‹ Mission scientifique du Cap Horn, 18821883Chapitre 5 sur 161 · VOYAGEURS DE 1568 A · texte numérisé non relu

VOYAGEURS DE 1568 A

Cinquante ans plus tard, en août Ô7H, le navigateur anglais Francis Drake rencontra, le premier, des Fuégiens près de l'ile Sainte-Klisabeth, dans le détroit de Magellan. Voici la relation de celle entrevue, d'après une des meilleures éditions du voyage de Drake ( l ) :

« La pirogue, qui contenait plusieurs personnes, était faite avec

i ' ) Histoire des navigations aux terres australes, I. I, p. 1 38 : in-;". Paris, 17SO. 1 * 1 Ibid., p.

1 3 ) Au nord do l'Ile Clarencc,

( ' ) The ivnrM encompassed br sir Francis Drake, ojfered «mi- ,it public victr, Imth for the htmaur of the Actor, but cspeciallv for the stirring up nf heroicke tpirits, to benefil their eountrer, and etemize their nnmet br iike noble itttemptt. Collectai ont of the Notes of Master Francis Flctcher, preacher in this employment, and compared ivith divers others Notes thaï n-ent in the same voyage, l'rinlcd al L»n<!on for Nicltolas Boiirne. i6 r >7.: p. 3; ol suiv

I NT ft O D V C T I O X .

l'écorce de divers arbres; les deux pointes de l'avant el de l'arrière se recourbaient en forme de croissant ; le corps de la pirogue, aux proportions les plus élégantes, était d'une finesse exquise et d'un travail parfait, au point qu'il semblait à notre Général et à nous-mêmes qu'une telle embarcation ne pouvait avoir été faite sans les ressources d'un art consommé; elle paraissait destinée aux plaisirs d'un grand personnage, voire de quelque Prince, plutôt qu'à l'usage de si grossiers sauvages. Klle n'avait d'autres moyens d'union, pour les joints et les roulures, que des lanières en peaux de pboque ou de quelque autre animal de cette espèce, et cependant elle était si bien élunche qu'il n'y entrait que très peu d'eau ou même pas du tout.

» Les sauvages de cette pirogue étaient de taille médiocre, mais bien constitués et bien musclés. C'est pour eux un plaisir de se peindre la figure, comme pour les autres sauvages dont nous avons déjà parlé. Dans la même île, il y avait une habitation rudimentaire, construite avec quelques pieux recouverts de peaux de bête, et, à l'intérieur, du feu, de l'eau, et les aliments qu'ils se procurent d'habitude : chair de phoque, moules et autres coquillages.

» Les vases où ils mettent l'eau et leurs lasses à boire sont faits en ecorces d'arbres, comme leurs pirogues, et avec une non moins grande habileté (pour le calibre de ces objets), au point de vue de l'élégance et du fini de la forme. Les outils dont ils se servent pour ce genre de travaux sont des couteaux faits avec d'énormes coquilles de moules (dont aucun voyageur n'a jamais eu la moindre idée) et dont la chair est très savoureuse. Après avoir cassé le bord mince et fragile de ces coquilles, ils le frottent et l'aiguisent sur des pierres au point de le rendre assez tranchant pour couper, en se jouant, le bois le plus dur, comme nous en fimes nous-mêmes l'expérience. Bien plus, avec cet outil ils coupent des os d'une dureté extraordinaire, pour en faire des harpons destinés à tuer les poissons, exercice dont ils s'acquittent avec un extrême plaisir et une grande habileté. »>

Nous avons tenu à reproduire intégralement cette ancienne relation, parce qu'elle donne une description exacte, et vraie encore actuellement, si l'on fait la part de l'exagération assez excusable de l'auteur sur les beautés de la pirogue fuégienne et des vases en écorce destinés

t Missrox Dt c»p nous.

il recueillir l'eau. Quant à l'apparence favorable de ees Fuégiens au point de vue physique (<%-e!f set ami compact in ail their paris and tirnhs), il n'v a pas lieu <le s'en étonner puisqu'ils avaient à leur disposition, dans leur huile, de la chair de phoque et de grandes moules, alimentation qui les engraisse rapidement.

Les voyageurs qui, après Drakc, ont exploré l'archipel de la Terre de Feu, ne nous donnent, pendant deux siècles ( i 'ïfi.S-i-lio ). aucun renseignement plus détaillé que celui qu'on vient de lire. Nous nous bornerons donc à citer les plus célèbres de ces navigateurs, avec l'indication de l'époque de leur voyage. Nous aurons ainsi par ordre chronologique :

Snrinienlo i><)

Cavendish i-'jS-

Hawkins i.«jt

Simon de Cordes \

Séliald de Vert ■ ijoo

Olivier de Noorl '

Lemaire el Scliouleo if>i'»

Jaccpies L'Ileniiile i(î*.{

Nnrborougli i«i;<«

Détiennes o></>

Ucaucliesne-tiouiii. 1G00.

Wondcs Hoggcrs 170S

Frézier 1712

Mentionnons ici la Note manuscrite découverte par M. H. de Carlort aux Archives du Dépôt des Caries de la Marine, et dans laquelle, en 1 7 1 f>, le capitaine français J. d'Arquistade raconte son entrevue avec les Fuégiens, au même endroit où nous devions en observer de semblables en 1882. Cette Note a été reproduite in extenso dans le Tome I de la présente publication (p. 287); elle montre clairement que les Fuégiens de d'Arquistade ne dilléraient en rien de ceux que nous avons rencontrés à la baie Orange; mais elle ne présente aucun autre intérêt. d'Arquistade n'ayant l'ait qu'une relâche de deux jours à cet endroit et n'ayant pu examiner les indigènes que pendant quelques heures.

Après ce voyageur, qui n'a pas laissé de relation imprimée, nous

INTKOtlCCTION. .1

avons à indiquer les suivants :

Ito^cwin 17 1\

AllSOII 17 |l

It.vron ... 1

Wiillis . t-W,

r.arlercl 1

Itoiigainvillv 171'.-

Hougainville oSserva assez longuement les r'uéj^icns dans le détroit de Magellan, niais ne donne sur eux que des détails indiquant qui- les indigènes voyaient pour la première fois des Européens.

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