‹ Mission Pavie Indo-Chine: Atlas;Chapitre 24 sur 25 · YUN-NAN · texte numérisé non relu

YUN-NAN

comme religion vont du Bouddhisme au Mahométisme et au Fétichisme, vivent en bonne intelligence entre elles. Cependant le souvenir y est encore vivant de la terrible révolte des musulmans qui mit la moitié du Yun-Nan en guerre contre la Chine, faisant des régions du Mé-Khong et du haut Fleuve Bouge un champ de carnage où les massacres, conséquence du fanatisme des uns et de la cruauté des autres, se succédèrent de i855 à 187/1 eurent pour épilogue la prise de d'ali et la chute, dans le sang de ses derniers défenseurs; du petit état musulman qui, pendant quelques années, s’y était maintenu indépendant.

La mission de Lagrée avait attiré l’attention sur les richesses minérales du Yun-Nan, depuis reconnu privilégié, sous ce rapport, entre toutes les provinces chinoises. Elle était parvenue au Yun-Nan à la fin de 1867, en pleine guerre. N’ayant pas rencontré dans le Mé-Khong la voie de pénétration en Chine espérée, Francis Garnier s’en détacha, pensant la trouver dans le Fleuve Bouge. Le mauvais vouloir des habitants l’empêcha de reconnaître ce cours d’eau de Yuen-Kiang à Manhao, d’où les renseignements assuraient sa navigabilité jusqu’à la mer. Le négociant français Jean Dupuis, renseigné par lui, le remonta en 1870 jusqu’à Manhao. Son entreprise devenue importante au Tonkin en 1873, amena l’envoi à Hanoï de Francis Garnier qui y trouva la mort.

Aujourd’hui, après la conquête dont ils furent tous deux les promoteurs, la France a pensé à doubler la voie médiocre et insuffisante du Fleuve Bouge, d’une voie ferrée, en construction au Tonkin, dont un projet de tracé vers Yun-Nan-Sen figure sur la planche X, et qui pourrait dans la suite être prolongée vers le Pleuve Bleu.

Les principales villes du Yun-Nan sont : Yun-Nan-Sen, sa capitale, 60000 habitants, ville industrieuse et centre d’exploitation minière, située à 2 000 mètres d’altitude au bord d’un lac long de 5o kilomètres, le plus important du plateau et dont les eaux descendent au Fleuve Bleu. Tali-Fou, 25 000 habitants, même altitude, dans une position stratégique remarquable, également située près d’un lac considérable dont les eaux vont au Mé-Khong, a été la capitale de l’Etat musulman révolté. Mongtzé, le marché le plus important du sud du Yun-Nan,

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à i 5oo mètres d’altitude, a, pour port d’écoulement de ses produits vers le Tonkiu, Manhao sur le Fleuve Rouge. Sémao à l'ouest, est un petit entrepôt commercial sur la route vers le Laos et la Birmanie. La France entretient des postes consulaires à Yun-Nan-Sen, Mongtzé et Sémao.

Le Yun-Nan est visé dans plusieurs actes diplomatiques : l’art. [\ de l’arrangement franco-anglais de 1896 étend au x deux puissances les privilèges ou avantages commerciaux ou autres, concédés à l une ou à l'autre dans les deux provinces de Yun-Nan et de Se-Tcliouen. Par la convention franco-chinoise du ia avril 1898, la Chine renouvelle et précise les engagements pris en 1897 pour la construction du chemin de fer du Tonkiu à Yun-Nan-Sen, et s’engage à ne jamais aliéner l lle de Haïnan, ni les provinces limitrophes du Tonkin (Kouang-Toung, Kouang-Si et Yun-Nan).

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