VENTS
QmHimu L'Amérique centrale est, au point de vue des courants atmosphériques, dans
«■tmu»- une situation tout a lait particulière, dont I iiilluence se luit directement sentir sur 'ÎTtrii^^™»' 'es vents régnants. Klle ne forme, en effet, qu'une étroite bande de terre, souh« mou.ciwnK j assez «'.^(V j| ,.s| vraj serrée entre l'océan Pacifique et l'océan Atlantique,
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et Ion comprend aisément qu'elle doive, jusqu à un certain point, participer au\ conditions qui régissent les phénomènes atmosphériques dans les régions océaniques, tout eu leur faisant subir certaines modifications spéciales aux zones continentales, mais avec inlinimeut moins d'intensité que ne le font d'autres vastes étendues de terres tropicales, comme le Mexique, par exemple. c™iiti«>. Les mers qui baignent les côtes de l'Amérique centrale et l'environnent pres-
que entièrement, étant l'une et l'autre soumises à l'influence des vents alizés, qui y régnent pendant la presque totalité de l'année, on doit admettre que le continent, rétréci comme il l'est au Guatemala, et surtout dans les républiques plus méridionales, n'oppose pas aux mouvements de l'air un barrage suffisant pour interrompre complètement la continuité des phénomènes entra l'Atlantique et le Pacifique. Ainsi s'expliquerait la singulière prédominance des vents du nordest qui souillent toute l'année dans I Amérique centrale, non pas avec une continuité absolue, mais néanmoins dans toutes les saisons et pendant la majorité des journées de chaque mois : ils ne seraient en réalité que les vents alizés eux-mêmes, passant de l'Atlantique au Pacifique par-dessus une bande de terre trop étroite pour les arrêter ou pour modifier leurs allures.
Mais, si l'Amérique centrale participe eu quelque sorte aux conditions océaniques par l'existence prédominante dans tous les temps des vents du nord-est, qui ne sont probablement pas autre chose que les vents alizés de l'une des mers, traversant les terres pour aller souiller dans l'autre, il ne faut pas oublier qu'elle jouit aussi de certaines conditions continentales dont les cll'els se manifestent dans
les différentes saisons de l'année. Un premier ordre de faits se rattache à ceux qui règlent en grande partie l'alternance des saisons dans le grand continent mexicain, où les vents du nord régnent avec violence pendant l'hiver et se montrent à peine pendant l'été. Ces vents du nord, dus, au fond, à des causes analogues à celles qui donnent naissance aux alizés, acquièrent une puissance et une intensité incomparablement plus considérables que ces derniers, parce que, sur le continent, la différence est énorme, en hiver, entre les températures des pays brûlés de l'équateur et des plaines glacées du nord de l'Amérique. Or ces courants atmosphériques, qui se manifestent surtout avec violence dans le golfe du Mexique, se propagent fréquemment jusque dans l'Amérique centrale, et il n'est pas rare d'y ressentir, pendant la saison sèche, de terribles coups de vent du nord, qui sont parfaitement distincts des vents de nord-est habituels. On peut voir dans le tableau n° 8, où est consigné un registre des tempêtes, que les mois d'hiver n'eu sont pas exempts, quoiqu'elles n'y soient pas, en réalité, extrêmement fréquentes. Ces tourmentes de vent du nord, entravées par les hautes sommités volcaniques, qui hérissent le versant du Pacifique à peu près comme pourraient le faire les dents d'un peigne, se précipitent avec une intensité inouïe dans les intervalles qui séparent ces montagnes et produisent des effets de destruction dont nous avons déjà eu occasion de mentionner les terribles résultats.
Les conditions continentales de l'Amérique centrale se manifestent surtout par l'existence des vents de sud-ouest , qui apparaissent à tous les moments de l'année, mais en bien moins grande abondance que les vents de nord-est , et dont l'origine doit se rapporter à des causes fort simples à expliquer. Les terres étant bien plus fortement échauffées que la mer par l'action directe des rayons du soleil, il eu doit résulter une rupture dans l'équilibre atmosphérique, qui provoque des courants dirigés des mers vers le continent; du côté de l'Atlantique, ces courants se confondant avec les vents alizés, ils sont en quelque sorte absorbés par eux, et l'on ne peut pas reconnaître directement leur existence. Mais, du côté du Pacifique, au contraire, ils se dirigent du sud-ouest vers le nord-est, entrent en lutte avec les alizés, et sont quelquefois assez forts pour en triompher; c'est alors que souffle le vent du sud-ouest, qui est susceptible d'acquérir, dans certains cas, une intensité assez considérable. On comprendra que, réchauffement du sol
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étant plus considérable en été qu'en hiver, ce soit surtout dans cette saison que la rupture d'équilibre puisse se produire d'une manière efficace. C'est ce qui a lieu eu effet, et les vents du sud-ouest, plus fréquents pendant la saison des pluies que pendant la saison sèche, donnent parfois lieu a de terribles tourmentes pendant les mois de la fin de l'été. Le registre des tempêtes, tableau n" 8, fera voir qu'elles sont abondantes depuis le mois de juin jusqu'à celui de novembre, et nous pouvons ajouter que c'est toujours le vent de sud-ouest qui les accompagne dans cette saison.
