TRONC a. Cou
Le cou est court, comme dans toutes les races de petite taille; il est 1res vigoureux, mais pas enfoncé dans les épaules (voir Pl. 17, ftg. 2: Pl. X,fig. 1 ). Nous n'avons pas de mesure directe du cou et du tronc, mais les deux mesures réunies représentent, pour les hommes, presque ir, centièmes de la taille (Tableau VII ). Ce chiffre est presque égal ii celui «les Européens (3f),2 d'après le canon de Tophiard) et des Kalinouks ( 38, )). mais il est supérieur à celui des Alakaloul'( 30, \). Il faut remarquer cependant que, d'après l'impression générale, il semble que les deux facteurs de ce nombre sont autrement disposés que chez l'Européen : le cou parait être plus court et le tronc plus long.
Le tronc est massif, cylindrique, presque sans cambrure ; les épaules sont aussi larges que chez les Blancs. En effet, réduite en centièmes de la taille, la largeur des épaules est de 22,9 chez les hommes et de j 1 ,<; chez les femmes, chi lires presque identiques à ceux des Parisiens et des Parisiennes (22,;) et 22,1) (■).
b. Circonférence du thorax.
La circonférence du thorax est de 923""" chez les hommes et de S~>S"" D chez les femmes en moyenne. Ces chi lires dépassent de beaucoup la moitié de la taille moyenne des Yahgan et démontrent, par conséquent, un bon développement de la cage thoracique. Exprimée en centièmes de la taille, la circonférence du thorax serait représentée par 18,7 pour les hommes comme pour les femmes. Les Alakalouf présentent ii peu près le même chi lire (hommes, J7.9: femmes, (îi) ainsi que les
( ' ) Toimnmw. Etimcnl* d'Jnthropologie, p. ioSï.
t.«n\CTÊniïS MOMPIIOLOCIOl E8 (o BS E R V A T I O S g SLA L K VIVANT). H7
(«alibis ( 1<j,<), hommes); tandis que les Kalmouks ne donnent que *) I et Vi, les Kuropéens en général >'{, les Boschimans 5o, |.
r. Largeur du bassin.
La largeur du bassin est presque la même que chez les Kuropéens; réduite en centièmes de la taille, elle est de 17/1 pour les hommes et de 18.1 pour les femmes. Chez les Parisiens, elle est de i<>,(). et chez les Parisiennes, de 18,1.
On voit par ces chiffres que le rapport entre la largeur des épaules et celle du bassin est presque le même chez les Fuégiens et chez les Parisiens; cependant les Fuégiens sont un peu plus larges de bassin, étant donnée la même largeur des épaules que chez les Parisiens, et les Fuégiennes sont au contraire un peu plus larges d'épaules, étant donnée la même largeur du bassin que chez les Parisiennes.
cf. Ombilic.
L'ombilic se trouve placé relativement bas, comme dans toutes les races de petite taille. Sa hauteur au-dessus du sol est (en centièmes de la taille) de 07,2 pour les hommes et de >7 pour les femmes. Dans aucune des races qui figurent sur le Tableau de .M. Topinard ('), ce chiffre ne descend aussi bas.
>-. Abdomen.
Il n'y a pas d'individus obèses parmi les Yahgan, et. dans les cas où l'on observe un certain embonpoint, la graisse se porte plutôt vers la région mammaire et sur le dos que vers la région abdominale (voir Pl. IX.fig. 1 0 1 (i ) . Les femmes sont souvent potelées et grasses. Chez les enfants, le ventre est ballonné la plupart du temps, par suite du régime alimentaire; ce n'est point un effet de l'hérédité, comme le pensait Wilkes (*). Ce voyageur supposait que le grand volume de
< 1 » Loc. cil., p. 108.}.
<«) Loc. cit., CM VI.
I l.s mission di cap lions .
l'abdomen (lait <|iii est loin d'être commun, contrairement à ce qu'il dit ) doit être occasionné par la position accroupie des Fuégiens : leurs genoux et leurs cuisses, ramenés contre la partie inférieure du ventre, refoulent les viscères alidominaux en haut et en avant, d'où la distension de la partie inférieure du thorax et de la partie antérieure de l'abdomen. « Il y a là une particularité produite par l'habitude... ipii se transmet par hérédité... car les enfants fuégiens viennent an monde axée des ventres volumineux. » Cette dernière assertion ne nous parait pas fondée, car les enfants fuégiens ont le ventre normalement développé à la naissance, et même conservent parfois cet état normal pendant les périodes ultérieures.
/. Seins.
Les seins sont disposés assez haut chez les femmes. Chez les jeunes tilles, ils sont arrondis et légèrement coniques et redressés ( voir Pl. XII, XIII, XIV et XV, fig. 2). Chez les femmes d'un certain âge, surtout après les couches, ils deviennent pendants, mais toujours un peu coniques et point piriformes (Pl. VIII. fig. -i\ Pl. XV, fig. 1: Pl. XIX. fig. 1 et '>, etc. ).
En général, par leur forme et par leur disposition, les seins des femmes yahgan rappellent ceux des Araucaniennes et diffèrent beaucoup de ceux des femmes mongoles.
7 MEMBRLS.
l'our mieux interpréter les nombres exprimant la longueur des membres et de leurs segments, nous avons mesuré, d'après la même méthode que pour les Fuégiens, six hommes français adultes, de 2 > ans, ayant la taille moyenne de i ro ,<>o8, sensiblement voisine de la moyenne des Fuégiens.
Fa plupart des autres mesures, que nous donnons à titre de comparaison, ont été prises d'après des méthodes différentes; mais une étude spéciale, faite par l'un de nous sur les Achantis qui ont été exhibés à
CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES ( o B S E II V A T I O N <> SIR LE VIVANT). 110
Paris en 1887, nous ;i démontré que, pour la longueur dos membres, la différence entre le procédé ordinaire (au compas glissière) et le procédé du ruban métrique est minime et n'excède guère a ou S unités pour 100. Voici d'ailleurs les chiffres :
Longueur du membre s«p. total.
» du liras
de l avant-bras
MEalltt;» IIN «1LI.1M prise*
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Par suile de la distribution assez égale de la graisse sur tout le corps, les membres sont arrondis et lisses comme chez les jeunes femmes ou les enfants de nos pays ( /'/. IV, X, XIX, etc. ). Rarement on voit les saillies musculaires bien marquées (comme, par exemple, cbez l'individu de la l>UX,f,g. 1 et(i).
Les mesures absolues et relatives indiquent le grand développement des membres supérieurs ou tboraciques et une certaine atropine des membres inférieurs ou abdominaux (voir Tableau VII).
<•■ Membre supérieur.
La longueur totale du membre tboraeique (résultat de l'addition des mesures relatives des trois segments qui le composent) par rapport à la taille (— 100) est de '17,7 en moyenne ; elle est supérieure à ce que l'on observe en général chez les Européens ('1 >), cbez les six Français mesurés par nous ('i5,î ), cbez les Alakalouf ('j >,<»). chez les Kalmouks ( |<î, 1), etc. Elle se rapproche de celle des Gai ibis ( \~, V)et des Javanais