‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 47 sur 125 · AIUY1VEE DU GOUVERNEUR GENERAL · texte numérisé non relu

AIUY1VEE DU GOUVERNEUR GENERAL

J'étais à peine à Saïgon que le nouveau gouverneur général, M. de Lanessan y arriva. Nous nous connaissions depuis i<885, époque où je dirigeais l'Ecole cambodgienne qu'il avait alors visitée. J'eus de lui le plus sympathique accueil, il m'assura de son appui énergique, en mon absence, pour mes compagnons reslés au Laos, demanda au Ministre l'envoi de Pennequin à sa disposition pour l'organisation des territoires de la Ihvière Noire et du Fleuve Rouge, et me fournit les moyens d'emmener à l'Ecole coloniale les trois jeunes gens que Déo-van-Tri avait confiés à Lcfèvre-Ponlalis.

SITl vi'ION \ BANGKOK

( m a vu à la lin de l'exposé de la précédente période (pie le Itul de la mission, maintenant terminée, avait d'abord été d'arriver à une entente

i9a MISSION PAVIE

amicale, avec le Siam, par une série d'accords successifs sur le terrain1, et ensuite, que dès mon arrivée, le roi de Siam m'avait fait connaître son désir que les négociations eussent au contraire exclusivement lieu à Bangkok2. J'avais dû par suite me contenter de procéder aux études géographiques et à l'installation d'agents sur la rive droite du Mé-Khong. Malgré des assurances conciliantes, j'avais non seulement tenté inutilement de faire admettre le statu quo sur les territoires où des difficultés s'étaient produites ou menaçaient de surgir, mais les entraves à la marche de nos compagnons provenaient du fait d'agents siamois cherchant aies précéder sur les territoires inexplorés pour en prendre possession3. On avait eu pour but visible de nous montrer, à l'examen définitif des questions territoriales, que l'ensemble des pays discutés se trouvait sous la même autorité et de se rendre ainsi le règlement plus avantageux. Le Siam n'avait donc pas modifié sa manière d'agir depuis la dernière campagne. Cette altitude bien caractérisée nous fit renoncer à aborder, pour le moment, la question de la délimitation du Cambodge, particulièrement délicate, depuis si longtemps en suspens.

Lorsqu'au mois de janvier précédent je m'étais mis en route d'Hanoï pour Laï-Chau et le Mé-Khong, le chancelier qui sous ma direction gérait le poste de Bangkok, avait été remplacé par un collègue qui n'avait pas d'instructions spéciales relatives à ma mission. Le Gouvernement siamois vit sans doute dans ce fait une marque de l'intention du Gouvernement français d'adopter une autre altitude à son égard. Aussi, lorsqu'à mon arrivée à Saigon je lui eus fait connaître, par l'intermédiaire du nouveau gérant du consulat, que j'étais appelé à me rendre à Pans avant d'entamer les négociations, me fit-il prier de passer par Bangkok avant ma rentrée en Fiance. Le ministre des Affaires étrangères; M. Ribot, m'ayant laissé toute latitude sous ce rapport, je considérai avec le Gouverneur général que ma présence au Siam, dans l'état actuel des choses,

i. Vol. I, page 826.

2, Page 1.

Page 1