Ils ne furent point désignés dans la suite
dans la zone réservée, au sujet desquelles il appartenait au Gouvernement siamois de donner des ordres immédiats, parce qu'elles étaient le résultat de ses instructions.
J'eus l'occasion, pendant ma présence à Bangkok, d'achever de me mettre d'accord avec M. Scott, Ministre Résident de laGrande-Bretagne, sur notre future mission dans le haut M é-Khong, et en particulier sur le lieu de rendez-vous et la date de réunion à proposer à nos Gouvernements.
Je partis pour Saigon le 3 septembre et je m'y embarquai pour le Tonkin, où j'avais hâte d'arriver afin de m'entendre avec le Gouverneur général sur les détails relatifs à l'organisation de la suite de ma mission. Le 9, j'étais à Hanoï.
Fig. 108. — Le « Massie ».
Une balte sur la Rivière Noire pour le déjeuner, et pour le séchage du bagage d'une pirogue naufragée.
TONKIN
MM. PAME, LEFÈVRE-PONTALIS, TOURNIER, RIVIÈRE, LUGAN, THOMASSIN, SEAUVE, SANDRE, LEFÈVRE, CAILLAT et OUM
9 septembre au g décembre i8g4
DE HANOI A LAI CHAU ET A MUONG NHIÉ
Aussitôt arrivé à Hanoï, j'organisai rapidement, grâce aux facilités que me donna le Gouverneur général intérimaire, M. Chavassieux (M. de Lanessan était alors en Fiance), l'importante campagne qu'allait entreprendre la mission.
J'allais avoir un double but à poursuivre. Il était indiqué d'une manière précise dans les instructions que m'avait adressées, le 6 janvier, M. Casimir-Périer, alors Président du Conseil et Ministre des
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Affaires étrangères. Gelaient: i" La délimitation de la frontière avec la Chine du Fleuve Rouge au Mé-Khong; 2° L'examen en commun avec une mission anglaise d'une zone intermédiaire à créer sur le haut Mé- Khong entre nos possessions et les possessions anglaises. J'aurais ensuite à achever l'organisation du Laos français sur la rive gauche du grand fleuve, et à constater sur la rive droite de persistantes violations, par le Gouvernement siamois, du Traité du 3 octobre, qui m'étaient, ainsi qu'au Gouverneur général, constamment signalées.
Pour mener à bien et en peu de temps un programme aussi étendu, un nombreux personnel était nécessaire.
J'avais déjà comme collaborateurs MM. Lefèvre-Pontalis, Caillât et Oum et je venais d'être rejoint par notre ancien compagnon, le capitaine Rivière, venu du bureau géographique de l'armée à Paris. Le Gouverneur général intérimaire, sur ma demande, décida de m'adjoindre MM. Tournier, chef de bataillon à la Légion étrangère, Thomassin, lieutenant au même régiment, Seauve et Sandre, lieutenants d'artillerie de marine, Lefèvre, médecin de 2e classe du corps de Santé des colonies et Lugan, commis de résidence qui avait déjà pris une part active aux travaux de la mission dans la période précédente. MM. Mailluchet, lieutenant d'infanterie de marine et Sainson, interprète pour la langue chinoise au Consulat de France à Mongtzé, devaient un peu plus tard se réunir à nous.
Le rendez-vous avec la mission anglaise avait été fixé, par les deux Gouvernements, au Ier janvier 1895 à Muong Sing. Celui avec la commission chinoise avait été proposé par moi pour le i5 décembre, à Long- Po surle fleuve Rouge pour un groupe, à Muong Lé (Yunnan) pour l'autre.
Grâce à l'aide générale reçue à Hanoï, dans cette circonstance, comme dans les précédentes, nous fûmes en mesure de nous embarquer le 29 octobre à Chobo sur des pirogues que Déovantri nous avail expédiées pour remonter la Rivière Noire jusqu'à Lai où je devais organiser les convois terrestres.
Le capitaine Rivière et le lieutenant Seauve, qui allaient faire les observations astronomiques pendant cette première partie du voyage, s'étaient mis en marche, par terre, avec des miliciens annamites destinés à l'escorte
d'honneur de la Commission franco-anglaise. M. Rivière avait apporté de France deux théodolytes, fournis par le service géographique de l'armée', ils allaient permettre de déterminer les principaux points du voyage.
La flottille, composée de 19 pirogues, emporta tout le personnel fiançais nommé pins liant, sauf ces deux officiers et M. Lefèvre-Pontalis
Fie. 110.
Départ de CIioIhj.
qui après avoir accompli son exploration du Mé-Khong à la Rivière Noire, devait bientôt venir au-devant de nous en descendant ce dernier cours d'eau. Outre mon fidèle secrétaire cambodgien Ngin et trois interprètes pour le laotien, nous emmenions aussi un interprète cbinois.
Deux Commis des Postes et Télégraphes, destinés aux bureaux qui