COCHINCHINE
La Cochinchine est composée de deux parties naturelles distinctes. La première, la Cochinchine orientale, est formée des régions moyenne et inférieure du bassin du Don-Naï, petit fleuve né en Annam, qui avant d’atteindre la mer est joint par la rivière de Saigon et par le Vaïco ; dans son territoire, se trouvent les dernières ramifications de la chaîne annamitique, région mal peuplée et cependant susceptible de recevoir des cultures riches et variées. La seconde, la Cochinchine occidentale, comprend le bas delta du Mé-Khong qui a encore deux immenses espaces, la plaine des joncs et les forêts inondées de Carnau, incultes, soit parce que la constitution du sol par le colmatage n’en est pas achevée, soit aussi faute de bras pour les mettre en valeur. Le reste de la colonie, environ 1 1 ooo kilomètres carrés, est très peuplé et remarquablement bien cultivé.
Ancienne partie du Cambodge : elle a été colonisée par des exilés et des soldats de l’empire d’Annam qui en avait commencé la conquête trois siècles avant notre entrée en scène sur les rives du Don-Naï, et elle compte encore de très nombreux représentants de la race khmère dans la plupart de ses provinces. Depuis notre arrivée dans le pays, l’immigration chinoise a continué, dans une certaine mesure, le rôle interrompu des colonisateurs. Il ne semble pas que malgré l'excès de population des provinces du delta tonkinois, qui ne fera que s’accentuer désormais, il soit facile d’y déterminer un courant d’émigration vers la Cochinchine. Un fait a paru concluant du peu de dispositions des Annamites à abandonner, volontairement et pour toujours, le sol natal. Après les massacres qui suivirent dans l’empire d’Annam le traité de 1874, des milliers de mal-
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heureux se réfugièrent en Cochincliine où des terres et des moyens d’établissements furent mis à leur disposition, cependant tous préférèrent le retour dans leur pays lorsque la sécurité y parut assurée.
Les limites de la Cochincliine fixées avec l’Annam en 1862, ont été déterminées avec le Cambodge en 1870.
Sa superficie est de 67 Goo kilomètres carrés, les îles de Poulo-Condor et de Phuquoc comprises.
Son climat passe pour le plus pénible à supporter pour I européen en Indo-Chine. Cependant les installations de toutes sortes y sont si bien entendues, les communications y sont si faciles, qu’elle est celle des grandes divisions de la colonie, où sur 11 importe quel point organisé de son territoire la santé de b européen semble courir le moins de risques. La température moyenne est de 28°, elle 11e dépasse guère 34° à 1 ombre, mais 11e descend que quelques jours seulement chaque année à i5° ou 180.
Sa population est placée sous le régime de l’état-civil. D’après le recensement du 27 décembre 1902 elle s’élève à 2965992 habitants dont 4 45o Français civils, 23o autres Européens, 2 600 soldats Français, 223 685 Cambodgiens, 80 629 Chinois, 1 3oo Indous et 2 653 3p8 Annamites.
Le riz est le produit principal du sol de la Cochincliine. En 1868, l’année qui a suivi l’annexion de ses provinces occidentales, elle en a fourni, avec l’appoint du Cambodge, ii4ooo tonnes à l'exportation, elle est depuis arrivée progressivement à 798794 tonnes en 1899 et 985966 tonnes en 1902. Cette denrée figure pour les sept dixièmes dans ses exportations; les autres produits sont: le poivre, le coton, le sucre, le coprah, etc. ; ils sont également susceptibles d’un grand développement.
L industrie locale consiste surtout dans le décortiquage, le blanchissage et le glaçage du riz. Avec les moyens actuels, ses usines pourraient transformer, pour le commerce, trois fois plus de riz que I année de récolte moyenne n’en produit.
Son budget pour 1903, s’élève à 10724648 francs.
Elle est sillonnée de cours d’eau unis par des canaux naturels ou