FAUNE
La flore marine ne fournit ahsidumenl rien à l'alimentation des Fuégiens; elle s'unit pourtant intimement à la faune; si l'on envisage, comme l'a fait Darwin, la llore sous-marine et, en particulier, l'algue gigantesque connue sous le nom de Macrocyslis pyrifera, on en déduit ingénieusement sa nécessité pour l'alimentation des Yaligan. « Si cette algue disparaissait, dit Darwin ( Voyages oj ihe Advenlurc ami Heagle. vol. III >, les nomhrcuses espèces do poissons qui vivent au milieu de ses feuilles ne trouveraient nulle part ailleurs leur nourriture et Iciirahri; leur perle entraînerait également celle des cormorans plongeurs et autres oiseaux pécheurs, des loutres, des phoques et des marsouins, et enfin le sauvage Fuéjïien, misérable seigneur île celte misérahle terre, redouhlanl ses festins de cantiihale. diminuerait en nombre et peut-être cesserai! d'exister ».
Ajoutons immédiatement que le Fuégien n'est pas canuihale, et, cette rectilication faite, nous reconnaitrons que la citation que nous venons de faire laisse peu à dire sur la faune de l'archipel du cap Horn.
I ') Voici ce que dit C. Spc^azziiii ( Futi%i Fucgmrtt. Iluenos-Avres iKS;. in-8, |». ;t t , ;> propos de celte espèce : « Y<il|ju1issttiia in sylvis ad truneos Fngi antarelk-tr cl Fagi U tiilotiin- in Sialcri ishind et per lola Fucgta, <esl. el liieru.... Species al> încolis tniuni \r>mta. titmin deliciosum illis pricbcus. Forma hiematis .<epiu« magniliiditic \ere mindiilis ac maps canip^a. «
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Toutefois, ici encore, nousavons à signaler tics différences suivant <|ue l'on se place au sud ou au nord de la haie Ponsonhv: au Sud, le poisson n'existe que pendant la saison correspondant à l'été, c'est-à-dire pendant trois mois de l'année, tandis qu'à Oucliouaya (*) on en péclie en toute saison. Au Sud encore, les gros crustacés (Lit/tutfcx itntarcticus , etc.), les grandes moules (Mylilus nttigellanicus , etc.). que l'on trouve dans les griffes ou pieds de Macrocystes sont beaucoup moins abondants que dans le nord de la haie Ponsonhv. Peut-être est-ce là ce qui explique l'agglomération d'indigènes que les missionnaires anglais ont vus à Yahga, au nord de la haie Ponsonhv. et d'où ils ont tiré un nouveau nom pour la peuplade Tekénika de Filz-Roy.
La faune terrestre est incomparablement plus pauvre que la faune marine, [/abondance des mollusques marins constitue pour les indigènes une ressource presque inépuisable. Kn revanche, dans les forets qui bordent les plages, sur les falaises des ilôts, ils ne trouvent qu'assez rarement à tuer des oiseaux terrestres, ou à prendre leurs œufs.
Le renard, le rat ne sont pas très communs et, dans tous les cas, les indigènes ne les mangeraient qu'à la dernière extrémité. Mentionnons enfin le chien fuégien, cet auxiliaire si intelligent et si utile du sauvage, qui a été domestiqué et dont la race n'a pas encore été déterminée, malgré les spécimens que nous avons ramenés vivants et que nous avons essayé d'acclimater en France.
i. 1 ) Dans tous les autres volumes île la Mission du eap llorn, le nom de cette localité est écrit ( W«j«<j«j ; d'autres auteurs l'ont apjiclée U'htuvia, f'sciiMutt, l'sviuvaja, hwwùi, OnihiMiia, etc. Nous croyons devoir adopter l'orthographe Ouchouara, qui indique In mieux, (tour le* lecteurs français*, la prononciation exacte d'après les régies générales de notre langue. Celte prononciation a déjà été indiquée tome I, Mutiori du cap llorn, HUtnirc du I m oge, p. g3.
CAHACTKHES ANATnMIQl ES.