‹ Mission scientifique du Cap Horn, 18821883Chapitre 16 sur 161 · FLORE · texte numérisé non relu

FLORE

Des différences climatériques et géologiques que nous avons signalées résultent, on le devine, des variétés pour la Ilote des deux régions du cap Horn. Dans la partie Sud. la végétation s'arrête très bas. à 3oo m environ d'altitude. Elle se compose surtout, pour les espèces phanérogames, des Hêtres toujours verts : Fagus betuhides {Chouchi des indigènes), on à feuilles caduques : Fagus antarctica (IJanis des indigènes); d'une Magnoliacée: Drymis Winteri» feuilles persistantes, et comme arbustes. d'Épines- Vi nettes : flerbcris ilivi/olia et b. buxifolia; de Véroniques : Yeronicadecussata; de Groseillers sauvages : Ribcs magellanicum; d'Érieinées : Pernett ya mucronata ; de Fusains : M 'ay tenus ma gellanicus ; de Synantbérées : Chiliotrichum amcUoides, dite par les Anglais Aslerlike à cause de la l'orme étoilée de ses fleurs. Nous citerons encore les magnitiques Phihsia buxifolia aux grandes fleurs rouges tubuleuses; les F.scalionia serrata, aux fleurs blanches en étoiles, tapissant les rochers, les Ernbothryum coccineuin ( Maiou des indigènes) et les Seneeio acanlhifolius (Goujie'n en yahgan). Toutes ces espèces forment souvent, avec un lacis impénétrable de fougères et de mousses, do vraies forêts aux bords de la mer, sur les pentes abritées des vents régnants. Les soinmets des collines, qui, dans cette région du cap Ilorn méridionale, ne dépassent pas Goo™, sont absolument dénudés et ne présentent que des amoncellements de pierres nues, désolées. Au nord de la baiePonsonby. la végétation est plus riche, plus luxuriante, les Fagus antarctica atteignent de plus grandes dimensions; mais, par contre, les Dry/nis W'inleri, les Fagus betuhides sont moins développés et ne forme n l pas ces arbres superbes que nous avons vus aux environs de la baie Orange, et dont l'écorce est indispensable aux Fuégiens pour la construction de leurs pirogues. Comme ressources alimentaires, quelques baies de Pernettya, quelques excroissances du Fagus betuhides (Cytlaria Hookeri et C. Danvini) constituent tout ce que peuvent trouver les malheureux indigènes comme nourriture végétale. M. Bridges {Flores Pa/ish Magazine, Buenos Ayres, ib"8(>, vol. Il, p. iH.'j)cite bien comme plantes alimentaires chez les Fuégiens : le Céleri, deux espèces de Cressons, lesSeapinks et les Parsnips sauvages, les Champignons; enfin.

22 II I S 5 I O X D l t A I' H O II N .

un Polypore du hêtre et plus spécialement la Fistulîna aniarciica Spcg.. appelée Amaïrn ou Aman en yaligan ('), et plusieurs variétés de Cyttariées. Mais ce n'est vraiment pas là une ressource sérieuse : tout au plus les Yaligan peuvent-ils tromper quelques instants leur faim en mangeant des haies de Pernetlya, ou en mâchant les racines d'une Omhellifere : YOsmorhiza chilcnsis (Aouanirn en yaligan) ou d'une espère de gazon d'Olympe, Armeria, ou encore du Céleri qui croit sur les las de coquilles amoncelées devant leurs huttes.

Pendant notre séjour à la haie Orange, nous ne les avons jamais vus recourir à cette alimentation de nécessité, et cependant les occasions ne nous ont pas manqué pour les ohserver dans leurs périodes de famine.

Page 1