MISSION DC CAI» HOUX
Vous pouvez guérir : Çamamùtmanaana.
Je mVpile : Anoukouçidê.
J'ai l'habitude de m'épiler : Anno aién manitottçiott. Il » l'habitude de s'cpiler : Anno kandjima manitouçiou. Ne bougez pas : Paf tamoulouara.
Restez tranquille : Motttounuana taouina .
Je vous promets : Nan skaya takou ; littéralement : plus lard — à vous — donner.
Asseyez-vous derrière moi : Aouchpan loumoulotta. Je le connais : llamaniteghidé kandjima.
Pour les chagrins d'amour, les Fuégiens n'ont que des larmes et pas un seul chant : Indian ar/ionna tapan, paf ouc/ipalarnpi lapnliçana ; littéralement : les Indiens (c'est ainsi que souvent les Fuégiens se désignent en parlant aux étrangers) pleurent seulement, pas l'amour malheureux (ou l'adultère) ils chantent.
Les Fuégiens sucent la glace : indian akila mounpana.
La femme, seule, nage : Kipa tapan kouchoufh.
L'homme ne nage pas : Oua paf mouanara.
L'homme est vite étouffé (s'il essaye de nager) : Atèç kaya oua.
Nous comprenons bien : /pi mouch aïaouéta.
lia fait très mauvais temps cette nuit : Aïmarhougata tçaïf aouentçi lakaknum; littéralement : très mauvais ciel cette nuit.
Asseyez-vous là. dans le fond : Itakoun ça mataoïiiné ou moutaouina.
Je veux parler votre langue, la langue de votre pays : Aï kuurou çin ouei koutagouta.
Celte paille vient de votre pays : Aouan chouka çin ouçicndat. 11 n'y a plus d'eau : Çima apiçindé.
Donnez-moi cela à écouter (en parlant d'une montre, par exemple) : Oukayé çiouan toumara.
Je veux être piqué au doigt : Aï kouroti yach tounangouta ou kayanfiouta: phrase dite par les Fuégicns qui consentaient à donner une goutte de sang pour nos recherches d'hématimétrie.
Restez l;i : Çaottémanioua.
Montez là-dessus : Aouan ça téghilmani.
Tenez-vous debout sur un pied : Kaouéli kaoughia léghitmani.
Je désire avoir une loutre : Akoucfigayata ayapou.
Entrez, asseyez-vous : Matchouïna, matamalouïna.
Je me marie aujourd'hui : Aï tmtknu qnticntri maouela kipa.
En résumé, la langue yahgan est agglutinative et polysynthétique. comme toutes les langues américaines connues; les mots sont
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formés avec des racines modifiées par des affixcs et accolées l'une à l'autre sans interruption.
4. ALPHABET ADOPTÉ POUR LE LANGAGE TAHGAN PAR LES MISSIONNAIRES ANGLAIS.
Les Fuégiens ne connaissent aucune espèce d'écriture. Quelquefois, la vanité, ou une simple idée de mystification, leur fait dire qu'ils savent écrire à la manière de leur pays et ils se font forts de le prouver. A plusieurs reprises, nous mimes à l'épreuve un jeune garçon de la baie Orange, âgé de 18 à 20 ans, très intelligent, et qui passait toutes ses journées à la Mission française. Nous lui proposâmes d'abord d'écrire les noms des Fuégiens de notre connaissance, ce qu'il eut l'air de faire très sérieusement et avec beaucoup d'application, traçant une ligne plus ou moins sinueuse ou ondulée pour ebaque nom que l'on prononçait. .Mais, arrivé à la fin de la page, quand il s'est agi de relire une vingtaine de mots soi-disant écrits, il se trompait à ebaque ligne, et, découragé, bumilié, en venait à nous consulter avant d'articuler le nom qu'il était censé avoirécrit. D'autres essais du même genre eurent toujours un semblable résultat. Notre Fuégien cependant ne se tint pas pour battu; il dit qu'on choisissait toujours, pour les lui dicter, les noms les plus difficiles, et il demanda d'écrire ce qu'il voudrait, à sa fantaisie. Nous fîmes droit à sa requête: il s'installa dans un coin du laboratoire, sans qu'on parût s'occuper de lui, et. au bout de vingt minutes, il nous présentait une feuille de papier couverte do barbouillages qu'il traduisit aussitôt avec une parfaite assurance en mots ou en phrases de sa langue. Nous avons conservé ce spécimen, avec la transcription du prétendu sens écrite immédiatement à coté de chaque ligne. Kn apercevant cet assemblage de traits absolument informes, on n'est nullement surpris que, dès le lendemain, l'auteur fut incapable de déchiffrer son œuvre; il ne fit même pas le plus petit effort pour cela, et de ce moment ne parla plus d'écrire.
