‹ Mission scientifique au Mexique et dans l'Amerique CentraleChapitre 22 sur 89 · TE · texte numérisé non relu

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DANS LES RÉPl BL1QLES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. 157

La discussion des chiffres réunis dans ce tableau donne des résultais qui sont parfaitement d'accord avec les faits généraux énoncés dans les pages précédentes. On voit en effet, en formant les totaux relatifs h cinq années consécutives, que Ion a 1,080 jours de vent de nord-nord-est contre 3 1 5 de vent de sud-sud-ouesl , '.'>■") de vent variable, et enfin io3 de calme absolu; ce qui prouve que le vent de nord-nord-est souffle en moyenne pendant les 3/5 du temps, et prend un caractère de prédominance remarquable.

Si nous comparons seulement les fréquences relatives des vents de nord-nord- *«t» est et de sud-sud-ouest, nous verrons que, pour l'ensemble des cinq années, les flit 1 ,080 journées où le premier a soufflé sont aux 3 1 5 pendant lesquelles le second *,*|-**,,^"H,, s'est montré comme 1 est à 0,291 » c'est-à-dire qu'il y a environ U fois plus de vents de nord-est que de vents de sud-ouest. Mais, en faisant la répartition par saisons, on trouve, pour la somme des hivers, 601 jours contre 137, qui son! entre eux comme 1 est à 0,227, et, pour la somme des étés, 678 jours contre 178, qui sont entre eux comme t est à 0,372; c'est-à-dire que, pendant la saison sèche, le vent du nord-est est à peu près 5 fois plus fréquent que le vent du sud-ouest, et 3 fois plus fréquent seulement pendant la saison des pluies. Il est donc clair que le vent de nord-est, quoique toujours prédominant, tend à le devenir encore plus pendant l'hiver, tandis que le vent de sud-ouest est soumis, pendant l'été, à une recrudescence assez sensible.

Les vents variables ne sont pas rares , puisqu'ils soufflent en moyenne peu- v™i. mWin dant 65 jours par an. Il est évident qu'ils sont dus à une sorte de lutte entre les vents du nord-est et du sud-ouest, qui, à peu près aussi puissants l'un que l'autre dans certains moments, ne parviennent ni l'un ni l'autre à triompher d une façon absolue et déterminent dans l'atmosphère des espèces de courants giratoires ou de tourbillons, grâce auxquels le vent souffle successivement de tous les points du compas. On pourra observer que les vents variables s'établissent surtout au printemps et en automme, soit dans les époques de transition où le courant du sud-ouest est en voie de recrudescence ou de diminution.

Les journées de calme complet ne sont pas fréquentes, car il y en a tout au CHin>«ai.«oju plus une vingtaine par an en moyenne; elles se produisent surtout pendant la saison des pluies, et il est important de remarquer que l'atmosphère est généra-

lenient en repos absolu quand apparaissent les temporale» ou séries continues de plusieurs journées entièrement pluvieuses, sans orages. Cela tient probablement à la rencontre et au mélange intime de deux courants d'air également puissants venant de deux directions opposées ; les masses d'air saturé d'humidité venant du sud-ouest sont arrêtées et pénétrées dans tous les sens par l'air froid du nord-est, qui détermine ainsi un refroidissement général et une précipitation lente et calme sur une grande étendue de pays à la fois. euidooH Le tableau n° 5 donne, à coté des chiffres relatifs aux vents régnants, ceux qui " GlMl"B'b se rapportent à l'étal du ciel aux différentes époques de l'année, nombre de journées claires, nuageuses ou couvertes. Ces faits ne sont en quelque sorte que des intermédiaires reliant directement les allures des hydrométéores à celles des courants atmosphériques qui en sont au fond la cause primordiale. Y ce titre, il peut être intéressant de les examiner en même temps que l'on éludie les quantités de pluie et les directions des vents, mais les déductions se trouvent si naturellement d'elles-mêmes, qu'il nous semble au moins inutile d'insister sur ce point.

