‹ Mission scientifique au Mexique et dans l'Amerique CentraleChapitre 10 sur 89 · PLI · texte numérisé non relu

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U est facile, après tout ce qui vient d'être dit, d'établir la direction de la ln m Ligne principale de partage des eaux entre l'océan Pacifique et l'océan Atlantique, car elle coïncide éfmâ!. presque exactement avec la ligne principale «les crêtes, et, pour ne pas nous répéter, nous pouvons renvoyer à l'un îles paragraphes précédents. Qu'il suffise

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98 VOYAGE GEOLOGIQUE

de rappeler quelle existe dans les montagnes qui dominent immédiatement Tolonikapam, passe à coté de Tecpan Guatemala, se place dans la plaine de Guatemala presque exactement dans la même position que cette ville, suit les hautes crèlcs de Jalapa et d'Alotepeque, et va se perdre enfin dans les hautes montagnes du Honduras.

i n Sur le versant de l'Atlantique il existe une répartition secondaire des eaux l'orl

^lUp ^«.Uir,- importante. En effet, les unes vont dans le (jolie de Honduras avec deux fleuves principaux, le Motafjua et le Poloehic, tandis que les antres gagnent le (jolie du Mexique avec toutes les grandes rivières, le Ghisoy, le Rio de la l'asion, etc., qui se réunissent pour former le fleuve Isumacinta. Malgré cela, la ligne de partage des eaux ne suit nettement la direction dam une des importantes chaînes de montagnes qui accidentent celte région; on ne peut la définir d une façon absolue, el ce n'est, eu quelque sorte, qu'une ligne idéale sautant de l'une à l'autre de ces chaînes parallèles dont nous avons déjà parlé, et affectant, pour ainsi dire, l'allure brisée d'une série de Z superposés. Ainsi nous la voyons commencer près de Santa Gruz de| Quiche* et marcher d'abord longtemps de l'ouest à l'est, laissant au sud tout ce qui se jette dans le Rio Grande, et au nord tout ce qui va au Rio Ghisoy par les rios Negro, de Rabinal et de Salatua. Non loin de Salania . elle se détourne brusquement et court au nord-ouest jusque vers San Crislohal.par les chaînes du Palalet de Tactic, pour s'infléchir encore toul à coup et s'enfoncer dans le uord-esl jusqu'à des distances considérables, en séparant les eaux qui vont au Rio de Gajabou et celles qui gagnent les nombreux affluents du Rio de la l'asion. Plus au non! encore, quoique les choses soient peu connues, il est évident qu'il va un nouveau retour pour isoler le bassin du Rit) de Reli/e. UgMik |»irtar Du roté du Pacifique, quoiqu'il n'y ail pas, à proprement parler, de répartition ■Mri!** secondaire, il se pisse, pour le Rio Lempa, un lait si remarquable, qu'il faut en faire une mention toute spéciale. Le bassin île ce fleuve est isolé de la manière la plus complète par la ride montagneuse qui court parallèlement à la chaîne principale el à la mer, depuis Izalco jusqu'à San Miguel, et laisse les eaux s'écouler vers le Pacifique par l'étroite et profonde coupure de la Rarca. Gelte chaîne esl presque une ligne de partage des eaux secondaire, car elle ne laisse au sud, pour aller se jeter directement dans l'océan, que des cours d'eau infiniment petits.

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presque «les ruisseaux, parmi lesquels il faut citer les innombrables filets d'eau rlaire et pure qui sillonnent les environs de Sonsonate , <r la ville aux mille sources, " d'après son étymologie indienne. Au nord, d'autres petites rivières courent dans un sens opposé , comme si elles voulaient gagner l'Atlantique , mais elles rencontrent tout à coup le Lempa, qui reçoit en même temps d'autres cours d'eau descendue des montagnes du Honduras. Le fleuve ainsi confiné dans ce vaste bassin particulier, nettement défini, coule longtemps parallèlement à la mer, puis se détourne brusquement pour traverser les montagnes et atteindre le Pacifique.

