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Celte série d'observations jette une vive lumière sur les environs de Guatein dans un rayon assez étendu, sur le département de Chiquimula et sur une petite partie de la l>asse Vera Paz. Malheureusement il n'a rien été fait de semblable pour le reste de cette province, non plus que pour celle des Altos, et pour la presque totalité du versant du Pacifique. La solution des intéressants problèmes que soulèvent ces vastes régions reste donc soumise à une incertitude d'autant plus regrettable, que les conditions dans lesquelles nous avons exécuté notre voyage ne nous ont pas permis de faire des observations précises, mais seulement de relever journellement nos itinéraires avec tout le soin dont nous étions capables, etl ce qui louche aux distances et aux directions.
Si l'on jette sur les pays dont nous nous occupons un coup d'oeil d'ensemble, et, disons-le, si l'on porte dans ce travail l'esprit du philosophe plus peut-être que celui du savant, on ne saurait manquer d'être frappé de tout ce qui tend à introduire dans l'orographie du Centre Amérique le terme de transition , les précurseurs, pour ainsi dire, de l'orographie du Mexique. Au Mexique, tout est étrange, et si distinct de ce que nos yeux sont accoutumés à contempler en Europe, que facilement on se laisserait entraîner à n'y voir qu'une gigantesque ébauche à laquelle a manqué le concours des siècles. Ces immenses plaines, portées à la hauteur de nos plus grandes montagnes, ces pics gigantesques, si régulièrement taillés en cônes, ces hrusques coupures, si profondes que l'œil en peut à peine scruter les ténébreux abîmes, rien, dans nos formations régulières, ne nous a préparés à les voir et à les comprendre, rien n'a comblé la dislance qui, dans notre esprit , existe entre nos connaissances antérieures et ce qui apparaît tout à coup à nos yeux. Eh bien, ces termes de transition, c'est l'Amérique centrale qui peut nous les offrir. Ce n'est pas encore cet immense plateau, large de plusieurs centaines de kilomètres et élevé de plus de 9,000 mètres au-dessus du niveau de
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K«i VOYAGE GÉOLOGIQUE
la mer, ce ne sont point ces brusques pentes «pu le raccordent aux plaines liasses île la plage, mais quelques-uns des principaux caractères y sont déjà, \oici d'abord , sa particulier, cette vaste arête montagneuse qui dessine presque à elle seule les allures caractéristiques du pays; elle est, ou peu s'en faut, linéaire encore, cela est vrai; mais de temps en temps n'y voit-on pas des sortes d'épatements où se développent de hautes plaines, le plus souvent riches et fertiles? Les versants v sont aussi; mais,. et c'est là ce qui donne à l'Amérique centrale son cachet particulier, ils sont fort loin d'être égaux et de se précipiter vers la mer aussi abrupts l'un que l'autre. La chaîne principale, fort rapprochée de l'océan Pacifique, se raccorde à ses rivages par de brusques pentes dont l'inclinaison naturelle est encore augmentée par les bouleversements dus aux phénomènes volcaniques qui ont pris pour théâtre ces déclivités rapides sillonnées de torrents impétueux. Vers l'Atlantique, au contraire, descendent peu à peu, soit des amoncellements de montagnes se succédant comme les marches d'un gigantesque escalier et séparées par de profondes vallées, soit de grandes plaines ondulées, mollement reliées aux bas plateaux de l'extrême Yucatan.
(ilUM)ES DKMVEiXATIOXS. — AI.LI IIKS OROliRAMIKM'KS. - 1)1 IUXT 10X8 DES l'Ill .N Cl CALES ClUiXES
DE MOXTAGXES.
Essayons maintenant de faire sentir avec quelque netteté les détails caractéristiques, les points saillants de cet ensemble, et. pour faciliter le travail en le divisant, occupons-nous d'abord de la grande arête montagneuse qui domine le pays, pour desrendre ensuite successivement à l'Atlantique et au Pacifique.
ciifoi chitiuu.
