‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 72 sur 125 · I. Voir même série, vol. I, page · texte numérisé non relu

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D OUTARADIT A MUONG PRK

80 kilomètres de levé nouveau.

Le 2 4 avril, nous commençons le voyage par terre avec soixante-

Fig. 9O. — Le convoi rie

quatre éléphants. Le lieutenant Oum relève l'itinéraire, M. Lefèvre- Pontalis lient le journal de marche. — Le chemin suivi va chercher la vallée du Nam-Lit affluent de droite du Nam-Nan, et la remonte jusqu'à la ligne de partage des eaux avec le Nam-Yom, il gagne ensuite les bords de ce dernier cours d'eau. Le pays visité montre d'abord de

EXÉCUTION DU TRAITÉ. ORGANISATION DU LAOS FRANÇAIS a5g

vastes forêts dans lesquelles se remarquent, en assez grand nombre, des tecks considérés comme d'une qualité inférieure à ceux de la région de Xieng Maï. Dans les approches des sources du Nam-Lit le terrain s'élève rapidement, puis vient la belle plaine de Muong Pré au milieu de laquelle le Nam-Yom décrit ses méandres : limitée de tous côtés par une ceinture de hauteurs, elle rappelle, en petit, les plateaux de Xieng Mai et de

la mission à Outaradit.

Muong Theng : de nombreux villages la parsèment, et enfin Muong Pré. chef-lieu de petite importance, situé presque au centre, au bord de la rivière, se présente entouré d'une muraille de briques. Nous y recevons un accueil empressé de la princesse du pays, qui en L'absence de son époux, dirige avec sagesse la petite principauté.

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La grande ressource de la contrée est l'exploitation du bois de teck, mais le transport, vers le Mé-nam, n'en est pas commode en raison du petit débit du Nam-Yom sur le haut cours duquel on ne peut organiser

Fig. 97. — La princesse de Muong Pré.

des radeaux ; cependant les eaux de cette rivière débordent fréquemment et noient parfois tout le plateau pour plusieurs jours, obligeant la population à se servir de barques pour les relations. Les éléphants sont aussi l'objet d'un commerce important, et nombre de gens s'y livrent à leur chasse pour en capturer.

DE MUONG PRE A MUONG NAN

120 kilomètres de levé nouveau.

Nous nous remettons en marche le 3o avril pour arriver le 4 mai à Muong Nan. La route suit le cours du Nam-Kamy, affluent de gauche du Nam-Yom, parcourt le plateau dans sa partie cultivée, puis entre en forêt et en terrain accidenté, et ayant franchi la ligne de partage, limite de la principauté, descend, vers la rivière de Nan, la vallée de son affluent de droite le Nam-Sâ qu'elle quitte bientôt pour entrer sur le plateau, très habité, de Nan, longeant à petite distance la rivière jusqu'à la ville.

Le principal endroit rencontré est la dernière étape, Muong Sa, où j'avais déjà passé en 1887'. La voie était rendue très mauvaise par les constantes averses du commencement de la saison pluvieuse, cependant nous n'en avions pas moins constaté un actif mouvement de transactions par piétons, bœufs porteurs et éléphants.

A Nan comme à Muong Pré, le teck est la meilleure ressource. Les éléphants y sont aussi un élément de prospérité.

Nous y fîmes un séjour d'une semaine ; j'avais à régler, avec le Commissaire siamois et les chefs de la principauté, l'établissement du Vice- Consulat prévu par le Traité. J'avais aussi à y prendre les dispositions pour assurer l'exécution de cet acte dans la partie du pays comprise dans la zone de 25 kilomètres sur la rive droite du Mé-Khong, et pour recevoir, des mains des autorités, l'administration des territoires situés sur la rive gauche du Mé-Khong.

Aucune difficulté ne parut, pour le moment, en perspective, sur ces différents sujets, et satisfaction immédiate me fut donnée.

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