AU YUNNAN ET SUR LES CONFINS DE LA EIRMANIE
CONSIDERATIONS GENERALES
Cette période se subdivise en quatre parties. Dans la première j'ai eu pour but principal d'arriver au règlement, avec le Siam, des questions territoriales étudiées jusque-là par la mission. Dans la deuxième je devais me rendre compte, par un voyage au Siam et au Laos, de l'exécution du traité du 2 octobre 1890 qui avait assuré ce règlement, et
1 . Les récits détaillés des événements et des voyages de cette période se trouveront dans les volumes V et \'I1 de la même série.
!o6 MISSION PA.VIE
organiser provisoiremenl les contrées définitivemenl placées par cet acte sous noire autorité. Dans la troisième j étais chargé de diriger de concert avec nue Commission chinoise, la délimitation de notre frontière avec la Chine, du Fleuve Rouge au Mé-Khong. Enfin dans la quatrième, une Commission franco-anglaise dans laquelle M. Scott, Ministre résident de la Grande-Bretagne an Siam, et moi. nous ('lions les Commissaires chacun de noire pays, a\ail mission d'étudier des territoires dans la région du lianl Mé-Khong sur l'avenir desquels les deux gouvernements désiraienl tomber d'accord. La première partie s'écoula au Siam, les trois autres qui comportent des voyages d'exploration el d'études an cours desquels furent réglées ou discutées les différentes questions qu'ils avaient pom objectif de terminer ou d'éclairer, se passèrent au Siam. dans le Laos occidental, la partie nord du Laos oriental, l'ouest du ïonkin, le sud du ^ unnan et dans les territoires de la Birmanie bornés par le Mé-Khong.
Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de le dire, dans toutes ces contrées la grande majorité de la population appartient aux diverses branches de la race thaïe, et le reste se compose de peuplades très variées, répandues principalement vers le nord.
Les nouveaux résultats géographiques acquis se traduisent, outre vingt-quatre points déterminés astronomiquement, par plus de trois nulle kilomètres d'itinéraires accomplis dans les principautés: de Muong-Pré où le cours du Nain Yom, brandie centrale du Ménam. a été déterminé : de Muong Nan, où le cours du Nam-Ing, affluent de droite du Mé-Khong qui a des forêts de teck sur ses rives, fut ('gaiement étudié : dans le bassin du Nam-Ta, affluent de gauche du Mé-Khong; dans les territoires de notre frontière avec la Chine; dans les Sip-Song Pahn-nas où une fraction du Mé-Khong encore inconnue fut relevée, et où le coins du Nain-Ban. le Lo-So des Chinois, déjà vu par la mission en 1891, et qui avail donné lieu à de nombreuses méprises par suite de l'erreur des Chinois sur son cours, fut enfin déterminé définitivement; dans les territoires de \ leng-Klieng. et Muong-You, rive droite du Mé-KKong, de Muong Sing, rive gauche, et dans des itinéraires nouveaux du Mé- Khong vers le Tonkin.
CONSIDERATIONS GENERALES
Des résultats politiques importants avaient été obtenus au cours de celle période. Par le Traité du :>, octobre i8<).'î, la rive gauche du Mé- Khong était reconnue possession française, une zone neutre de 25 kilomètres avait été établie sur la rive droite du même fleuve, et les provinces Battambang cl d Angkor avaient été placées dans la même situation spéciale. Par la délimitation avec la Chine, le bassin supérieur du Namllou nous était acquis, ainsi que les territoires discutés de Déovanlri sur la rive droite de la Rivière Noire, et les sources salées du bassin du Nain Ta. Les études delà Commission franco-anglaise du haut Mé-Kbong devaient enfin avoir pour conséquence, la désignation du fleuve comme limite dans cette région des possessions respectives de la France et de l'Angleterre.
Du Nord au Sud du Laos, dans la partie devenue française, nous avions été accueillis en libérateurs, et avec un entraînement sincère (pu se manifesta d'une façon remarquable par le calme dans lequel tout le pays resta après l'évacuation siamoise en attendant, pendant près d'un an l'installation du personnel français qui devait le diriger, sans que le plus petit trouble vînt affaiblir la portée de cette marque de confiance en nous.
A part des gisements de fer signalés à Ban Sang lek près de Muong- La, rive droite du Nam Hou, aucune découverte nouvelle sous le rapport minier ne fut faite ' .
Dans les pays du Siam, du Laos occidental, la mission avait voyagé
I. C'est, ici le- lion de réparer une omission dans les considérations générales de la 3'' période, page 3, en ajoutant les renseignements suivants à ceux qui y sont donnés : Sur la rive gauche du Mé-Khong, les indigènes lavent les sahles pour \ recueillir de l'or dans la petite rivière Sa-Nhi, près d'Angkam, et à Tong-ac sur le Haut \am- Teun ; à Ban Nong, près île Muong Vang, des gisements de 1er avaient été signalés : une mine île plomb l'avait également été à ïompong sur le Sé-Kong à la bifurcation des roules de Saravane à Hué, et de Tchépone à Quang-Nam ; à l'a Bang, versant Ouest du Pou Louong, roule d'Ankam à Gamlo, les indigènes se servaient du charbon qui a 111e lire le sol pour cuire leur chaux : à Muong-Vang le sel était exploite à une
heure de Nam \ao. Enfin on avait indiqué une mine d'argent à Len-Bac, non loin de Dong I loi (Annam).
ao8 MISSION PAVIE
à dos d'éléphant. Dans les régions de l'Ouest du Tonkin, du Yunnan et du haut Mé-Khong elle avait exclusivement utilisé des mules.
Elle avait constaté dans cette dernière contrée un mouvement considérable de caravanes de mules allant du Yunnan vers le Laos et la Birmanie, généralement chargées de sel, de thé, de cire, de soie, etc..
Dans le territoire de Muong-Sing où la mission avait passé le mois de janvier le thermomètre était descendu fréquemment à 3° ou 4° audessus de zéro le malin, pour revenir à i:^° ou 18" vers le milieu du jour.
Fig Û2. — La maison flottante du Consul général do Hollande, sur le Mé-nam à Bangkok, [892,