Quoiqu'elle soit fort loin de constituer une ligne d'une rectitude mathématique. I arête montagneuse principale dessine néanmoins une direction assez nette, qui suit à peu de chose près celle de la côte du Pacifique. Elle tend néanmoins à s'en rapprocher peu à pu vers le nord, et ce rapprochement, pour le «lire en passant. c«>ïnride précisément avec un surélt'vemenl, ce qui contribue puissamment à accuser les pentes de ce côté. La direction moyenne peut être, à peu près, E. 9o' S. — 0. ao°N., de sorte «pie, si, à la hauteur de San Miguel ( Sal-
Ait II ,i I ait il''1 ' ' 1 ' 1
DANS LES RÉPUBLIQUES i)E GUATEMALA ET DE SALVADOR. 87
vador), la ligne des hautes cimes est à 120 kilomètres environ de la nier, elle n'en est plus guère qu'à 80 kilomètres un peu plus loin que Totonikapam (Guatemala).
Le nœud montagneux du haut Nicaragua est séparé de celui du Honduras par un abaissement assez considérable correspondant à la naissance du Rio Ulua, qui passe à Gomayagua, capitale du Honduras. La ligne principale des crêtes atteint à peine un millier de mètres en ce point ; mais elle se relève bientôt en prenant des altitudes moyennes comprises entre i,5oo et 2,000 mètres, et suit à peu près la frontière du Salvador et du Honduras, où elle est représentée successivement par les puissanLs massifs des Montes de San Juan, de Opalaca, île Selaque, de Pacaya et de Merendon, reliés entre eux d'une manière plus ou moins complète.
En entrant sur le territoire du Guatemala, près d'Esquipulas et d'Alotepeque. \u*t*
dn IjotiltHHAhi
petites villes situées à des altitudes de 910e! 1 ,384 mètres sur les contre-forts de
la grande chaîne , on trouve des altitudes assez considérables, en particulier au ,„ NlX. ..,«.. Derrumbadero, dont le sommet atteint 1,636 mètres, et dans les montagnes d'Alotepeque, dont le sommet dépasse notablement la mine de San Panlaleon, située elle-même à 1,470 mètres. Getle tendance à s'élever se caractérise encore plus dans les montagnes de Jalapa, et , en approchant de la ville de Guatemala, on rencontre, à 1,909 mètres, le col de Piaula, entouré de sommités plus élevées encore. La grande plaine de Guatemala, située presque exactement sur le sommet de l'arête montagneuse et sur la direction de la ligne de partage des eaux . se développe à une altitude moyenne de i,5oo mètres, bornée à l'ouest par de* montagnes qui dépassent 2,200 mètres (col de Barsenas, 2,178 mètres; Cordillère de Mixco, 2,161 mètres). On se maintient assez longtemps à une semblable altitude, au milieu des petits plateaux de Ghimaltenango , de Pasesilla ( 2,1 1 h mètres) etc., pour s'élever encore plus en se rapprochant de Tecpan Guatemala. La chaîne court alors presque au nord plein [tendant un instant, mais reprend sa direction primitive en rejoignant la partie la plus élevée de l'arête, qui court jusqu'au delà de Totonikapam eu dessinant une ligne d'une remarquable régularité. Les principaux sommets atteignent ou dépassent 3,5oo mètres, car les cols par lesquels on franchit ces montagnes s'élèvent jusqu'à 2,8ô4 mètres
(route de Sauta Cruz del Quiché à Totonikapam ) et 3,iGq, mètres (roule de Totonikapam à Tccpan).
Parmi les nœuds d'où divergent ces contre-forts se développent de hautes plaines, comme celles de Santa Cm de Quiche ('j,oi8 mètres) et de Totonikapam (2,484 mètres). . .; elles n'atteignent guère plus de ao à a5 kilomètres dans tous les sens, mais rappellent en miniature, aussi hien par leur climat que par leur disposition générale, la constitution du plateau mexicain.
