‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 52 sur 125 · SÉJOUR EN FRANCK · texte numérisé non relu

SÉJOUR EN FRANCK

un incident grave s'était produit. La demeure du Bambien celui-là même1, que M. Counillon avait ramené de Luang-Prabang. avait été attaquée, de nuit, par une troupe régulière siamoise quelques jours seulement après la visite que M. Massie y avait faite sur mon initiative; sept personnes, hommes et femmes, avaient été tuées, et le Bambien, grièvement blessé, avait été emmené prisonnier avec sa femme et son enfant.

Cette résolution nettement marquée du Siam de continuer l'envahissement de nos territoires indiquait l'intention de nous obliger, à ce moment qu'il jugeait favorable, à aborder le règlement territorial qu'il pensait sans doute, que nous ne jugions pas utile d'examiner maintenant que nous étions instruits sur les régions des deux rives du Mé-lvhong. Le gouvernement de la République était cependant décidé à en finir avec celte question et il m'avait uniquement appelé dans ce but. Mais la longanimité dont nous faisions preuve en nous contentant de formuler des protestations, paraissait interprétée comme une indication d'indifférence, et semblait l'encourager dans cette voie, et l'agression était devenue son moyen de pression.

Il était nécessaire de se bâter si l'on voulait arriver à une entente amicale.

Les résultats de la mission qui venait de s'achever renseignaient le gouvernement sur les territoires étendus depuis les frontières de la Chine jusqu'au Sud; mais s'ils lui disaient que ces contrées voulaient que la France s'intéressât à elles d'une manière toute spéciale, ils lui disaient aussi que leurs gisements minéraux, leurs produits précieux, malgré leur importance, leurs populations paisibles, ne justifiaient pas d'autre effort pour rétablissement de notre autorité ou de notre influence que celui de notre diplomatie.

Divers incidents produits en dehors de la mission pendant son cours avaient montré combien pour le succès final l'unité de direction vis-àvis du Siam était nécessaire et l'entente avec le Gouverneur général de

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l'Indo-Ghine indispensable. Aussi était-ce sur ces bases qu'il parut convenable d'établir notre ligne de conduite définitive.

Pour l'assurer, une modification à l'état de eboses existant s'imposait tout d'abord, c'était la transformation de notre poste consulaire de Bangkok en poste politique. Elle permettrait à l'agent chargé de nous représenter, de continuer, auprès du Siam, la mission d'entente que j'avais eue, et d'être vis-à-vis du Gouvernement général de l 'Indo-Chine dans la même situation où j'avais été jusqu'alors.

A qui serait confiée cette mission? Si jetais indiqué par mon rôle antérieur, j'étais loin de me trouver dans les conditions hiérarchiques en rapport avec la situation à créer. En effet, voulant mettre son agent sur le même pied que ceux des autres grandes puissances représentées à Bangkok, le gouvernement de la République avait l'intention de placer au Siam un Ministre résident et je n'avais que le grade de Consul de •>: classe. M. Ribot voulut néanmoins me recommander à son choix et, pour me mettre à même d'occuper le nouveau poste, il présenta à la signature du Président de la République un décret spécial me nommant Consul général et quelques jours après, le i5 février 1892. j étais chargé des fonctions de Ministre résident à Bangkok.

.le m'embarquai le 23 février.

Pendant mon séjour en France, j'avais dirigé la rédaction faite par les capitaines Cupet, Friquegnon et de Malglaive, des premières cartes de l'Indo-Cbine, d'après les travaux de la Mission, au 1/1 000 000 et au 1/2 000 000.

Je laissais à l'Ecole coloniale les quatre jeunes gens que. m'avait confiés Déovantri.

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