‹ Mission scientifique au Mexique et dans l'Amerique CentraleChapitre 52 sur 89 · BU · texte numérisé non relu

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Il en résulterait que. les mois de décembre et de janvier ayant été les plus abondants eu tremblements de terre, la période de six mois relative à l'hiver et au printemps en a présenté 34, tandis que celle qui correspond à l'été et à l'automne n'en a eu que a3. 11 est évident qu'on ne peut rien conclure d'une série d'années aussi courte que celle dont nous venons de nous occuper, et que les phénomènes accidentels, tels que ceux qui se sont produits à la lin de 186'J et au commencement de tHt»3, prennent une valeur relative beaucoup trop considérable dans un chiffre aussi restreint. On ne peut pas plus baser une loi sur ces données (pi on ne peut le faire sur quelques documents épars, sauvés de l'oubli dans les siècles passés par quelques circonstances exceptionnelles. Mais qu'il nous soit permis de dire (pie les observations de Guatemala semblent confirmer la tradition qui existe dans ce pays, et que, comme de semblables traditions sont presque toujours fondées sur quelque chose de réel, on est eu droit d'espérer

que des recherches poussées dans ce sens pourront amener à «les résultats intéressants.

CARACTÈRES DES TREMBLEMENTS I»E TERRE M l.'AMERIQLE CENTRALE.

Les tremblements de terre de l'Amérique centrale ne diiïèrent pas, en ce qui concerne leurs caractères généraux, de ce que l'on a observé partout ailleurs, soit en Europe soit en Amérique. Les conditions de durée, d'amplitude d'oscillation, etc., sont toujours extrêmement variables, mais elles se maintiennent entre des limites qui sont partout à peu près les mêmes. On a remarqué aussi que les secousses n'étaient pas toujours de même nature, et que si, le plus souvent, elles se manifestaient sous la forme d'oscillations ondulatoires, elles pouvaient aussi quelquefois revêtir le caractère de trépidations, et même quelquefois devenir giratoires. Il y a à peine quelques aimées que l'étude de ces phénomènes a été entreprise à Guatemala avec une direction scientifique, et ce n'est que dans des récils écrits le plus souvent sous l'impression de la terreur et par des esprits à tendances peu philosophiques que l'on peut chercher des documents plus ou moins signiGcatifs pour aborder cette question.

Il nous semble pourtant que l'on peut admettre que les tremblements de terre généraux se sont presque toujours manifestés sous une forme ondulatoire, taudis que les tremblements de terre locaux étaient plus fréquemment des trépidations. Lorsque les traditions parlent de secousses qui se sont fait sentir en même temps à de grandes distances, elles les peignent, en général, comme des oscillations semblant se propager à la manière «les vagues dans un sens bien déterminé. Quand il s'agit, au contraire, de mouvements locaux du sol, accompagnant ou annonçant des éruptions d'un volcan voisin, on parle plus souvent d'une secousse brusque, ressemblant à une sorte de choc frappé de bas en haut, directement au-dessous de l'endroit eu question. Les trépidations, lorsqu'elles ont une certaine intensité, produisent des elTets beaucoup plus terribles que les ondulations, et c'est à des secousses de ce genre-là qu'ont été dues presque toutes les grandes catastrophes célèbres dans l'Amérique centrale.

Les secousses ondulatoires ont généralement une direction assez nullement indiquée, cl, sauf d'assez rares exceptions, cette direction est toujours, à peu de

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na, chose près, lu même. A Guatemala, on a remarqué que, dans presque tous les ',*J^X' tremblements île terre, 1rs mouvements semblaient venir du sud-ouest et se propager sous la forme d'ondes marchant vers le nord-est. Il ne faudrait pas accepter trop complètement L'opinion publique sur ce point, parce qu'elle est toujours préoccupe de relier les tremblements de terre aux volcans qui sont en activité pendant qu'ils se produisent, et (pie, grâce à cette tendance, les esprits trouvent quelquefois des directions là où il n'y en a pas. Mais, cette petite réserve faite, il n'eu est pas moins vrai que les secousses viennent presque toujours du sudouest, ainsi que le prouvent les observations faites à l'observatoire du Collegio Tridenlino. On peut voir, en particulier, dans la liste reproduite ci-après et empruntée à la brochure de M. J. A. Lbarzaburu, professeur au Gollejpo Tridenlino, que, sur les quatorze tremblements de terre de la lin de 1 8O2 et du commencement de |8I>.'{, onze ont présenté la direction du sud-ouest; un a commencé par le sudsud -ouest, pour passer au sud-sud-est, et deux enfin sont venus du sud-sud-est. Dans son opuscule, d'ailleurs fort remarquable, le savant professeur de (ïualemala nous semble un peu trop dominé par la préoccupation d'expliquer ces changements de direction par l'influence immédiate des foyers volcaniques et par le transport de la puissance éruplive d'un pointa l'autre, grâce à des communications souterraines. Mais, si l'on n'adopte point complètement ses conclusions, peut-être nu jM'ii trop exclusives, on ne doit pas moins lui être reconnaissant des savantes recherches qu'il accumule depuis quelques années, et espérer que la continuation de ses travaux dotera la science de précieux matériaux. Il demeure donc établi, .grâce aux observations faites au Gollegio Tridenlino, qu'à Guatemala les secousses de tremblements de terre ont habituellement la direction du sud-ouest, et que, sur ce point encore, l'opinion publique n'est pas en opposition avec la réalité des faits, sans qu'on puisse pourtant donnera ses conclusions une valeur plus absolue qu'elles ne le comportent. Il est à remarquer que celte direction du sud-ouest, à peu près perpendiculaire à celle du Système volcanique, coïncide avec la direction <pi afleclenl aussi presque toujours les secousses ondulatoires à Mexico. Mais, comme, d'après les notes du R. I*. (-omette, les choses ne se passent pas tout à fait de même à Truxillo (Gôte de l'Atlantique, Honduras), et que l'on sait, par plusieurs autres observateurs, que les variations de direction sont fréquentes en

d'aulres points do la zone séismisque de l'Amérique Iropicale, il ne faudrait pas trop se hâter de poser des conclusions qui ne sont pas établies par un assez grand nombre d'observations précises, pour avoir une valeur certaine.

Au point de vue de la répartition horaire des tremblements de terre dans l'Amérique centrale, on ne peut encore rien dire de certain à cause du manque de documents. Ainsi nous trouvons une note du R. P. Cornette, réparlissant rie la manière suivante ceux dont l'heure lui était connue:

Matin. Jour. Soir. Nuit.

no. il, 18. 19.

On ne peut en tirer aucune conclusion , non plus que des secousses de décembre 18C2 et janvier i863, dont trois seulement se sont produites de minuit à midi, tandis que onze ont eu lieu de midi à minuit, parce que ce n'est là qu'un fait isolé et qui ne prouve rien.

Il est à peu près démontré que dans l'Amérique centrale, aussi bien que partout ailleurs, les tremblements de terre se produisent par tous les temps et sans qu'il soit possible de saisir un lien quelconque entre eux et les phénomènes météorologiques qui les accompagnent. On peut s'en convaincre en jetant les yeux sur le tableau suivant, où sont indiqués les tremblements de terre qui ont agité Guatemala en décembre 1862 et janvier i863, ainsi que tous les détails météorologiques nécessaires pour faire comprendre nettement quel était l'état de l'atmosphère.

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