Géog. et Voy. vol. I, pages 8 et
SÉJOUR A BANGKOK. ÉVÉNEMENTS DE i893
Les autres questions, conséquence de la situation créée par cet état de choses, étaient venues se greffer sur elle.
Depuis longtemps, le Gouvernement de Bangkok s'était rendu compte que le moment approchait où il lui faudrait s'accorder avec nous sur cette question des frontières, mais il voyait toujours, avec regret, que l'entente ne pourrait se faire que par des concessions de son côté, portant surtout sur ses récentes annexions territoriales.
Fig. 08. — Bangkok. Rive gauche du Mc-nam. i8ç)2.
En effet, il avait cru pouvoir, il y avait quelques années, profiter des difficultés que nous avions auTonkin, pour occuper militairement les principautés du Mé-Khong, dépendances de nos possessions, pensant nous obliger ainsi, sinon à abandonner l'idée de les voir un jour sous notre autorité, du moins à diminuer nos prétentions le jour où nous jugerions utile de faire valoir nos droits. Satisfait d'abord de son acte devant notre indifférence appareille, il en avait cru pouvoir considérer les résultats comme définitivement acquis. Même, pour donnera sa situation nouvelle dans la vallée du Mé-Khong plus de logique, il avait songea pousser ses prétentions jusqu'aux limites de la Chine. Entraîné à la suite d'agents qui avaient une conception restreinte de la géographie, voyant seulement le terrain par la race qui l'habitait, il dépassa la ligne de partage des eaux du Grand-Fleuve, envahissant à l'Est les bassins de nombreux tributaires
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du Golfe du Tonkin, et au Nord celui de la Rivière Noire. Il s'arrêta cependant, en reconnaissant que la race thaïe qu'il avait pensé à placer tout entière sous sa direction, en raison de la communauté d'origine, couvrait de ses villages l'Ouest et le Nord du Tonkin, et le Yunnan, et
Fig. (jq. — Ruines d'un temple à Bangkok, 1892.
qu'il fallait même aller chercher les sources de ses migrations en Indo- Chine, jusque dans des provinces chinoises éloignées. Ecartant alors l'idée qu'il pourrait falloir revenir sur l'ensemble de sa conquête en même temps qu'en finir avec la délimitation cambodgienne, il parut croire que sa retraite des pays en dehors du bassin du Mé-Khong serait une compensation suffisante à nous offrir comme règlement définitif. Il
Fiu. -a. — Le Roi do Siain. i S ij a .
lrP Séhie. II.
MISSION PA.VIE
avait sans doute l'exécution de ce point de vue en perspective lors de l'évacuation du bassin de la Rivière Noire, à laquelle il avait dû souscrire
Fig. 71. — Bangkok. Le Palais royal. 1892.
en 1888', car à partir de ce moment, il avait déployé tous ses efforts pour augmenter l'étendue de son occupation vers l'Est du Mé-Khong,