‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 71 sur 125 · Voir môme série, vol. I, page · texte numérisé non relu

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notre remorqueur avait mis neuf jours pour nous amener à ce point intéressant où le Mé-nam proprement dit est formé par la réunion de ses hautes branches. Aujourd'hui, en pleine fin de la sécheresse, nous allions pour y arriver, consacrer onze journées dont neuf de marche à l'aviron.

A cette époque, dès qu'on est sorti de la partie du Mé-nam où la marée se fait sentir le fleuve a son mince débit, dispersé en tant de bras, et souvent étalé sur de si grands espaces, que malgré l'insignifiant tirant d'eau de nos barques, des échouages fréquents nous faisaient perdre un temps précieux. A Packnam Po, au lieu de nous engager dans la branche occidentale vers Xieng Mai, comme je l'avais fait en i88u\ nous primes la branche orientale ou rivière de Nan. Laissant en arrière, sur la rive droite, les confluents du Nam-Yom, la branche centrale dont nous allions bientôt étudier le cours moyen, et rencontrant journellement de nombreux radeaux de bois de teck s'acheminant vers Bangkok, nous atteignîmes lentement les principales agglomérations riveraines : Pitchit à partir d'où les bords se peuplent davantage surtout de Chinois ; Pitsanoulok qui a des restes de temples ruinés où ont été retrouvées des inscriptions thaïes traduites par M. Schmitt; Pitchaï, le centre commercial où j'avais séjourné en 1887 ', et Outaradit, dernier entrepôt des marchands chinois, où laissant nos barques, nous organisâmes un convoi d'éléphants pour continuer le voyage.

Outaradit était alors le débouché des produits des hautes régions du Nam-Yom et du Nam-Nan, comme Raheng l'est pour le moyen Nam- Ping ; même une partie des marchandises de Luang-Prabang y était acheminée par Paclay et Muong Fang. Nous y passâmes quatre jours, occupés par les questions relatives à l'exécution du Traité, et par la location des éléphants nécessaires au convoi.

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