‹ Mission scientifique du Cap Horn, 18821883Chapitre 49 sur 161 · densité moyenne des incisives centrales supérieures est · texte numérisé non relu

densité moyenne des incisives centrales supérieures est

égale à * . 1 7

Celle des incisives inférieures est égale à 2, 1 ',5

La densité moyenne des incisives latérales supérieures est

égale à 2,11

Celle des incisives latérales inférieures n'atteint que a.o.Vi

La densité moyenne des canines (caduques) supérieures est

égale à 1,9:1

Celle des canines (caduques) inférieures est égale ù 1 ,$G

» D'après les déterminations qui précèdent, on voit que, conformément à la loi qui a été exposée à la Société de Biologie, les dents du coté droit ont une densité plus considérable que celles du côté gauche. Nous reviendrons ultérieurement sur la signification des autres chiffres.

« Pour le moment, nous nous bornerons à appeler l'attention sur

/') l.a densité dos dénis varie, avec leur nuxle de préparation. Il est bien évident que des dents sèches ou macérées n'ont pas la même densité que des dents fraîches, possédant leur pulpe. Dans le cas actuel, les dents avaient été séparées du maxillaire par macération et étaient sèches.

Million iln rap llom, l. VII. l8

13s mission nu cap no* n.

la densité relativement considérable des dénis de cette petite lille, bien qu'elle ail succombé à la luliercnln.se. puisque nous retrouvons celte densité, 2,08. chez une lé m me adulte de notre race ayant, il est vrai, succombé à des accidents puerpéraux, et que, d'antre pari, chez une petite tille «le 1 1 ans, morte à l'hôpital, la densité moyenne n'était égale qu'à 2,07, et que chez un enfant de 7 ans la densité moyenne des dents n'était égale qu'à t,<);.

» La densité moyenne des dents de cette tillelle fuégienne est donc notablement supérieure à la densité présentée par des individus du même âge, appartenant à notre race.

■ Nous avons également déterminé la densité des dents de Lapoucb Kipa. âgée de j*i ans environ et bien constituée, qui avait succombé à des accidents puerpéraux.

La densité moyenne générale est égale à i-s\»

Densité moyenne des dents supérieures n.aoïi

* inférieures

Densité moyenne supérieure droite », iS-">

» gauche î.iooj

» Pour notre race, celte densité moyenne (-2,189) serait encore considérable, bien que dans nos déterminations elle ail été souvent dépassée. Toutefois, il faut tenir compte de l'accouchement très récent de celte femme, et celle circonstance a dù, suivant mes observalions, diminuer la densité moyenne des dents.

•» Nous ferons eu outre observer que cette femme, bien que les Kuégiens soient droitiers, présente une exception à la règle, en ce qui concerne la prédominance du coté droit sur le côté gauche, puisque la moyenne générale du coté gauche l'emporte sur le coté droit. C/esl, du reste, la seule exception que nous ayons rencontrée ( ' ).

Clic/- un autre adulte fuégien, la moyenne générale est

égale à i.ioo'i

La moyenne générale des dénis du coté droit est égale à.. . j. kh>\

La moyenne générale des dents du rôié gauche est égale à. a.aooo

c'est-à-dire presque identiques.

1 • > L'appareil dentaire do oc sujet n'était pas r.mipl. t. il manquait quatre dont*.

i \n\< TI.HI.» MOnPHOLOGIQlES (OBSERVATIONS SIR LE VIYWTI. 13!»

» Chez une femme adulte, dont l'appareil dentaire était très incomplet, les dents présentaient une densité variant entre 2,22 et 2, 17. La densité des quelques dents du roté droit qui avaient leurs similaires du roté gauche était supérieure.

» La densité moyenne de l'appareil dentaire d'un Fuégien adulte ne comprenant que dix-neuf dents était égale à 2.191.

>• Kn tenant compte de la vie misérable que mènent les Fuégiens. nous estimons que la densité moyenne générale de leurs dents doit être supérieure à celle des individus de notre rare.

" .Nous n'avons pas encore pu faire l'examen histologique des dents de Fuégiens: mais, comme nous l'exposions récemment à la Société de Biologie . nous estimons que les espaces interglobulaires seront d'autant plus petits et d'autant plus rares que la densité des dents sera plus considérable. M. le D r Spencer Baie a constaté des faits analogues dans les dents des Esquimaux, des Indiens Peaux-Rouges et des naturels d'Asbaiitee, où il n'a pas trouvé d'espaces interglobulaires. Cet observateur a rencontré celte même particularité dans des dents provenant d'anciennes sépultures anglaises.