Après Totonikapam, la chaîne principale, suivant sa direction générale, s'enfonce dans le Soconusco, puis enfin dans l'État mexicain de Chiapas, en conservant probablement longtemps encore des hauteurs comparables à celles qu'elle vient d'atteindre. Nous n'avons plus sur ces régions d'observations précises, mais les vues prises du sommet de hautes montagnes et les renseignements recueillis permettent d'admettre l'existence dune crête élevée, s'élendant vers le N. 0. jusque près de l'abaissement qui correspond à l'isthme de Tehuanlopec.
mumi de lmtlastiqi-e.
L'existence de cette arête principale et dirigeante étant ainsi établie, et ses particularités passées en revue, descendons successivement de chaque côté en continuant le cours de nos recherches. Marchons d'abord vers L'Atlantique. Dans le Honduras, d'après des observations qui ne nous sont point personnelles, mais dont l'exactitude n'est pas douteuse, le système orographique se développe d'une façon tout à fait normale. De la chaîne principale se détachent des contre-forts qui divergent presque normalement, s'en vont mourir à la côte en conservant leur direction transversale, et séparent l'une de l'autre de grandes et profondes vallées, telles que celles des Ilios llumaya, Santiago et (Ihamclicon, qui portent directement à l'Océan les eaux tombées dans les hautes régions «lu centre et celles que recueillent leurs petits affluents dans les chaînons transversaux. Les montagnes, s abaissant progressivement, laissent encore un espace assez vaste, composé de plaines basses sablonneuses ou de marécages, entre elles et la côte, qui. quoique peu accidentée par elle-même, est bordée d'une ceinture d'îles, dont la plus considérable est celle de Roathan.
Une fois que l'on a franchi les massifs montagneux de Espirilu Saute et de
Grita, qui servent de frontière entre le Honduras et le Guatemala, on trouve d'abord, dans le département de Chiquimula, une région assez embrouillée et sur laquelle nous ne possédons pas assez de renseignements pour la décrire d'une manière complète. Il est néanmoins constant qu'une série de chaînons, dont les hauteurs varient entre 5oo et 700 mètres, s'entrecroisent dans divers sens, sans former de longues chaînes hien définies et sans diverger nettement non plus de l'arête centrale, à laquelle ils se raccordent progressivement, mais sans isoler, d'une façon bien définie en direction, les bassins des diverses rivières. 11 semble que la nature se prépare peu à peu au régime particulier qui règne dans la majeure partie du versant Atlantique du Guatemala. Eu effet, ces ebaînons transversaux en arrivent bientôt à disparaître presque complètement, et c'est à peine si, à partir de ce point , la grande arèle projette quelques petites branches vers le nord.
On voit s'établir alors un système de longues chaînes, sensiblement parallèles entre elles et dirigées à peu près dans le même sens que l'arête centrale , c'est-àdire de 115. S. E. à l'O. N. 0., dessinant en quelque sorte une série d'ondulations auxquelles succèdent chaque fois de profondes vallées, parcourues par de puissants cours d'eau; ces cours d'eau, pour s'échapper vers la mer, doivent profiter de quelque brisure, et s'y précipiter en se déviant brusquement de leur cours jusque-là dirigé presque parallèlement à la côte. 11 ne faudrait pourtant pas croire que , dans toute cette partie du versant Atlantique de l'Amérique centrale, on n'a absolument affaire qu'à des rides parallèles, séparées par des fossés correspondants; les contournements de chaînes, les séparations, les coupures brusques, ne manquent pas. Mais il n'en est pas moins vrai que le voyageur, qui, d'un point quelconque de l'arête centrale dans le Guatemala, veut se diriger vers le nord , devra franchir successivement une infinité de chaînes plus ou moins exactement concordantes en direction , séparées par de profondes coupures rectilignes sur des espaces souvent fort étendus. Il n'en est pas moins vrai que, sans vouloir asservir les faits à une théorie conçue d'avance, on retrouvera dans la majeure partie des provinces de la Vera Paz et des Altos un alignement à peu près constant des chaînes et des vallées dans un sens assez rapproché de celui de l'arête centrale; alignement explicable du reste, il faut le dire, par l'analyse des phénomènes purement géologiques dont ces régions furent le théâtre.
