‹ Mission scientifique du Cap Horn, 18821883Chapitre 100 sur 161 · FACULTÉS INTELLECTUELLES · texte numérisé non relu

FACULTÉS INTELLECTUELLES

Si nous devions nous borner à présenter une dcliniliou des facultés intellectuelles chez les Fuégiens, nous pourrions dire qu'elles sont peu développées, ne s'appliquent pas à améliorer les conditions d'existence et paraissent incapables de perfectionnement. Mais, si l'on s'en tenait à ces simples affirmations, on n'aurait pas une idée exacte de l'intelligence des Fuégiens, et nous allons entrer dans quelques détails, en examinant les principales facultés intellectuelles.

a. Attention.

Les Fuégiens se lassent très rapidement d'appliquer leur attention sur un sujet déterminé; par exemple, quand on les interroge sur leur langue, ils ne peuvent pas donner plus d'une vingtaine de mots exacts; ensuite, ils répondent au hasard, par suite de fatigue cérébrale et non par mauvaise volonté.

Ils sont susceptibles, il est vrai, de poursuivre longtemps un travail d'adresse, tel que la confection des entaillures régulières d'une pointe de harpon, la fabrication de paniers en jonc artistement tressés;

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mais, dans ces cas, ce qui est en jeu. c'est l'application résultant uY l'habitude et d'une certaine dose de patience. Outre qu'elle s'éteint rapidement, l'attention est difficile à éveiller en dehors de l'excitation de l'un des sens; au contraire, la vue d'un objet nouveau attire facilement l'attention.

I>. Observation.

Les Fuégiens sont de bons observateurs pour tous les phénomènes naturels : force et direction du vent, courants et marées, particularités de la végétation, mœurs des animaux. Ils observent bien également tout ce qu'ils voient, et cela sans en avoir l'air, sans paraître y prendre garde. Par exemple, tout Fuégicn qui nous avait accompagné dans une excursion était capable, au retour, de répéter fidèlement tout ce quittons avions fait, tout ce que nous avions examiné, et. pour peu qu'on l'en priât, il reproduisait avec une étonnante précision nos attitudes et nos actes, observés par lui, bien a notre insu, pendant qu'il était avec nous.

Pour Inut ce <] il i est nouveau, cette faculté d'observation parait cependant bien superficielle, en ce sens du moins que les Fuégiens no cherchent jamais à se rendre compte des mobiles des actes ou de la nature des faits observés par eux.

«. Imitation.

La faculté d'imitation résulte des aptitudes à l'observation que nous avons signalées. On sait que les Fuégiens soûl des mimes excellents, quand il s'agit d'imiter des gestes, des jeux de physionomie. Ils mettent quelquefois à profit cette disposition naturelle, pour se distraire entre eux en donnant plus de couleur à leurs récils, ("est ainsi, par exemple, qu'ils imitent l'attitude et les cris des animaux. Leur tendance à imiter les gestes qu'ils voient accomplir par les étrangers, et à reproduire les mots ou même les phrases, parait tenir à ce qu'ils n'ont pas de moyens de répondre aux questions qu'on leur pose; elle peut provenir aussi «l'un sentiment de ruse cl de défiance qui les pousse à éviter de donner les renseignements qu'on leur demande. Fntre eux. ils n'ont pas plus

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