PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES A GUATEMALA
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Les orages qui viennent éclater au-dessus de (Guatemala, deux on trois heures
DANS LES BÉPl BL1QLES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. i71
avant le coucher du soleil, commencent généralement de la manière suivante : le ciel étant resté parfaitement clair jusque vers midi ou deux heures, on voit de petites vapeurs blanches se suspendre aux sommets des hautes montagnes qui s'élèvent au sud et au sud-ouest de la ville, telles que les volcans de Fuego, d'Agua ou de Pacaya. Lue fois formés, ces nuages rudimentaires grossissent rapidement parla précipitation des vapeurs qui les entourent et deviennent peu à peu d'épais cumulus blanchâtres, qui roulent dans tous les sens autour des montagnes et finissent par les envelopper complètement. En même temps, leur forme et leur couleur se modifient, et ils passent à l'état de cumulo-stratus et de stratus grisâtres ou même presque noirs, qui remplissent les vallées cl s'avancent progressivement, poussés par les courants du sud-ouest qui sont alors dominants dans les régions supérieures de l'atmosphère. Le vent du sud-ouest, qui coïncide presque toujours avec la formation des orages, atteint souvent les couches inférieures de l'atmosphère et souffle alors avec une extrême violence; on peut voir, en effet , dans la liste des tempêtes que nous avons unie à dessein au tableau u° 8 , que les ouragans sont relativement beaucoup plus abondants dans les mois auxquels appartiennent les orages les plus fréquents.
L'électricité des nuages étant due surtout a l'éwiporalion, qui amène dans les régions élevées de l'atmosphère les vapeurs puisées à la surface de la terre par les rayons du soleil, et celle évaporation ayant lieu à toutes les époques de l'aimée, quoique avec des degrés d'intensité très-différents, on ne sera pas surpris de voir que, même pendant la saison sèche, les nuages qui parcourent quelquefois le ciel sont chargés d'une certaine quantité d'électricité susceptible de manifester sa présence par des éclairs. Mais ces éclairs sont presque toujours dus à des orages atmosphériques, si l'on ose s'exprimer ainsi, à des décharges de nuage à nuage, car ils ne sont pas toujours accompagnés par le tonnerre, et il est excessivement rare, comme on peut le voir au tableau n° 8 , que la foudre tombe à Guatemala pendant les mois d'hiver.
Pendant la saison des pluies, la terre elle-même est électriséc; les orages deviennent presque journaliers, ils sont toujours caractérisés par des éclairs en zigzag réunissant les nuages au sol, accompagnés d'épouvantables éclats de tonnerre semblables à un déchirement général, et il n'est pas rare que les édifices «le Gua-
lemala soient frappés par la foudre, qui y produit quelquefois des désordres considérables. On pourrait, d'ailleurs, citer des exemples rnallieureuseiiient trop fréquents de personnes foudroyées, soit dans les villes, soit dans les campagnes, cl il nous souvient fort bien d'un effrayant orage pendant lequel trois ouvriers indiens furent tués par la foudre dans une barienda des environs de Coban ( haute Vera Paz). Nous-mème, nous avons vu l'éclair frapper des roclicrs ou des arbres à quelques pas «le nous, soit au sommet du volcan d'Atillan, soit dans les montagnes de Totonikapam , et nous pouvons nous estimer heureux d'en avoir été quitte à ce prix.
La grêle accompagne quelquefois les otages à Guatemala, mais, comme nous n'avons jamais été témoin nous-tnème de ce phénomène, nous ne pouvons rien dire des conditions dans lesquelles il se produit, non plus que de la grosseur et de la forme des grêlons. Nous avons dû réunir, au tableau n° h (p. i 48), la liste des chutes de grêle à Guatemala , parce qu'elles ont leur signilication pour la quantité d'eau totale; on y voit que, quoique assez rares, elles peuvent aller néanmoins jusqu'au nombre de trois par an (18G1), et qu'il y en a eu en janvier, mars, avril, mai, juin et octobre, pendant les cinq années dont nous possédons les listes d'observations. Il est probable que la formation de la grêle exige la combinaison d'une température assez basse et d'un état électrique assez intense, ce qui expliquerait pourquoi elle a lieu surtout entre les mois de mars et de juin, c'est-àdire à l'époque de transition entre la saison sèche et la saison des pluies.
Nous ne quitterons pas la question des phénomènes électriques sans dire un mot des retumbo» ou bruits souterrains qui se produisent parfois dans certaines montagnes couvertes d'une épaisse végétation, et qui agissent vivement sur l'imagination des indigènes. Lorsqu'on a entendu des relnmbos dans mie montagne, on s'empresse de «lire que c'est un volcan, et pourtant nous avons eu occasion de constater plusieurs fois que ces prétendus volcans étaient des montagnes formées de couches sédi me nia ires parfaitement caractérisées, schistes, calcaires ou autres. Il faut .remarquer que les retumbos, dont le bruit, quoique un peu ]tlus sourd, ressemble singulièrement à celui du tonnerre, ne se produisent que lorsque la montagne est entourée d'épaisses nuées qui l'enveloppent entièrement et peuvent y déterminer des actions électriques. Il n'est pas extraordinaire qu'un peuple
habitué à vivre au milieu de» volcans et a y entendre des détonalions sonterraines se soit empressé de chercher dans cet ordre d'idées la cause des reluinlM)s. et à les attribuer a des phénomènes volcaniques; mais cette explication est eii désaccord complet avec les faits géologiques ohservés, et ne peut plus suflire aussitôt que l'on veut approfondir et sonder scientifiquement les choses. Il est fort probable que c'est à l'électricité, dont les effets sont si intenses dans ces régions, que Ton devra attribuer le rôle principal dans la production des retnmbos lorsque l'on voudra établir une théorie rationnelle de ces phénomènes.
.Nous n'avons pas eu occasion d'étudier les choses assez longtemps et avec- assez de soin par nous- même pour pouvoir donner une explication en connaissance de cause; mais nous avons pu recueillir les avis de quelques hommes intelligents et habitués aux recherches précises qui ont vécu longtemps dans le pys. L'opinion de ces personnes est que les retumbos ne se manifestent que lorsqu'une montagne étant entièrement baignée dans d'épais nuages chargés d'électricité, il peut se produire des décharges, soit du «il aux nuages, soit entre différents points du sol lui-même et des forêts qui le recouvrent. Quoi qu'il en soit, la question demeure assez obscure, et c'est sans aucune preuve péremploire que nous attribuons l'origine des retumbos à des manifestations électriques.
Nous avons joint au tableau n* 8 un registre des tremblements de terre pendant les cinq années de 18Ô9 à t8G3, quoique nous considérions les tremblements de terre comme dépendant directement de l'action volcanique et nullement de l'électricité ou du magnétisme terrestre. Mais il semble prouvé, d'un autre côté, que les tremblements de terre ont quelquefois une action directe sur les manifestations de ces derniers phénomènes, et l'on pourra plus aisément ainsi chercher entre les faits des rapprochements et des comparaisons.
Le magnétisme terrestre est soumis, à Guatemala, aux mêmes lois que sur le reste du glohe. Nous donnons dans le tableau suivant (tableau n* 9) les obser- owaiaiiotudiHr™-» vations recueillies, pendant cinq années consécutives, de 1 869 à i8G3, sur les ^ j||rt*iM ( oscillations diurnes de l'aiguille aimantée et sur la variation angulaire annuelle de la déclinaison.
\OYAGE GÉOLOGIQUE
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