INDOCHINE FRANÇAISE
Ses frontières exactement fixées avec la Chine ' et l'Empire anglais des Indes1 2 3 ne sont réglées avec le Siam que le long du Mé-Khong, elles restent, sauf sur un petit espace, indéterminées avec ce pays depuis ce fleuve jusqu’au golfe de Siam h
Dans son ensemble la colonie présente une superficie de 71 1 /100 kilomètres carrés et une population d’environ quinze millions d habitants.
Saigon, le principal port de l’Indo-Chine française, est séparé de Marseille par une distance de i 3Coo kilomètres ou 7 3 1 G milles, franchie en vingt-quatre jours par les paquebots postaux quittant la France tous les quatorze jours. En outre des Messageries Maritimes qui font ce service, deux autres compagnies françaises de navigation desservent mensuellement l lndo-Cbine : la Compagnie nationale de navigation et les Chargeurs réunis. De plus la Compagnie anglaise Péninsular and Oriental. alterne, loules les deux semaines, pour le courrier postal avec les paquebots français.
Des communications électriques existent entre elle et l’Europe par le câble anglais de YEastern Extension , par le câble français de Haïphong à Amoy qui dessert Quang-Tcbéou et est relié à la ligne sous-marine de Vladivostok, et, par les lignes terrestres de Lang son Long-Tchéou\ de Laokay Yunnansen et de Saïgon Bangkok.
Les communications intérieures par chemin de fer sont en projet sur une grande échelle ; pour le moment elles existent : de Saïgon à My-Tho, de Saïgon à Bienhoa ; de Hanoï à Langson et à Na Cham, de Hanoï à Haiphong, de Hanoï à Nam Dinh ; elles sont en voie d’achèvement de Hanoï à Yiétri, de Nam Dinh à Vinb : et en construction de Hué à Tourane et de Hué à Quang Tri.
En dehors du riz, sa principale production, elle livre au commerce : poivre, cannelle, cardamone, thé, sucre, sel, cire, tabac, gomme-
gutte, gomme-laque, vernis, caoutchouc, benjoin, coprah, huiles, résines, cajeput badiane, pavot, soie, coton, ouate, ramie, chanvre, manioc, maïs, haricots, poisson salé, cornes, peaux, écailles, ivoire, plumes, chevaux, buffles, bœufs, porcs, etc.
Son commerce extérieur a progressé ainsi : 20.5 millions de francs en 1897, ado en 1898, a53 en 1899. 34 1 en 1900, 3G3 en 1901 et 398 en
Dans les exportations le riz figure pour 776 1 54 tonnes en 1890, 80 4 578 en 1898, 894 954 en 1899, 915 635 en 1900, 911 754 en 1901 et 1 ii56oi tonnes en 1902.
Elle contient un grand nombre de gisements minéraux dont quelquesuns seulement sont exploités.
Le budget de l’Indo-Chinepour iqo3, s'est élevé à io4 747 609 francs dont 69 55a 000 sont inscrits au budget général et dont le reste est réparti entre les différents pays de la colonie.
La garnison totale comprend i4ooo européens et 17000 indigènes; les dépenses militaires pour son entretien s’élèvent à trente-sept millions environ dont douze figurent au budget général de la colonie et vingtcinq sont à la charge de la France. En outre, des milices, commandées par des chefs fiançais et atteignant le chiffre de 4800 indigènes, concourent à la garde et à la police du pays.
Au Cambodge et au Laos, il n’est pas entretenu de troupes régulières européennes ni indigènes.
La division navale de Cochinchine a pour chef-lieu Saigon, où se trouve un arsenal, très important, contenant un bassin de radoub de 1G8 mètres.