INDO-CHINE FRANÇAISE
En 1 858 , la France, par la prise de Tourane, puis en 1869 par celle de Saigon, s’établissait définitivement dans la presqu’île orientale de l’Indo-Chine.
Cet événement auquel lEspagnc avait participé militairement, arrivait après plus de deux siècles d’antécédents historiques avec l’empire d’Annam qui avaient été marqués, par l'assistance donnée au prétendant qui devint l’empereur Gialong, par une mission française pour conquérir ce royaume d’où il avait dû fuir, puis par la cession qu’il fit, demeurée sans suite, de Tourane et de ses dépendances à la France. Il était la conséquence de la conduite résolument hostile, des successeurs de ce souverain à 1 égard des nationaux des deux puissances alliées, attitude que des démonstrations navales françaises contre Tourane, en 1847 et en i852, n avaient pu modifier, et à laquelle, la prise de ce port en i858, montra notre volonté de mettre un terme.
Tourane dont la possession avait donné l’espoir d’imposer à court délai notre direction à la cour d’Annam, et qui possède une rade admirable, avait, comme on le voit, depuis longtemps frappé notre attention ; mais son occupation était à peine accomplie qu’on dut reconnaître que le faible effectif de l’expédition ne permettait pas une marche immédiate sur Hué la capitale, et que, l’état sanitaire des troupes exigeait l'abandon de la campagne ou un établissement convenable, avant le commencement de la saison pluvieuse. Comme cette position de Tourane, unique sur les côtes d Indo-Chine et peut-être en Extrême-Orient, ne pouvait être pratiquement utilisable qu'après de très importants travaux qui en feraient d’ailleurs un port de premier ordre, et, la création de voies de
communications capables de rendre faciles les relations commerciales avec les pays de l’intérieur et des côtes, et qu’à celle époque, où naissait ainsi notre période coloniale actuelle, il ne pouvait être question de grands travaux coloniaux, on dut prendre une autre base.
Saigon chef-lieu d'une région annamite prospère, au milieu d’un pays riche et peuplé, au hord d’un fleuve large et profond, également accessible aux plus grands vaisseaux, en communications fluviales avec toute la contrée, présentant par ailleurs les avantages d’installation que nous recherchions, fut le centre choisi dans lequel nous allions nous cantonner, et, attendre vingt-cinq ans avant d’en venir à l’exécution du projet primitif pour la conduite de l’ensemble de l’empire annamite. Tourane fut évacué en 1860.
Un regard en arrière, jusqu'à cette époque, nous montre notre expansion, dès lors, lentement accomplie par une série d'efforts militaires en Cochinchine, en Annam et au Tonkin, et, pacifiquement obtenue au Cambodge et au Laos.
C'est d'abord en 1862, après quatre ans de résistance, la cession par le gouvernement annamite, des provinces orientales de la Cochinchine à la France, en même temps que .toutes satisfactions sont données à l’Espagne qui se retire du pays. En 1 863 la France prend le Cambodge sous son Protectorat. En 1867 elle occupe définitivement les provinces occidentales de la Cochinchine. Les expéditions au Tonkin, dirigées par Francis Garnier en i8ÿ3 par Henri Rivière en 1882, suivies de la mort de leurs chefs, ont pour conséquence, en i883, la campagne contre l'Annam et la Chine, close par l’établissement de notre protectorat sur 1" Annam et le Tonkin en i883 et par la paix avec la Chine en i885. De longues difficultés avec le Siam nous amènent en i8q3 à contraindre celui-ci de renoncer à toute prétention sur la rive gauche du Mé-Khong. Enfin en 1898 la Chine concède à la France le terri toirede KouangTchéou.
A partir de ce moment, 1 Indo-Chine française se trouve constituée en un gouvernement comportant les six fractions administratives suivantes: Cochinchine, Laos français et Kouang-Tchéou, pays de possession ; Cambodge, Annam et Tonkin, pays de protectorat.