VowgeRWilDjiqur. ta
le nord
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tu» Les rudiments d'une première chaîne, assez mal indiquée pourtant, peuvent
•iiNuLo. M Couver près de Chiquimula, Guastatoya, et même au Carrizal, limilaril néaninoins vers le sud, d'une manière assez nette, une partie du bassin du Rio Grande ou Motagua. Cette puissante rivière court dans une profonde vallée, qui, depuis Zacapa jusque près de Santa Cruz del Quiché, sur un développement de près de 200 kilomètres, suit une direction presque exactement recliligne de l'est à l'ouest. Elle se relève ensuite un peu vers le nord-est, en suivant l'allongement de la grande chaîne de la Sierra del Mico, nettement dessinée en direction, mais un peu oblique sur les autres alignements de celle région. La vallée du llio Grande ne s'élève que lentement et progressivement : à plus de 3oo kilomètres de son embouchure, au Paso de la Ganoa, elle n'est encore qu'à 466 mètres au-dessus du niveau de la mer et constitue donc ainsi une sorte de profond fossé, entouré de crêtes montagneuses linéaires, qui la dépassent de 1,000 mètres environ, un peu plus ou un peu moins. La partie supérieure de la vallée et les thalwegs de presque tous les alllueuls au nord sont très-nettement limités par une série de rides rectilignes, dirigées à peu près E. 20°S. — 0. uo° Y, longues de 5o kilomètres environ et hautes de 1,000 à 1,200 mètres en moyenne. Leur continuation peut se retrouver au sud de Zacapulas, où elles dépassent i,5oo mètres, et impriment à la vallée du Rio Blanco la direction mentionnée ci-dessus; puis, dans les environs de Gtieguetenango, où elles atteignent des altitudes probablement plus considérables encore et séparent assez nettement, sur une longueur d'au moins 100 kilomètres, les bassins parfaitement parallèles d'une série de petits affluents du Rio de Coinilan, dirigés régulièrement vers PO. 20" Y
cbtiw La grande ride que l'on franchit à Chuacus, à une altitude de 1 , G 3 a mètres.
est peut-être plus remarquable encore. Elle naît près de Tocoy , séparant d'abord le Rio Grande de son affluent le Rio de Tocoy, court nettement à r0.2o\Y e» limitant au sud la grande vallée de Salama, puis, en suivant tout rallongement de la vallée de Rabinal, se coupe brusquement et profondément pour laisser passer le Rio Chisoy, puis reparait près deCunen, pour se continuer dans les Altos avec des altitudes supérieures à 2,000 mètres. Le fossé qui lui succède, en comprenant les vallée* de Salama, de Rabinal, etc., se maintient presque toujours
à un millier de mètres au moins en contre-bas des crêtes, et contribue pour sa part à donner à la Vera Paz ses allures si caractéristiques.
Il est limité, au nord, par une grande rbaîne, décomposée quelquefois en chai- c-bitm» <u k.n„i
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lions parallèles, peu distants les uns des autres. Cette ride puissante commence Sim,„ non loin de la Laguna d'Izabat, court jusqu'au Cerro Verde, au nord de Salama. avec des altitudes assez considérables, puis se décompose : un chaînon constitue la crête de Kacliil, que l'on franchit à t , 5 7 3 mètres de hauteur; limite, au nord, le bassin du Rio de Rabinal; s'interrompt un instant, puis reparait à San Miguel I spantan, et dirige la vallée du Rio Calag en dépassant des niveaux île y, 000 mètres. I n autre constitue les montagnes de Santa Hosa, qui atteignent 1 ,600 mètres, e| d'autres enlin limitent, toujours suivant la direction générale, les vallées de Tactic, de San Cristohal, etc. . ., en se maintenant à '400 ou f>oo mètres au-dessus des fossés, qui sont eux-mêmes à 1 ,'100 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Ils forcent pendant quelque temps le cours du Rio Chisoy, puis, brusquement coupés par lui à une immense profondeur, ils vont se perdre dans le pays des Lacandons.
