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Un y voit des variations infinies dans l'abondance des chutes d'eau et des arrêts momentanés que rien ne faisait présager. Ces pluies sont presque toujours orageuses, au mois d'août en particulier, el l'énorme volume d'eau qui tombe, quelquefois en fort peu de temps, ne peut s'expliquer (pie par le développement incroyable que les gouttes peuvent acquérir dans certaines conditions. Le chiffre le plus élevé que nous puissions relever dans le tableau précédent est de o,8,m",(>.'4 , correspondant au 17 août. C'est une quantité remarquable, el nous nous souvenons fort bien que l'orage épouvantable qui déversa la majeure partie de cette trombe d'eau sur le sol ne dura guère plus d'une heure. En moins d'une demi-heure, l'eau s'était accumulée en telle abondance, que les rues basses de Guatemala furent parcourues, pendant quelque temps, par des torrents violents, qui dé[>assaient la hauteur du genou. Le total du mois d'août donne ao7""n..jN ; cette quantité n'est que rarement dépassée dans les années extrêmement pluvieuses.
!..•. t-ropocair.. Quoique les mois de septembre ou d'octobre soient , en général , plus pluv ieux que le mois d'août, c'est-à-dire que le nombre des jours de pluie y soit plus considérable, el que souvent il pleuve pendant plusieurs jours sans interruption, néanmoins la quantité d'eau tombée est plus faible. Cela tient à ce que la nature des pluies est quelquefois différente et que ces mois sont ceux dans lesquels apjwiraisseut les phénomènes connus sous les noms de Irmporalrs ou de mal (irm/ios, phénomènes qui annoncent généralement la lin de la saison des pluies. Les Irmjiorale* sont des périodes de !\ ou 5 jours environ, pendant lesquelles les averses perdent leur caractère orageux et momentané pour se transformer en une pluie line, qui dure toute la journée et même la nuit. L'approche d'un temporal est annoncée par un nuage gris et épais, qui recouvre progressivement le pays sans être poussé par aucun vent appréciable; la pluie commence à tomber peu à peu, par gouttelettes fines et serrées, sans aucun caractère de soudaineté; le tonnerre ne gronde pas, et l'averse s'établit à peu près comme les averses de nos climats, pour durer un temps indéterminé, souvent assez long et toujours fort redouté des voyageurs. Quand un temporal ne dure que quelques jours, il déverse à peine autant d'eau que si chaque journée avait eu son orage du soir, car la pluie line et pénétrante ne peut être comparée à des torrents de gouttes larges et serrées.
DANS LES RÉPl BLIQt ES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. 151
Mais, quand il se prolonge pendant longtemps, il peut devenir redoutable et donner lieu à des inondations; ainsi le grand temporal du commencement d'octobre i865 dura 9 jours sans discontinuer, et couvrit le pays d'une effrayante quantité d'eau. Il est probable que les temporales sont dus aux premiers courants froids de vent du nord qui circulent dans les hautes couebes de l'atmosphère sans troubler la tranquillité de celles d'en bas, et dont le voisinage détermine un refroidissement qui produit une sorte de précipitation en niasse au moment où l'air est, pour ainsi dire, sursaturé d'humidité.
Avant de laisser de côté les hydrométéorcs de Guatemala, il convient de clin» is^u.ibr.i. un mot des brouillards, qui y sont assez fréquents, comme on peut le voir par les listes de chiffres ajoutées au tableau n° 5. On y verra qu'il y a eu moyenne 90 jours de brouillards du matin par an à Guatemala , répartis aussi bien dans la saison des pluies que dans la saison sèche, quoiqu'ils soient naturellement moins fréquents dans celte dernière. Cela tient à ce que, l'atmosphère étant toujours chargée d'une assez forte proportion de vapeur d'eau, même pendant l'hiver (tableau n° 3). le refroidissement , souvent intense, qui se produit un peu avant le lever du soleil, détermine une précipitation partielle de vapeur, redissoute aussitôt que la température s'élève sons rinllueuce des ravons solaires. On peut voir aussi dans le tableau n° 5 que les journées nuageuses ou couvertes ne sont pas excessivement rares pendant la saison sèche, ce qui est assez remarquable, car, dans d'autres contrées tropicales, dans les hauts plateaux du Mexique en particulier, le ciel conserve, eu général, pendant tout l'hiver, une sérénité absolue.
Quoique la grêle doive être mentionnée à l'article des phénomènes électriques. tir», nous dirons en passant qu'elle n'est pas excessivement rare à Guatemala. On peut voir, dans le tableau n° h , qu'il en tombe souvent jusqu'à deux ou trois fois par an, et surtout pendant les mois de mars, d'avril ou de mai, voire même au mois de janvier, ce qui est assez remarquable.
La neige ne se montre jamais à Guatemala, et il n'y a pas à s'en étonner, n^,.. puisque la température n'y descend pas au-dessous de 5°. Mais aux altitudes plus considérables elle est assez fréquente. Remarquons pourtant que, pour trouver, «les neiges continues, il faut monter assez haut, au moins à 3,5oo mètres, parce que la condensation des nuages s'opère toujours dans la période la moins froide
1 ,2 VOYAGE GÉOLOGIQl K
de l'année, et généralement dans la soirée, avant que la température se soit abaissée d'une manière très-notable. Sur le volcan d' Agita, il tombe pourtant assez de neige pour cpie, cachée dans des creux abrités des rayons du soleil, elle puisse persister pendant la totalité de la saison sèche.