A Ouchouaya, M. Bridges a eu recours à un alphabet phonétique pour exprimer les sons yahgan; c'est avec ces caractères qu'il a cherché à enseigner l'écriture et la lecture aux jeunes Fuégiens recueil-
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lis à l'orphelinat de la Mission qu'il dirigeait. Nous ne croyons pas que ses eiïorts aient eu un très grand succès, en dehors de quelques cas exceptionnels; mais, comme il a public avec cet alphabet une traduction en yahgan de l'Évangile de saint Luc, il est intéressant de connaître les caractères qu'il a adoptés. Le Tableau ci-contre en donne la reproduction avec les sons correspondants en français, d'après les exemples que nous avons soumis à l'approbation de M. Bridges luimême, avant notre départ de la Terre de Feu.
Nous ne connaissons pas, d'une manière certaine, les principes suivis par M. Bridges pour la construction de son alphabet. Nous pensons toutefois qu'il a employé la méthode adoptée par ses prédécesseurs aux îles Falkland et sur laquelle nous avons trouvé des renseignements dans une lettre du K. G. -P. Despard, datée de Cranmer, W. Falklands, le 2 '3 janvier iSjç)(T/ie voiccof Pity for South America, Vol. VII, p. 49; 18G0). Dans ce document, M. G.-P. Despard annonce que, pour apprendre aux Fuégiens à lire, il se sert du Système phonétique <l'A. Ellis, d'après lequel chaque lettre a un son bien distinct et toujours le même. L'alphabet est constitué par des morceaux de bois séparés : le maître réunit tous les morceaux qui représentent les lettres du mot fuégien, tel qu'il se prononce, motqui signifie un objet désigné et qui est lu à haute voix par le missionnaire anglais. L'élève fuégien entend le mot en même temps qu'on lui montre sa reproduction écrite. Chaque syllabe de ce mot est ensuite prononcée à part, le mot est décomposé et l'élève doit le reformer; il n'y parvient pas sans doute du premier coup, sans tâtonnements et sans méprises, mais il a compris cependant le but du missionnaire et retenu le son de plusieurs lettres.
M. Despard ajoute qu'il a suivi ce système pour apprendre à lire, en anglais, à sa quatrième fille et qu'il a été étonné des progrès accomplis par cette méthode, en les comparant avec ceux des autres enfants instruits d'après les anciens procédés.
A cette lettre est annexé un spécimen, selon le système phonétique d'FJIis. de l'écriture d'un jeune Fuégien, neveu de Jemmy Button, et qui, huit mois auparavant, était un parlait sauvage. On reconnaît distinctement dans cette page lithographiéc une partie des signes adoptés par M. Bridges pour son alphabet.
LANGAGR. Xll
Outre les lettres, M. Bridges a employé les trois signes suivants :
~= ou, v = aï et ' — h aspiré. Ces signes ne s'appliquent qu'aux voyelles, par
exemple, < pour In, à pour aïa et y pour haou. Ils sont quelquefois combinés,
comme dans les mots suivants :
ua (hooua, cendres); ûà (ouohaïa, passage) cl uù (ouolioua, amadou).
Alphabet phonétique adopté pour le
Voyelle*.
a le son de a
dans pâte.
Aa jt'o,
malin.
tt ^
prière.
1 1 Sb
avis.
Go 0,
oh!
Oo 61
Iiotte.
UU T /ï
on
pour.
Uu U»
poutre.
A a ji,e.
peigne.
Ee
même.
Oî
langue d'oil.
aï
aïe!
Oo Oo
tôle.
Uu %«.
noté.
aou
caoutchouc.
eu
œufs.
l'our les voyelles, comme pour les consonnes, la première colonne représente les caractères employés dans l'impression (majuscules et minuscules); la deuxième colonne reproduit les caractères usités seulement pour récriture (majuscules et minuscules).
Pour les chiffres, M. Bridges a adopté les caractères arabes ordinaires.
M'mion <fu cap Hum, l. VII.
Yahgan par les missionnaires anglais.
Consonnes.
a le son de tch dans Tché-fou.
djinn.
Ss Sù
soir.
zone.
ch
chamois.
jamais.
It (t
ss
basse.
d i 3rf
Iz
Tzigane.
Ll $£4
lait.
Ll 3£
tlll
1 Alla* l*t nions Mlitm, 1 /A J.11HI
Nn JVX
nœud.
Nn 91 n
un
Honnir (« niual ).
Rr ârV
roc
Rr $r-
rch
parchemin.
Mm jf<t*n.
mai.
Do Kk
gong.
ch
ch allemand.
Ce %
c.Mé.
Tl Sfi
gras.
été.
Dd Md
deux.
pain.
Bb âS^
bois.
Ff
foie.
Vv 'tir
vent.