» Bien que le développement considérable des arcs maxillaires des Fuégiens permette aux dents de se placer régulièrement, il arrive cependant quelquefois qu'en raison de leur volume considérable celles-ci soient légèrement déviées de leur position naturelle.

» De plus, nous avons constaté, sur les moulages pris sur le vivant par M. le D r Hvadcs, que la canine de lait persistait assez fréquemment à la mâchoire supérieure, de (elle sorte que la canine permanente, trouvant sa place occupée, se plaçait en dehors de l'arcade dentaire, au niveau des deux petites molaires.

>• L'usure des dents est souvent très prononcée chez les Fuégiens, même très jeunes. Cela provient très probablement des différences de constitution individuelle des dents, en vertu de laquelle, de plusieurs appareils dentaires soumis aux mêmes fatigues, c'est le moins solide qui s'use le plus vite.

» Voici, au sujet de l'usure des dents chez les Fuégiens Alikoulip, ce que dit M. L. Manouvrier, qui a étudié avec le plus grand soin le groupe de ces indigènes venu à Paris en septembre 1881 (Bulletins de

UO mission du cap non*.

la Société rf' Anthropologie de Paris, t88i, p. ~ ; {'y\) : « Leurs dont» ■• étaient très belles et bien rangées, mais extrêmement usées, même « chez les jeunes gens, et l'un de ceux-ci, bien qu'à peine adulte. » avait déjà ses dents de sagesse entièrement sorties. Nous n'avons » constaté l'usure des dents à un tel degré et aussi précoces que sur » des crânes californiens de la collection de M. de Cessac. au Mu- » séum, et ce voyageur attribue cette usure à la présence d'une assez » grande quantité de sable dans les moules, qui constituent la prin- » cipale nourriture des Californiens de la cote. Or, on sait que les » Fucgiens consomment aussi une grande quantité de moules, et nous » avons pu voir qu'ils les mangent crues : ils ne les mettent un in- » stant sur le feu que pour les faire ouvrir, et ils ne prennent point la » peine de les nettoyer. » La Mission française à la baie Orange n'a pu prendre que deux observations anthropologiques complètes sur des femmes appartenant à cette peuplade Alikoulip (Alakalouf actuelle). Ces deux femmes, âgées de 35 à 4° «ns, présentaient des incisives et des canines très usées sur une surface horizontale. (Chez l'une de ces femmes, la première petite molaire droite manquait.)

» Chez les Fucgiens Tekenika (Yahgan actuels), que nous avons spécialement observés, l'usure des dents se présente fortement accusée, surtout chez les individus âgés. Cependant nous avons vu un cas où toutes les dents étaient usées presque jusqu'au niveau des gencives et ce sujet ne paraissait pas avoir plus de 'p ans : ce qui prouve que l'usure des dents chez les Fuégiens de l'archipel du cap Horn ne saurait servir à la détermination de l'âge. lin effet, chez les adultes, l'usure des dents peut élre très prononcée ou bien manquer complètement, et elle a été constatée, au moins pour les canines et pour les incisives, chez des enfants (garçons et tilles âgés d'environ G ans). Nous ne saurions donc accepter l'opinion d'après laquelle celte usure serait un caractère de race, pas |>lus que l'explication d'une usure dentaire occasionnée par le sable contenu dans les moules qui entrent pour une large part dans l'alimentation fuégienne. D'abord, ces moules ne contiennent pas de sable, mais de très petites perles qui peuvent bien heurter désagréablement les molaires d'Européens occupés à mâcher ces mollusques, mais qui doivent passer inaper-

CARACTÈRES MORPHOLOGIOl ES (OBSERVATIONS StB LE VIVANT !. III

eues pour les Fuégiens avalant cet aliment sans aucune mastication.

» Il est à remarquer que, lorsque l'usure existe, elle affecte d'abord les canines, puis les incisives, ensuite les petites molaires, et en dernier lieu les grosses molaires. Une de ses causes doit être l'habitude de tous les Fuégiens de se servir de leurs mâchoires comme d'un état! (voir PL 11) pour travailler la peau de phoque en lanières, pour tresser les fibres de tendons de phoque ou de haleine, ou le jonc qui sert à faire les paniers (ces deux dernières occupations spéciales aux femmes: chez celles-ci l'usure est, toutes choses égales, moins prononcée que chez les hommes).