Les choses deviennent un peu moins nettes ensuite, et les observations exactes font presque absolument défaut, car, en même temps que le terrain s'abaisse progressivement, les chaînes ne se dessinent plus avec autant de précision. Mais, d'aprèa les rapports de voyageurs dignes de foi, on peut avancer néanmoins, sans crainte d'altérer la vérité, que bien des parties des rios Polochic, de Cajabon, Santa Izabel, de la Pasion, et des petits cours d'eau qui se jettent dans le golfe de Honduras, sur la cote E. du Y .ura tan, sont encore régies par celte direction approximativement E. — 0. que nous avons signalée dans la Vera Paz et les Altos. Plus au nord encore, on atteint les régions presque inconnues du Pcten, les pays mystérieux des Lacandons et des Mayas, habités par des tribus sauvages et inhospitalières; aussi nous est-il impossible de pousser plus loin nos études et de suivre l'abaissement du pays jusqu'aux plaines du Yucalan , qui viennent mourir insensiblement dans le golfe du Mexique, à Sisal et au cap Galoche.
versant nu pacifique.
dp lanMr
Occupons-nous maintenant du versant du Pacifique, qui n'est pas, moins ïï ffT?... remarquable et intéressant que celui que nous venons d'étudier. Il semblerait, à première vue, que, l'arête principale étant ici très-rapproebée de la mer, il n'a rien pu se passer de particulier, et que l'on n'a affaire qu'à une déclivité plus ou moins abrupte et normalement séparée en vallons divergents par de petits chaînons transversaux; et c'est en effet ce qui eut peut-être existé, si les phénomènes subséquents, dus à l'action volcanique, n'étaient venus compliquer les choses. Il existe, en effet, une série de sommités volcaniques, affectant une direction presque exactement linéaire, et tellement disposée que, suivant de fort près la grade arête, elle ne fait avec elle qu'un angle d'une dizaine de degrés environ; de telle sorte que la première étant dirigée à peu près a l'O. uo°N.. l'autre courant à l'O. 3o°N., elles se trouvent, à leur maximum de distance, à une centaine de kilomètres environ, à l'extrémité S. E. du Salvador, et presque eu contact au N. 0. du Guatemala. Ajoutons, sans en rechercher actuellement la raison, que, dans presque toute la république de Salvador, la direction volcanique coïncide avec une surélévation du sol constituant presque une chaîne continue, tandis que, dans le Guatemala, elle n'est que jalonnée, pour ainsi dire, par des pics isolés, et cherchons l'effet produit sur l'orographie générale par cette intéressante disposition.
