CAMBODGE
Les traditions Khmères placent au Y0 siècle avant notre ère, l’arrivée dans l’Indo-Chine orientale des Indous fondateurs de l’Empire cambodgien, et, qui y substituèrent le Brahmanisme au Fétichisme et au culte du serpent.
Les inscriptions les plus anciennes, découvertes dans les ruines, fournissent des matériaux pour l’histoire à partir du VIe siècle de notre ère. L’introduction du boudhisme au Cambodge date du siècle suivant.
Les chroniques royales ne remontent qu’à l’année 1 34 6 de notre ère, elles enregistrent le déclin constant du pays, les destructions répétées d’Angkor, son abandon comme capitale, et, le choix de centres plus reculés vers le Sud, moins exposés aux invasions Siamoises, jusqu’à celui de Pnom-Penh que l’arrivée en scène des Annamites rendit définitif.
Après 1ère d’éclatante grandeur par laquelle le Cambodge a marqué sa place dans 1 histoire du passé, ce royaume s’est vu resserré peu à peu à la suite de guerres malheureuses et par les empiétements successifs de ses voisins, dans d’étroites limites exactement déterminées au Sud par la délimitation de 1870 avec la Gochinchine, marquées à l’Est et au Nord- Est par la ligne de faîte des affluents que le Mé-Khong a sur sa rive gauche jusqu’aux rapides de Préapatang, et restées en discussion, au Nord et à l'Ouest entre le Mé-Khong et le golfe de Siam, depuis le traité de 1867 avec le Siam, sauf pour la partie comprise de Kompong-Prak à Kompong-Cham, sur les rives du Grand-Lac.
Son sol est formé d’iles et d îlots réunis par les alluvions du Mé- Khong qui ont lentement comblé l’ancien golfe dont le grand lac Tonlé- Sap marque l’extrémité dernière.
Ce lac, devenu un affluent du fleuve vers lequel il écoule les eaux de son bassin, garde à peine un mètre d'eau pendant la sécheresse; aux pluies, au contraire, transformé en un immense réservoir où le Mé-Khong refoule le trop-plein de ses crues, il atteint dix mètres de profondeur. Véritable régulateur de l’inondation il voit s’échapper son contenu à mesure que le niveau du grand fleuve baisse. C’est le moment où des milliers d’ Annamites et de Cambodgiens se préparent à aller installer sur ses bords, les pêcheries dans lesquelles sera pris et séché la majeure partie du poisson livré par l' Indo-Chine à l’exportation.
Une importante chaîne de montagnes, s’étend parallèlement à la côte du golfe, détachant de grands rameaux vers l'Est; ce sont les monts Krevanb ou du Cardamome dans les forêts desquels se recueille le produit de ce nom, particulièrement apprécié en Chine. Les cours d’eau nés sur son versant occidental sont tributaires du golfe de Siam. Tout le reste du Cambodge fait partie du bassin du Mé-Khong, sauf le petit territoire où la branche occidentale du Vaïco a ses sources.
Placé en 1 86 3 sous le protectorat de la France, dont l’action dirigeante a été complétée par le traité de 1 884 , il est divisé en onze provinces, ayant à leur tête des résidents français, sous l’autorité du résident supérieur placé auprès du roi.
Sa superficie, non compris les territoires en discussion avec le Siam, est de 110080 kilomètres carrés.
Son climat diffère peu de celui de la Cochinchine, il est cependant plus sec. Le thermomètre monte à 37°, il descend à i3° lorsque le mousson commence à sou Hier du Nord -Est (novembre).
Sa population est approximativement de 1 5037/47 habitants dont 547 Européens, 1 25 000 Chinois, 7O 000 Annamites, 42000 Ixiams, 200 Indous et 1 200 000 Cambodgiens. Un nombre assez important de kouyes, Penongs, Pears Redés et Tchiongs qui s’assimilent peu à peu aux autres habitants, est compris dans ce dernier chiffre. Les Djaraïs, dans l’Est du Mé-Khong, semblent marquer par leur présence, les confins de l’ancien pays des Kiams qui étaient établis sur la côte de la mer de Chine, et dont ils parlent la langue.