» Il est intéressant de reproduire ici les remarques de John >\'ilson, chirurgien du Beagle de 1828 à i83o ('): « Chez un Fuégien » (dont il » a fait l'autopsie, âgé de moins de jo ans, d'après Fitz-Koy). « les » dents étaient parfaites, en nombre ordinaire. Les incisives étaient i< plates et manifestement usées en bas; j'ai vu d'autres cas de cette » particularité : il est donc probable qu'elles sont quelquefois em- >• ployées comme des molaires.... Les dents des Fuégiens sont en gé- » néral saines, belles et bien plantées; elles proviennent d'une otga- » nisation qui, selon toute probabilité, est exempte de n'importe quelle > tare constitutionnelle. Sur un second Fuégien, examiné par John » Wilson, les dents étaient complètes, mais les incisives n'étaient pas » usées par le bas comme chez le précédent. La régularité et la » bonne disposition des dents étaient dues en grande partie à la grande » dimension de la mâchoire et, par suite, à l'espace laissé libre pour » la croissance et l'expansion des organes dentaires. Chez les personnes >■ qui ont un visage effilé, où les deux cotés de la face se rencontrent » à un angle aigu, les dents sont souvent petites; si, par hasard, elles » sont grandes, elles se recouvrent l'une l'autre par défaut «le » place, ou s'expulsent mutuellement de leur position normale. La » largeur de la face, qui existe toujours chez les Fuégiens, est due à » la largeur de la base du crâne, laquelle entraine la forme des os de » la face. »

(') XttrraliiV <>f t/ic surveying vitrages of Hit Ma/at/'* shipt AdvciUiirc and Bc<t>rlo trtn-een i/iejears i8ï6 and iK3G. London, «83g. Appendix lo Volume 11.

Hi MISSION DC c\r HOUX.

» L'évolution dentaire se fait plus toi chez les Fuégiens que dans notre race : c'est ainsi que, chez une petite fille «le 7 à 8 ans, nous voyons qu'à la mâchoire supérieure elle possède, de chaque coté, deux grosses molaires permanentes, deux petites molaires, une canine permanente, une grande et une petite incisive permanentes. A la mâchoire inférieure, au contraire, bien que les deux grosses molaires permanentes aient fait leur évolution, du coté droit la deuxième grosse molaire de lait a persisté; il y a une seule petite molaire, une canine permanente. Du coté gauche, au contraire, la canine de lait et les deux grosses molaires ont persisté, bien que les deux grosses molaires permanentes soient entièrement poussées (').

» fa dent de sagesse pousse plus tôt chez les Fuégiens que dans notre race.

» D'accord avec les missionnaires anglais établis depuis vingt ans à la Terre de Feu. le D r Hyades a constaté la précocité de l'apparition de la dent de sagesse chez les Fuégiens.

». Il pense qu'on pourrait attribuer cette précocité au développement des os maxillaires et au fonctionnement des dents comme étau.

» Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, il a constaté la présence des •lents de sagesse chez une fillette de 12 à i3 ans, qui n'était pas réglée (Parouroumaonigou Kipa. n" 3i, Tableau V) : 1 > dents en haut, la dernière molaire droite n'était pas sortie : i(» dents en bas; incisives usées horizontalement, dents petites, saine*; usure des dents plus prononcée à gauche qu'à droite; les Fuégiens sont droitiers en règle générale.

» Pour l'apparition des dents permanentes, le I) r Hyades a recueilli les détails suivants :

» Kiifanl de 9 ans (Lapatehinenlsis, n" li. Tableau V), sortie des deuxièmes petites molaires supérieures;

» Enfant de H ans et demi (Amacbtinéntsis, n° 10, Tableau Y), sortie de la canine inférieure gauche;

1 ' » Fillette do 7 à 8 ans, Kapouchmakour Kipa (n" 34. Tableau Y).

Denis léfrercmonl inclinées 1*11 avant, grandes. An nombre do 1 ( a chaque mâchoire. lx> t oclobre 1H8*, les incisives perçaient seulement les gencives: le 11101113?.- des dents «le ce sujet a été pris environ six mois plus tard.

CARACTERES linUPIIOLOGIOUES (OBSERVATIONS SI R I.K VIVANT '. I i'4

>. Knfant de » ans (Oumakamouni Kipa, n° 2i, Tableau Y), apparilion «le l'incisive médiane droite ;

». Knfant de > ans ( Liouchka Kipa, n° 27, Tableau Y ), cliule des incisives centrales supérieures.