La.™»-!™» Dans les régions dont l'altitude est considérable, et surtout dans les hauts kthtJZfo*». plalwmx, les mouvements de l'atmosphère se trahissent par un phénomène assez remarquable, auquel on donne le nom de remolino* ou tourbillons. Nous n'avons pas observé fréquemment nous-même les remolinos dans l'Amérique centrale, parce que nous avons surtout voyagé dans les plaines élevées pendant la saison des pluies, époque de l'année la inoins favorable à leur production, mais nous savons qu'ils s'y manifestent presque aussi souvent qu'au Mexique, où nous en avons assez vu pour pouvoir en parler.

Pendant l'hiver, chaque matin, au lever du soleil, les rayons de cet astre échauffent avec une grande rapidité les couches inférieures de l'atmosphère qui sont le plus directement exposées à la réverbération du sol. Cet air, ainsi échauffé, se dilate et devient plus léger que celui qui est au-dessus de lui; à un certain moment, la différence se trouve assez considérable pour que l'équilibre soit rompu, et il se forme un courant ascendant qui s'élève dans les hautes régions en traversant les couches moyennes de l'atmosphère. Ces dernières ne sont aucunement dérangées de la position qu'elles occupent, mais l'air inférieur y perce, en quel-

que sorte, un trou par lequel il s'écoule en tourbillonnant et s'élève en formant une espère de tire-bouchon, de vis ascensionnelle, dont la puissance aspiratrice est souvent très-considérable.

Les remolinos peuvent atteindre jusqu'à 10 mètres de diamètre, et s'élèvent à une hauteur qui varie de 3oo à 4oo mètres, si l'atmosphère est assez calme pour leur permettre un développement continu. Ces trombes forment alors de vastes colonnes qui s'élèvent au-dessus du sol et deviennent visibles a l'œil, à cause de l'énorme quantité de menus objets, et surtout de poussière, qu'elles entraînent avec elles grâce à leur force de succion. Les vents qui ne sont pas assez intenses pour les détruire entraînent les remolinos avec une rapidité pins ou moins grande , et leur font parcourir de vastes étendues de pays , jusqu'à ce qu'il se rencontre un obstacle qui brise la trombe, en arrêtant la continuité du courant d'air ascensionnel.

VARIATIONS BABOMÉTBIQUES.

Nous avons fait, pendant le cours de nos voyages, un nombre très-considérable d'observations barométriques, mais on conçoit aisément que nos séjours dans une même localité n'avant jamais été prolongés au delà de quelques jours, c'est à peine si nous avons pu obtenir quelques séries continues, dont la plus longue ne dépasse pas une semaine. De semblables éléments sont extrêmement précieux pour la détermination des altitudes, et c'est en effet dans ce but qu'ils ont été principalement recueillis; mais ils ne présentent ni assez de suite ni assez de lien entre eux pour servir de base à une discussion quelconque sur la marche du baromètre et doivent être négligés à côté des documents aussi importants que nombreux qu'il nous a été permis de puiser dans les registres d'observations du Collegio Tridenlino de Guatemala, et qui nous serviront ci-après à étudier d'une manière à peu près complète les phénomènes complexes que présentent, à Guatemala, les variations barométriques.

Disons pourtant quelques mots, en passant, de ce qui a lieu sur le bord de la mer. On sait que, sous l'équaleur, la hauteur barométrique moyenne est de , 758 millimètres environ, et que ce chiffre augmente à mesure que l'on s'élève en latitude, jusqu'à une limite déterminée; or les cotes de l'Amérique centrale étant

comprises cuire iq et îô9 de latitude nord, il est permis de supposer que la pression barométrique moyenne y est de 769 millimètres environ.

Le tableau suivant donne les oscillations du baromètre a Panama pour le mois de juin 1 8 5 A ; Panama n'étant que par 7°3o' de latitude nord, et le mois de juin étant fort voisin, comme nous le démontrerons [dus loin, de l'époque du minimum, il n'y a pas lieu de s'étonner de la moyenne de 757""", 10, qui n'infirme eu aucune façon ce que nous venons de dire.

VARIATIONS BAROMÉTRIQl KS

AD BORD DE L'OCÉAN PACIFIOCE. A PANAMA (Jl'IN 1854 ).

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