Les autres lignes de partage des eaux, que l'on pourrait presque appeler ter- LiSn~ * •p.rt^

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taures, n'ont pas grande importance sur le versant du Pacifique; ce ne sont guère NU> „.rtiHjlw. cpie des rides transversales, qui divergent de la chaîne centrale et courent parallèlement vers la mer en isolant les petits bassins des torrents qui se précipitent sur ces pentes abruptes. Du côté de l'Atlantique, au Honduras, les grandes rivières, comme le Chamelieon et l'Hua, qui reçoit trois affluents importants, le Santiago, le Santa Barbara et le Humaya, sont nettement séparées par de grandes chaînes de montagnes, qui, très-importantes an point de vue orographique, ne le sont pas autant comme lignes de partage des eaux. Au Guatemala, les fleuves qui vont se jeter dans le golfe de Honduras ont aussi des lwssins bien isolés; ainsi le Motagua est nettement séparé du Polocbic par les montagnes qui vont de Santo Thomas à Izabal, puis par la grande chaîne du Mico qui court jusque près de Salama; et le Polocbic lui-même est nettement séparé de son affluent, le Rio de Cajabou, par la forte ride qui commence près de Santa Cruz, entre Tactk et Coban.

KTIOE l)t COURS DES PRIXCIPALES RIVIÈRES.

Il est difficile de dire quelque chose de parfaitement précis sur les rivières de l'Amérique cent raie, car elles présentent toutes des différences considérables , suivant qu'on les observe pendant la saison sèche ou la saison des pluies; et tel cours d'eau cpie l'on franchira facilement à gué, sans que l'eau dépasse les genoux des chevaux , au mois de février, deviendra, au mois de septembre, une effrayante masse d'eau, impossible à traverser sans appareils spéciaux , et entraînant tout sur sou passage. Nous allons néanmoins développer les quelques observations que nous avons pu recueillir.

Du côté du Pacifique il n'y a guère, sauf le Hio Lcmpa. de fleuves très-importants.

m» Le Rio Goascoran, qui forme, sur une partie de son cours, la limite entre le Honduras et le Salvador, atteint une longueur totale d'environ 110 kilomètres. C'est une grande rivière pendant la saison des pluies, mais, pendant la saison sèche, on peut presque partout la passer à gué; peut-être y aurait-il moyen de

la rendre navigable jusqu'à quelques kilomètres au-dessus de son bou-

chure.

.1. s«i, Mi(!.iei Le Rio de San Miguel est à peine plus important (pie le précédent, quoique son cours soit peut-être un peu plus étendu. Près de la ville qui lui donne son nom il n'a guère plus d'une quinzaine de mètres de largeur et environ un mètre de profondeur en saison sèche; mais, eu saison des pluies, il roule un volume d'eau plus considérable, et l'on a été dans la nécessité de construire plusieurs ponts pour assurer le passage en tous temps. Les régions qu'il traverse et fertilise étant relativement peu inclinées, son cours est naturellement |k«u précipité. Hio Uap. Le Rio Lempa est un fleuve remarquable à tous les points de vue; il est navigable sur une partie de son cours, et semble appelé à devenir un jour un sérieux élément de civilisation pour la république de Salvador. Il court au sud-est, parallèlement à la côte, sur plus de 180 kilomètres, puis, tournant brusquement au sud. il suit cette nouvelle direction sur près de go kilomètres, et va se jeter dans le Pacifique en un point dont les éléments seraient, d'après M. de Gueydon, latitude i3° 12' 3o' N. et longitude 91" 1' 0.

Il reçoit un grand nombre d'affluents plus ou moins importants, dont un, en particulier, sert de déversoir au grand lac de Guija.

Le volume d'eau qu'il roule esl considérable en toute saison : à la Barra, à environ 5o kilomètres au-dessus de son embouchure, c'est un fleuve magnifique, large de près de uoo mètres; après six mois de sécheresse, en avril, il présente encore, au milieu, une profondeur de 3 mètres à 3",5o, profondeur qui augmente considérablement et atteint 8 à 9 mètres en saison des pluies. Des sondages ont été exécutés par le gouvernement de Salvador, un peu au-dessus de la Barca. en 1 H 5 12 , probablement dans les premiers mois de la saison sèche. Le fleuve, resserré entre de hautes falaises, ne présente que i3o mètres de largeur en ce

point, et les profondeurs mesurée» de 10 en lo mètres sont respectivement, en partant de la rive gauche :

A près de 900 kilomètres au-dessus de son embouchure, près de Snchitoto, le Lempa atteint, au mois de juillet, une largeur de près de 1 -io mètres, avec une profondeur supérieure à 1 mètre et une grande rapidité (Squiers); mais plus bas, le courant ne dépasse pas 100 mètres par minute en saison des pluies, et n'atteint de bien loin pas ce chiiïre en saison sèche. Le fleuve est parcouru jusqu'à une assez grande hauteur par des bateaux plats, mais, pour que les navires pussent y pénétrer, il serait essentiel de corriger sa barre, qui n'a guère que 9 mètres d'eau en moyenne.