» Les Fuégiens tirent de leurs dents tout le parti que l'on peut obtenir d'organes aussi solides et qui doivent précisément une partie de leurs qualités exceptionnelles à l'activité et à l'énergie de leurs fonctions physiologiques. .Mécaniquement, les appareils dentaires servent, chez les Fuégiens, pour déebirer la chair des oiseaux et pour mâcher la viande de phoque, qui est aussi dure que du cuir. Aussi avalent-ils celte viande sans l'avoir complètement mastiquée. Pour les poissons, les mollusques, les zoophytes (oursins), qu'ils mangent en grandes quantités, les Fuégiens se servent peu de la mécanique dentaire; mais nous savons que, dans leur industrie, ils utilisent beaucoup leurs mâchoires, soit pour triturer les substances dures (cuir, tendons, etc.), soit pour tirer ou retenir les matières qu'ils travaillent avec leurs mains : écorces pour attacher les diverses parties de la pirogue, etc.

» Les Fuégiens ne boivent que de l'eau ; c'est aussi avec de l'eau pure qu'ils se rincent la bouche et se nettoient sommairement les dents après les repas, en s'aidant alors quelquefois de frictions avec la pulpe îles doigts ou les ongles.

» Le tartre dentaire n'est commun que chez les enfants. I.a carie dentaire, comme on pouvait le prévoir, est rare chez les Fuégiens; toutefois, elle n'y est pas inconnue, et les individus plus faibles, qui résistent difficilement aux fatigues de la vie errante, présentent dans la bouche des lésions locales, comme ils pourraient en présenter dans d'autres organes.

» Nous avons observé cette lésion dans un moulage rapporté par le l) r Hvadcs ; elle affecte la première et la seconde grosse molaire supérieure du côté droit; la première grosse molaire du coté gauche avait disparu ( ').

i » » Homme, aS ans. Ayamiçaskéutsi* <«" il. Tableau III ). (Iji tête a élê moulée. ) iK'iils verticales, »rau<bs, présentant ilu tartre et un commencement d'usure sur les o;iniiies.

lii MtSSIOX ni- CAP IIOB\.

» Pendant son séjour à la Terre de Feu, M. le D r Hyades a eu l'occasion d'arracber quelques. dénis légèrement cariées et qui ne provoquaient que des douleurs tolérables. L'extraction de ces dents a été assez pénible, en raison de la solidité de leur implantation, et les indigènes n'ont accusé qu'une douleur modérée.

» Le I) r Hyades n'a jamais observé de périostite ni de fluxion dentaire.

» Nous donnons ci-dessous quelques exemples de nos observations sur le vivant relativement aux dents :

Homme, ao ans, Ouayanakandjis (n* 2, Tableau 111).

Dents verticales. Los canines sont usées au niveau des autres dents. Plusieurs points noirâtres sur les molaires; ces points indiquent probablement de la carie dentaire.

Homme, ifi ans, Ouarouayensis (n° 20, Tableau V).

Dents verticales. Les canines de lait ayant persisté à la mâchoire supérieure, les canines permanentes se sont développées en dehors de l'arcade dentaire et ont acquis leur volume normal.

Homme, 3oans, Céflapalcntsis, dit Jonathan (n° 10, Tableau 111). Dents verticales, présentant de l'usure (surtout les dents inférieures). La feuille d'observation ne constate pas d'anomalie dans le nombre des dents.

Homme, 3o ans, Lapouchounéntsis (n° 18. Tableau 111). Dents verticales, présentant du tartre. Les deux canines sont usées au niveau des deux autres dents.

Homme, a5 ans, Yakaïf, dit Mil William (n° 10, Tableau III). Dents verticales, petites, ne présentant ni tartre ni usure. La bouche est bien dessinée et tenue habituellement fermée.

Homme, 43 ans, Tayachapoundjis (n- 13, Tableau 111). Dents verticales, de taille assez petite, commençant à présenter un léger degré d'usure. La deuxième incisive gauche a disparu.

Femme, s5 à 3o ans, Mayachka Kipa (n" 9, Tableau IV).

Dents verticales. Canine gauche supérieure développée en dehors de l'arcade dentaire par suite de la permanence de la canine de lait.

La première petite molaire inférieure à gauche a disparu.

Pas d'usure des couronnes; canines dépassant les autres dents. Cette femme, mariée à Tayachapoundjis, mère de deux enfants, dont un qu'elle allaitait (âgé d'un an), était très active et occupée très souvent h fabriquer des paniers, opération qui exige une longue mastication du jonc avec lequel on les tresse. Cependant ses dents n'étaient pas usées.

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