Dans le Salvador, comme la chaîne centrale est reléguée dans le Honduras à son maximum d'éloignement de la mer, et n'est représentée que par des massifs d'une médiocre élévation, la pente primitive du versant est régulière et faible, ("est ce que l'on peut observer dans les régions du S. K. où se développe le bassin du Rio de Goascoran, qui forme quelque temps la limite entre le Honduras et le Salvador, avant de se jeter au fond de la grande baie de Fonseca. G'est ce qui existe encore dans les pays doucement inclinés que fertilise le Hio de San Miguel; mais, dès que l'on dépasse San Miguel à l'O., l'état des choses se modifie. dus.i™A,r. On voit s'étabh'r alors une surélévation du sol, correspondant à une ride d,. Rk. L.™»*. montagneuse continue; elle se développe à une quarantaine de kilomètres du ri-
(Juine
vage, comprenant une succession de petits plateaux plus ou inoins étendus, et laissant au N. une vallée très-large mais peu profonde , presque un immense plateau à légères pentes synclinales, comprise entre elle et les premiers contreforts des montagnes du Honduras. C'est le bassin du Rio Lempa , qui y coule doucement, presque parallèlement au rivage de l'océan Pacifique, sur une longueur de plus de 100 kilomètres, et auquel se rattache tout un système de petites vallées transversales régulièrement distribuées au nord et au sud. La ride montagneuse commence au volcan de San Miguel , qui se détache brusquement des plaines environnantes et s'élève jusqu'à 9,100 mètres. Elle devient alors continue, se maintient, aux environs de Chinameca, à des hauteurs de 700 ou 800 mètres, puis se coupe brusquement à la Barra, non loin de San Vicente, pour laisser passer, presque au niveau de la mer, la vallée du Rio Lempa. Elle reprend presque immédiatement, se soutient à des hauteurs de 800 mètres environ, sans parler du volcan de San Vicente qui la domine, atteint 891 mètres à Cojutepeque, s'abaisse à GO7 mètres à San Salvador, pour se relever encore au plateau de Santa Tecla (oo3 métros), d'où le brusque ressaut du Guarumal, semblable à une vaste marche d'escalier, conduit aux plaines un peu plus basses de Guaimoco (073 mètres) et des environs de Sonsonate. La chaîne se relève ensuite définitivement pour atteindre i,/i8o mètres à la Cumbre d'Apaneca, après laquelle elle meurt tout à coup, un peu avant d'atteindre le bassin du Rio Paz.
Ainsi que nous l'avons dit, au nord de cette espèce d'axe anticlinal secondaire se développe le bassin que parcourt le Rio Lempa ; du côté du sud on voit une pente assez courte, d'abord brusque, puis se reliant progressivement au rivage; elle est sillonnée de ravins séjwrés par de petits contre-forts transversaux et parcourus par des ruisseaux torrentiels. Le rivage lui-même est, le plus souvent, terminé par une petite falaise et ne présente que rarement des plages de sable où puissent se former les lagunes saumàtres dites esteros.
Le bassin du Rio Paz, qui forme la limite entre le Salvador et le Guatemala, b«*« inaugure un nouvel ordre de choses. Il correspond à une région excessivement irhiiunuU) tourmentée qui constitue le sud du département de Ghiquimula et joue à peu près, sur le versant du Pacifique, le même rôle que le nord de ce département sur le versant de l'Atlantique. De nombreuses chaînes de montagnes s'entrecroisent
lu nmiwinl.i.
■Un» IrliiulnnaU.
dans loii> les sens, sans qu'il soil possible de définir nettement leurs allures, el impriment au régime des eaux un trouble profond dont on retrouve la (rare dans la grande lagune de Guija, qui possède à elle seule tout son petit système orographique.
Mais bientôt la régularité reprend le dessus, sauf dans certains ras particuliers, et l'on voit une innombrable quantité de vallées plus ou moins profondes, nettement séparées par de petits contre-forts qui divergent de la chaîne centrale, descendre parallèlement vers le Pacifique, où elles viennent tomber normalement. Plus on avance vers le nord, plus, l'arête principale se rapprochant de la mer, les vallées deviennent abruptes et profondes; mais partout elles commencent par tomber brusquement pour se raccorder ensuite doucement aux basses plaines qui vont mourir dans la mer. Ces plaines basses, composées presque uniquement de sables et de dunes, donnent fréquemment lieu à la production d esteros, lagunes saumalrcs formées par l'accumulation des eaux aux barres des rivières et découpant plus ou moins profondément la côte en dedans de la première ligne de sables qui constitue la plage.
