendant Lesquels il a parcouru 320 kilomètres. Il n'a plus que son interprète et deux domestiques.

De Kébo, il a traversé la région où naissent la plupart des affluents et sous-affluents de droite du Sé-Bang-Khane. Très habitée dans sa première partie dirigée vers l'Est, la roule l'est devenue bien moins en courant ensuite au Sud parallèlement au chemin suivi à l'aller vers Kon- Toum, et qu'elle joint du reste à 45 kilomètres de Ban-Done, au village de Peleï-khal.

Commandée par le Louaug Sakhone, la colonne se compose de 4oo Siamois ou Laotiens, de 16 éléphants et 10 chevaux.

Tous les villages attendent sans confiance le résultat de lentrevue du capitaine et du chef siamois, aussi est-ce avec la plus profonde stupéfaction qu'ils apprennent, quelques jouis après, la retraite de l'expédition dont le chef n'avait point fait de difficultés pour obtempérer à la demande du capitaine. Inutile de dire l'effet considérable produit sur les populations par cet acte.

L'explorateur se décide alors à regagner I Vunam. Il fait parvenir un courrier à M. Cogniard qui se trouve près de Kon-Toum, et qui lui envoie dix miliciens et 20 porteurs avec lesquels il va se diriger vers la

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