Le Rio Paz. qui forme, sur une partie de son cours, la frontière entre le Gua- ni» p», teinala et le Salvador, est bien moins important. A une vingtaine de kilomètres au-dessus de son embouchure il n'a guère que a 5 à 3o mètres de largeur, avec une profondeur de om,7.rj à 1 mètre en saison sèche; mais, en saison des pluies, il devient très-diflicile à franchir à gué. Son courant est considérable et doit même être coupé de cascades et de rapides, car. au point qui vient d'être mentionné, on est encore à près de 3oo mètres au-dessus du niveau de la mer.

Les autres cours d'eau que l'on rencontre, en marchant vers le nord, méritent ni" Mirim»».. à peine d'être mentionnés; citons encore néanmoins la Mirluiloya, qui commence presque à Guatemala même sous le nom de Rio (h Villalobox, forme le lac d'Amatitlan, devient un torrent fougueux qui se précipite en volumineuses cascades près d'Escuintla, rachetant un millier de mètres en quelques kilomètres, et va se perdre enfin dans les plaines basses et sablonneuses, où elle forme de nombreux *esterosi avant de se jeter dans la mer. Cette partie de la rivière, complètement abandonnée aujourd'hui par la navigation, ne fut pas toujours négligée pourtant, car là se trouvait autrefois le port dïslapa, et il est constant qu'à l'époque de la domination espagnole on construisit en dedans de la barre des navires d'un assez fort tonnage.

Le grand développement du versant de l'Atlantique permet l'existence de fleuves considérables; mais ils sont malheureusement peu connus, et surtout peu

utilisés par la navigation, grâce, en grande partie, à l'insalubrité des régions liasses qu'ils traversent avant de se jeter dans la mer. h» Ormi* Le MoUiguu ou Rio Grande est un beau fleuve dont le cours entier embrasse ™ - un espace d'au moins '100 ou 5oo kilomètres. A La Canoa, à peine à 100 kilomètres au delà de sa source, c'est un cours d'eau encaissé dans une profonde vallée et large déjà de 70 mètres environ; sa profondeur ne dépasse guère un mètre en saison sècbe, mais, en temps des pluies, elle augmente considérablement. Quoique ce point ne soit qu'à /i(if> mètres au-dessus du niveau de la mer, le courant est assez considérable et atteint 1 1 o mèlres à la minute. Il augmente encore un peu plus bas, mais dans un endroit où la largeur n'est que d'une trentaine «le mètres et la profondeur faible; il diminue, au contraire, jusqu'à Ito mèlres par minute, au Paso de los Ranchos, où la largeur est à peu près de 100 mètre*. Au Jicaro. à 17O mètres au-dessus de la mer, le Motagua est très-large et peu profond, avec un courant de Ho mètres à la minute. \tm loin de là, à i3o mètres au-dessus de la mer, il reçoit un affluent important, le Rio de Zacapa, large de Go mètres, avec une profondeur de am,5o et un courant de 80 mètres par minute. Le volume de ses eaux en est considérablement augmenté, et, quoique à Gualan, grâce à sa profondeur et à la rapidité de son courant (îao mètres par minute), il n'ait que 4o mètres de largeur, il se développe bientôt davantage et atteint, à Barbasco. une largeur qui peut aller jusqu'à 3oo mètres, avec une profondeur de 6 à 1 o mètres et un courant de 1 1 5 mètres à la minute. Celte rapidité doit diminuer en même temps que la quantité d'eau augmente, à mesure «pie l'on se rapproche de la mer. car la pnle n'est plus que faible, et il est probable que ce fleuve sérail aisément navigable, sinon jusqu'à Barbasco même, du moins assez loin dans l'intérieur des terres.

11» iMocim. Qooique le Polochk n'ait pas un cours aussi considérable, c'est néanmoins un fleuve d'une grande importance pour le développement commercial des provinces centrales du Guatemala. La branche la plus puissante dr*s haules iwrlies est le Bi<> de <l;i jaboti : à une soixantaine de kilomètres de sa source, à San Pedro Cardia, c'est déjà une rivière large d'une vingtaine de mètres, et assez profonde pour qu'on ait dû v construire «les pouls <rl «pie les Imliens indigènes y fassent naviguer «le pî-lits canots; mais le cours est interrompu un peu plus bas par «l«-s cascades et