Nous avons dit que, dans le Guatemala, les cimes volcaniques, qui, au Salvador, correspondent à un surélèvement continu du sol, ne sont plus que des cônes isolés et sans relations orographiques entre eux. Ce sont alors d'immenses pics dépassant tous a,5oo mètres de hauteur, et dont quelques-uns atteignent même jusqu'à 4,000 mètres, placés en quelque sorte à cheval sur les premières pentes du versant, avec une tendance remarquable à se disposer de plus en plus haut à mesure que l'on marrhe vers le nord-ouest. Ainsi, par exemple, le groupe des grands cônes des volcans de Pacaya, de Agua et de Fucgo,qui s'élèxenl respectivement à M,ô5o, 3 , 7 o 3 et 4,oo t mètres, est placé à peu près aux deux tiers de la distance, entre la mer el la ligne des crêtes; vers le sud, leurs pentes indéfiniment prolongées vont se raccorder progressivement, en dessinant des courbes d'une admirable régularité, aux plaines doucement inclinées qui des altitudes de 3oo mètres environ vont mourir dans l'Océan, tandis qu'au nord les cônes brusquement interrompus se perdent à t,5oo mètres de hauteur au milieu des massifs montagneux qui entourent Guatemala. Au contraire, le volcan de Quezallenango, el plus encore les volcans de Tajomulco et de Tacana, presque semblables à des
DANS LES RÉPUBLIQUES DE Gl ATEMALA ET DE SALVVDOR. <J5
âmes faisant partie de la grande arèle, appartiennent par leur flanc nord à la région des hauts plateaux, tandis que leur flanc sud se confond, jusqu'à un certain point, avec quelques-uns des contre-forts qui séparent, à leur naissance, les torrents tributaires du Pacifique. La position de ces sommités volcaniques présente quelquefois d'autres particularités qui méritent d'attirer l'attention. Leur formation ayant été postérieure, ce n'est pas ici le cas de le démontrer, à la {fraude disposition orographique de la contrée, il est arrivé, dans certains cas, qu'ils sont venus se placer précisément sur le parcours des vallées préexistantes. Ils les ont alors barrées d'une façon plus ou moins complète et déterminé ainsi la formation de lacs. Quelques-uns des lacs du Guatemala sont dans ce cas, et nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous aurons à les étudier spécialement.
IÎÏPSOMKTRIK.
Pour compléter et résumer cette étude d'orographie nous placerons ici un tableau contenant les principales hauteurs que nous avons eu occasion de déterminer au Guatemala et au Salvador. Elles sont déduites, par le calcul, de l'observation du baromètre, et la coïncidence de quelques-unes d'entre elles avec dt-s chiffres obtenus pas d'autres voyageurs dans des études antérieures peut servir de garantie qu'elles sont, en général, fort rapprochées de la vérité. Nous conserverons dans ce tableau la classification que nous avons admise dans la discussion, en répartissaut les hauteurs sur la chaîne principale et sur chacun des versants, et en les groupant de plus suivant les itinéraires les plus habituels.
VOYAGE GÉOLOGIQl E
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au sud i,3 tu
Cerni Ouemado ou Volcan de
Qoetaltanangc. 3, 109
Volcan d* Santa Mari» .. . ... 3.5cm.
uca.
Urd-AUtlan i,55R
Uc d'Aniatitlan ,,.87
Lac de la Caldera au tolcan de
Pataya i.Xso
La* tria (Dueilw) .. I.lt*
Lac de Sa,. CmtoUal l.ilS
riumr ne nartorr..
ColdePinola 1,909
Fray Jane» 1.678
Lac de Lu Pino» ç/ui
Cote de RerlH>rena t ,1 1 3
Cuajinicpailapa 868
Cerro redoodo î.oBo
Lus Laclaros 739
El Oratorio rjAn
Jaipatagu» . . 577
Rio Pai ,75
m ollTUaU 40 racino«i-
Mana,
Guatemala 1,5.8
Rio de Villnlobua.
Col de Ramenas 1.178
La Antigua t,5a6
San Juan del Obiipo. 1,610
Lac t ria. i.AAA
CaprtiHos 1,39a
AMenaug» i.ioo
El Cul» i.n.o
Ciud.dVie]. ..;,7o
Amotitlan 1,1 8.j
Polin i.M
San Pedro Martyr M
hVuintla Ait
San José de Guatemala 1
u solols at riuriocr
.S.uLuc«.(U«dAl.llairi ..55K
San Agutlin 610
Ranchn* de Llboya 303