M. de Saussure donne, dans son Hydrologie du Mexique®, des détails fort in- .im i«rn.«i~ ifrmgmfr gur m) venl (|e sutI oUest qui souffle avec une épouvantable violence
a«r< w™|..e l*'»da,,t 'es mois d'été, le long des côtes septentrionales du Mexique, du coté ■w kTcatoa im Pa(,'H<lUP- ^ Guaymas, à Mazatlan et dans les autres ports de cette côte jus- *• qu'aux limites de l'Amérique centrale, on donne le nom de Cordonazo de san Francisco (Flagellation de saint François) à ces terribles ouragans, (pli sont capables, à ce qu'il parait, de submerger toute espèce de navire qui aurait la témérité de s'y exposer, et qui interrompent complètement la navigation dans ces parages pendant la saison où ils régnent. L'époque de l'apparition du Cordonazo de san Francisco n'est pas tout à fait constante, et, quand il devance son moment habituel, il peut causer de terribles malheurs; ainsi, à Mazatlan, où il commence généralement au mois d'août, on le vit, en 1 8 5 3 , arriver subitement au milieu de juin et coûter la vie à un grand nombre de marins. Ces tempêtes cessent généralement dans le courant du mois de novembre; leurs ravages s'étendent habituellement jusque sur la terre ferme, où, avec une effrayante violence, ils déracinent les arbres et renversent les maisons.
Le Cordonazo de san Francisco est évidemment en relation directe avec les tourmentes de sud-ouest , qui régnent dans l'Amérique centrale ]>endant les mêmes moments de l'année, et il doit être attribué aux mêmes causes, qui n'agissent heureusement pas partout avec une égide intensité. Fiant admis que ces mouvements de l'atmosphère ont une origine commune, il devient facile de prouver d'une manière péremptoire qu'ils sont dus en réalité à des conditions conlincn-
» Cm, rfW mr Mjdrvbgie rf« Mtxiqtt. Société Je CàynpUe de Genke. - Mémoire, e, Wfetou . I. III. .~ livraison, p. 99. OiK've i86î.
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laies, puisqu'il esl avéré que le Cordonazo de san Francisco ne sévit que sur une bande d'une largeur très-restrcinte étendue le long de la côte, et qu'à loo ou i5o milles au large les perturbations violentes cessent pour laisser la place aux alizés du nord-est, qui soufflent régulièrement en pleine mer quand bien même l'ouragau exerce ses ravages près des rivages.
En résumé, il résulte de tout ce que nous venons de dire que les mouvements Dn» de l'atmosphère, dans l'Amérique centrale, peuvent se rapporter à deux groupes principaux : i° les vents de nord-est prédominants pendant toute l'année et dus à une sorte de continuation des alizés; 2° les vents de sud-ouest existant aussi pendant toute l'année, mais avec bien moins de fréquence, tendant à se développer davantage pendant l'été et dus à réchauffement différentiel du sol et de la mer. Ajoutons qu'il y a, pendant la saison sèche, quelques ouragans du nord, prolongement des Nortc* du golfe du Mexique, et, pendant la saison des pluies, de nombreuses tempêtes du sud-ouest.
Sur les rivages de l'Océan, on peut observer tous les jours, quoique plus ou moins modifiées par les vents régnants, la brise de terre de la matinée et la brise de mer de la soirée. 11 suffit de mentionner l'existence de ces courants d'air, dont l'origine est parfaitement connue, sans entrer dans de plus amples détails.
A Guatemala, les mouvements de l'atmosphère sont soumis à des lois assez \ i> <i..<nuw.u régulières, qui peuvent se déduire des observations faites par les R. P. jésuites, et dans lesquelles nous avons puisé les matériaux du tableau suivant :
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