INSTALLATION DE L AGENCE DE BASSAC
M. Lugan, après son voyage avec le capitaine Gupet sur la rive gauche du Mé-Khong, avait de Stung-Treng, gagné Bassac, muni de mes instructions pour y organiser notre agence. Par un séjour de siv mois à Luang-Prabang, il s'était fait aux relations avec les autorités siamoises et laotiennes. En juillet [891, son poste étant bien installé cl aucun incident n'étant survenu, je l'invitai à le quitter momentanément pour aller à Khône prêter son concours à M. Guissez «pu allait profiter de la crue du fleuve pour tenter de faire passer la chaloupe l'Argus dans le bief supérieur.
SITUATION DE LA CHALOUPE (( L AUGUS » A KHONE
On a vu, cliap. vu, que M. Guissez avait, au commencemenl d'octobre 1890, fait parcourir à la chaloupe à vapeur I irgus le tiers du passage par lequel, dans l'Ile de Khône, les bateaux laotiens se rendent
d un bief du fleuve dans l'autre, ef qu'il s'y était trouvé arrêté entre deux obstacles par la baisse des eaux.
Dès mon arrivée à Saigon, disposanl de quelques jours, je montai au Cambodge pour lâcher de li' rencontrer, mais les faux commençaient à
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M. Guissez faisant le nivellement île la passe.
croître et Guissez, craignant de manquer le moment lavorable en descendant de son cùlé vers moi, avait chargé M. de Coulgeans de venir me
renseigner sur la situation.
Une élude complète de la passe faite aux basses eaux, alors que l'Argus était à sec, permettait à M. Guissez de croire au succès à la crue. Avec les moyens fournis par le Gouvernement Général, il avait achevé le débrousaillement des berges, dont les arbres, se rejoignant en route.
obstruaient le chemin sur presque tout le parcours. Un artificier, M. Gazagnon, mis à sa disposition par le service de l'artillerie de Saigon, avait nivelé sous sa direction le fond de rochers du passage, travail qui avait nécessité 35o coups de fulmi-coton. Enfin, il avait achevé l'étude hydrographique du fleuve jusqu'à Bassac, et préparait en ce moment X Argus qui, bien élayé et à sec, n'attendait (pie la crue pour tenter l'expérience. Son second, M. Tostivint lui avait rendu les plus précieux services, l'équipage indigène avait mis un zèle remarquable à achever le travail. Dans cette période d'un an, passée à assurer un résultat d'une importance grande, malgré des privations constantes et des occupations pénibles la santé de tous s'était maintenue satisfaisante. S'il réussissait à franchir la passe, M. (imssez gagnerait Bassac qui deviendrait provisoirement le poste d'attache de la chaloupe et il étudierait le fleuve jusqu'à l'embouchure du \loun.