‹ Mission scientifique du Cap Horn, 18821883Chapitre 12 sur 161 · III. - PROVENANCE DES YAHGAN · texte numérisé non relu

III. - PROVENANCE DES YAHGAN

Laissant de coté les Alakalouf, sur lesquels nous ne possédons pas de renseignements suflisanls pour les citer autrement qu'à titre de simples documents, nous pouvons dès maintenant nous demander d'où viennent les Yahgan. Ils n'ont aucune histoire, à moins qu'on ne veuille appeler de ce nom la transformation qu'ils ont subie depuis quelques années, spécialement dans le caual du Beagle, sous l'influence de la mission anglaise. Nous examinerons cette action dans un article spécial, mais il est évident qu'elle ne peut nous éclairer sur les origines de ces êtres que Darwin plaçait au dernier échelon de l'humanité et qu'il ne croyait pas perfectibles.

M. Bridges (Mémoire inédit) pense qu'il n'y a jamais eu aucun indigène dans l'archipel du cap Ilorn avant ceux qui l'habitent maintenant ; il n'y a chez eux aucune tradition d'une race antérieure, ni rien qui rappelle une telle race dans les noms des localités, qui appartiennent tous, d'une manière très évidente, à des mots purement yahgan dans le territoire occupé par cette peuplade : c'est là une preuve que les Yahgan seuls ont toujours habité l'archipel du cap llorn.

Une élude comparée de leurs caractères démontrera, nous le pen-

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sons, que l'on doit avoir de fortes présomptions pour les rattaeher à une r:iee qui a peuplé originairement toute l'Amérique du Sud. qui a disparu aujourd'hui el dont on a trouvé les ossements soit au Brésil, soit en Palagonie; sauf les Fuégiens, les Holoeudos du Brésil et quelques tribus de l'Amazone sont peut-être les seuls représentants de ce qu'il reste actuellement de cette race. Les Yaligan présentent, dans la même peuplade, plusieurs variétés, et ce caractère a immédiatement frappé M. de Q uat retapes dès qu'il a jeté les veux sur les photographies que nous avons rapportées. .Mais ces variétés, ces différences, très marquées quelquefois extérieurement, ne vont pas jusqu'à les faire distinguer anatomiquement les uns desautres. Au contraire, les particularités ostéologiqucs sont nettement accusées dans un même sens el permettent de reconnaître à première vue un crâne fuégieii.

Mais ce n'est laque notre opinion personnelle, et nous admettons volontiers qu'elle n'est basée que sur des faits peu nombreux et parfois contestables. Malheureusement, les preuves tirées de l'histoire des peuplades américaines font absolument défaut, et nous sommes obligés d'attendre des découvertes nouvelles pour pouvoir élucider définitivement la question.

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