des rapides. Ce n'est qu'à Teleman, au point où se réunissent le Rio de Gajahon el le Poiochic proprement dit, que ce fleuve large et profond devient aisément navigable pour d'assez gros bateaux. Son courant, déjà assez faible, car il ne dépasse pas a5 mètres à la minute, diminue encore et atteint à peine 20 mètres au moment où le fleuve, large d'une centaine de mètres et profond de 5 à 9 mètres, se jette dans le Golfo Dulce, non loin d'Izabal. Le Golfo Dulce est une sorte de \asle estuaire, presque un lac, car on l'appelle quelquefois aussi Laguna de Izabal. Il est à peine élevé au-dessus du niveau de la mer, et communique avec elle par un canal étroit et profond, presque sans courant, qui présente un élargissement dit «golfete,« où la profondeur est de 7 mètres en moyenne. La profondeur du Golfo Dulce est de 12 mètres en général; aussi pourrait -il facilement, après rectification de la barre, recevoir des navires d'un plus fort tonnage que les goélettes qui établissent la communication entre les ports dïzabal et de Belize.

Le fleuve le plus important de l'Amérique centrale est sans contredit ÏUsumu- i««ii«..i-.i..N t inta, qui se jette dans la Laguna de Terminos, et que de gros bateaux peuvent remonter jusque fort loin. Il se forme par la réunion de plusieurs volumes fl éau considérables, fournis principalement par le ltio de San Pedro, le Rio de la Pasion el le Rio Ghisoy. Les deux premiers parcourent les solitudes du Pcten et ne sont guère connus que de nom ; le dernier prend naissance dans la province un peu moins sauvage des Altos. Il se forme près de Zacapulas, par la réunion des rios Ncgro et Rlanco, cours d'eau impétueux el mal réglés, et descend lui-même de 600 mètres en moins de 80 kilomètres, roulant avec fureur au fond d'une immense vallée ses eaux larges et profondes, qui font pressentir un grand fleuve.

ncs.

Il existe dans l'Amérique centrale, outre un nombre considérable de lacs <>»i,-.,~ .... ordinaires, une certaine quantité de cratères-lacs. Ces derniers sont généralement fort petits, mais souvent assez profonds, quoiqu'il ne faille point ajouter foi aux traditions populaires qui les donnent comme insondables. Presque toujours assez exactement circulaires, ils n'ont aucun déversoir apparent, ne moi\ent pas de ruisseaux, el ne doivent être considérés que comme des accumulations d'eaux pluviales retenues dans des cratères éteints par une sorte de ciment , produit de la

décomposition (las niches volcaniques alumineuses. Assez fréquemment aussi leurs eaux sonl imprégnées de nialières minérales, soit préexistantes, soit dues à la présence de sources thermo-minérales qui naissent dans le voisinage. Tels sont, au Salvador, les cratères-lacs de Tecapa et de San Salvador, situés au sommet de hautes montagnes; la Hoya de Cuscatlan, qui s'ouvre brusquement à une centaine de mètres en contre-bas du sol environnant; peut-être même le lac de Cualcpeque, non loin d'Izalco, derrière le volcan de ce nom. Telle est, au Guatemala, la lagune de la Caldera, établie dans un ancien cratère au pied du volcan de Pacaya; tel était encore le lac formé dans le cratère éteint du volcan de Agua, dont les digues rompues tout à coup par un tremblement «le terre amenèrent la terrible inondation qui détruisit Giudad Vieja, et dont l'histoire a conservé le souvenir.

Ur.oniinair». Mais ce ne sont lu que des exceptions, et presque toujours les lacs d'une certaine importance sont simplement établis dans des replis montagneux, ainsi qu'il arrive dans toutes les régions fortement tourmentées. Le plus considérable de tons, mais aussi le moins connu, est probablement le lac de Yojoa, au Honduras, qui déverse ses eaux dans l'Atlantique par le Rio Blanco, affluent de l'Hua. Le Salvador possède aussi, outre les petites lagunes de Camalotal, de Zapotitlan, etc., deux masses d'eau d'une grande importance, les lacs d'Ilopango et de Guija.

i * d iiof*fitï»- Le lac d'llo[>ango put avoir 'Jto kilomètres de longueur sur 8 ou 9 dans sa plus grande largeur; sa forme est irrégulière, et il présente quelques îlots dans sa région sud. Il s'ouvre à 3oo ou '100 mètres en contre-bas des plateaux environnants, au milieu d'une région fort accidentée. Ses eaux sont très-profondes, douces, poissonneuses, et s'échappent par un ravin étroit et fort encaissé qui communique avec le Rio de Jiboa. Malgré l'opinion assez généralement établie, et admise par M. Squiers, il ne nous semble pas qu'on doive le considérer comme remplissant un gigantesque cratère d'effondrement, et, si l'on veut que la puissance volcanique ail joué un rôle dans sa formation, ce ne peut être qu'accessoirement et de la manière que nous aurons à définir à propos des lacs d'Amatitlan et d'Alitlan.

UedeCiMjt. Le lac de Guija est situé sur la frontière du Guatemala et du Salvador, entre 910 46' 3o' et 91° 5l' 60' de longitude ouest. Sa plus grande longueur peut être

de a 5 kilomètres, et sa plus grande largeur de to à 12; mais sa forme est trèsirrégulièrc. Il est entoure" d'un système d'assez hautes montagnes, reçoit un grand nombre d'affluents , quelques-uns d'une certaine importance, et se décharge lui-même dans le Rio Lempa, dont il peut être considéré, jusqu'à un certain point, comme une des sources principales.

Au Guatemala, nous. ne citerons que pour mémoire le lac d'Ayarces, à peu près inconnu, ainsi que les grandes étendues d'eau du Pelen, et les petits lacs pittoresques mais insignifiants d'Uria près de la Antigua, de San (îristobal près de Coban, etc., niais nous nous arrêterons un peu plus aux lacs d'Atitlan et d Amatitlan, situés l'un et l'autre à des altitudes considérables, non loin de la chaîne centrale, mais sur le versant du Pacifique.

Le lac d'Amatitlan est à 1,1 85 mètres environ au-dessus du niveau delà mer; Utttmtiii». borné au nord par d'assez abruptes falaises, il atteint, de ce côté, une profondeur plus considérable que vers le sud, où ses bords se raccordent progressivement aux dernières pentes du massif du volcan de Pacaya. Il peut avoir de i5 à 16 kilomètres dans sa plus grande longueur et de 5 à 6 en largeur. Ses eaux seraient parfaitement douces et potables, si elles ne devaient une salure accidentelle à la présence de quelques sources thermo-minérales qui jaillissent en différents points de ses bords. Il reçoit au nord le Rio de Villalobos, se déverse au sud par la Michatova et ne doit évidemment son existence qu'à une interruption des eaux de cette rivière prcMluite dans les circonstances suivantes. Il est probable que le Rio de Villalobos descendait autrefois directement à la mer par une vallée régulièrement transversale à la chaîne principale; mais, lorsque vinrent à se produire les phénomènes volcaniques qui caractérisent ces régions d'une manière si remarquable, la formation des volcans de Pacaya et d'Agua, coïncidant avir une surélévation du sol, interrompit le cours des eaux et en détermina l'accumulation en un lac plus vaste et plus profond que le lac d'Amatitlan actuel, et dont on voit encore nettement les traces anciennes jusque près de Palin. Mais peu à peu les eaux, entamant leur barrage, creusèrent dans les derniers contre-forts du Pacaya la gorge profonde par laquelle se précipite la Michatova, qui peut-être, avec le cours des siècles, finira par ronger entièrement l'obstacle et à gagner un niveau tel que le lac d'Amatitlan n'existera plus qu'à l'état de souvenir.

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Uc €UM>m, Le lac d'Alitlan maintient ses eaux à t,558 mètres au-dessus «le celles du Pacifique; sa plus grande longueur est d'une vingtaine de kilomètres, et sa plus grande largeur d'une quinzaine, la forme étant irrégulièrement circulaire. Borné au nord par les hautes falaises de Solola, au sud par les pentes mourantes du volcan <T Millau , il a partout une profondeur considérable et qui n'a jamais été estimée, même approximativement. Ses eaux sont parfaitement douars et imtables. et alimentent à elles seules plusieurs villages placés sur ses bords. Il reçoit au nord les rios de Solola (ou Iboy) el de Panajacbel, et il n'y a |>as à douter que ces rivières ne fussent autrefois des allluents des rios de Cutzan el de Sauta Barbara, qui vont, eux, te jeter directement dans le Pacifique. Mais le soulèvement des volcans de San Pedro et d'Atitlan vint barrer leur coure et forcer taire eaux à s'accumuler pour former le beau lac d'Alitlan. Il est à remarquer que, quoique le niveau du lac soit constant et qu'il reçoive de grandes masses d'eau, il n'a pas d'écoulement visible; mais, si l'on examine les choses de plus près, on verra que les eaux doivent filtrer en partie à travers les massifs de déjections volcaniques qui les retiennent, et aller former, à quelques kilomètres plus au sud et à quelques centaines de mètres plus bas, une partie des petits ruisseaux qui vont se jHer dans les rivières citées ci-dessus.

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