‹ Mission scientifique du Cap Horn, 18821883Chapitre 67 sur 161 · CARACTÈRES PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES PHYSIOLOGIQUES

comparativement ;ivoc ce se passe en France. Nous avons fait la même remarque au point de vue île la nubitilè. Mais il était difficile d'avoir sur ce sujet autre chose qu'une impression, dans l'ignorance où nous étions de l'âge exact des individus examinés.

(•liez le Fuégien adulte, les fonctions sexuelles s'accomplissent avec modération; nous n'avons pas noté que le genre de nourriture, exclusivement composée de coquillages ou de poissons, exerçât la moindre influent e sur les fondions sexuelles des Fuégiens. Nous aurons d'ailleurs à revenir sur celte question dans le Chapitre relatif;! la psychologie. Au point de vue physiologique, nous ne pouvons indiquer ici que d'une manière générale la médiocre activité des organes génitaux chez les Fuégiens, bien que ces organes soient parfaitement conformés.

M. Hiscliolï(') dit. à propos des Alakalouf observés en Kurope : « Il semble que les besoins sexuels sont peu développés chez eux, car on les dit froids et peu excitables. Les femmes ont un caractère tout autre.... D'après le gardien, le coït se ferait ab anteriore. »

Fonctions sexuelles chez la femme.

i° Puberté. Stibilitè.

Les Fuégienncs seraient toutes réglées de i| à i ï ans. d'après M. Bridges qui était dans de bonnes conditions pour vérifier le fait, à Ouehouaya. sur des sujets de l'âge desquels il était sur.

Cette assertion concorde bien avec ce que nous avons vu à la baie Orange : la jeune htjeïf hïpa (n" II, Tableau IV) a eu en ellel sa première menstruation pendant notre séjour, et paraissait âgée de i "> ans tout au plus.

Cependant, d'après ce que nous ont dit d'autres jeunes filles. Chaoualouch hïpa < n° 13, Tableau IV) n'aurait eu qu'une seule fois ses règles avant notre arrivée, et elle paraissait avoir environ 18 ans. Kn raison des conditions précaires de l'existence des Fuégiennes, sous un climat froid, nous serions plutôt portés à admettre que la puberté est chez elles retardée comparativement aux races européennes, surtout

l ') //v. cit., p. aJG.

IMS UISSION I>l ap IIOKN.

«lu midi de l'Kurope. Il en serait de même de l;i nubilité; nous n'avons pas rencontré en effet de lies jeunes Fuégiennes mères, et les jeunes eouples, de 18 à 20 ans, n'avaient pas d'enfants.

Toutefois, l'un de nous a vu à Ouchousya deux fillettes tuberculeuses âgées de 1 1 ans et qui avaient eu, la première une menstruation, la deuxième trois menstruations; dans ces cas, le fiux menstruel avait toujours été peu abondant; ces enfants étaient depuis quatre ans à l'orphelinat de la Mission anglaise.

Lu fait assez curieux est relaté par M. Bischoff (') : il a appris du gardien de la troupe de Fuégiens-Alakalouf que, depuis leur départ de la Terre de Feu (plus d'une année), il n'a jamais pu constater la menstruation chez les femmes, ce qui serait cependant facile, surtout depuis le temps qu'elles ont commencé à se vêtir. Il serait donc possible que, dans ce cas, l'ovulation ait eu lieu sans hémorragie, comme chez beaucoup de .Mammifères.

La ménopause aurait lieu assez tardivement, d'après M. Bridges, qui a vu des grossesses survenir chez îles femmes d'un âge assez avancé; nous avons consigné l'observation de deux femmes yahgan d'Ouchouaya, âgées l'une de 4<>ans, l'autre de 45 ans, multipares, mariées au même Fuégien. et qui ont avorte chacune d'un fœtus acéphale, en 1882. Ces deux femmes étaient depuis douze ans à la Mission d'Ouchouaya.

Nous verrons, dans le Chapitre V, que la virginité n'est pas estimée chez les Fuégiens : il est donc assez naturel que les jeunes Fuégiennes ne la conservent pas jusqu'au mariage, et, de fait, les fillettes de 10 à 1-2 ans que nous avons examinées l'avaient déjà perdue. Mais cela n'implique pas de leur part une perversité précoce ni une grande ardeur pour les rapports sexuels. A la Terre de Feu, les femmes sont aussi modérées que les hommes dans la recherche des plaisirs sexuels.

■y Fécondité'.

La stérilité doit être très rare chez les Fuégiennes : nous n'avons vu aucun cas de femme au-dessus de 2 5 ans stérile.

1 1 1 L»c. cit., p. -iJS.

CARACTÈBBS PHTS IOLOC I OU ES.

La fécondité est assez difficile à apprécier, la mortalité des petits enfants étant mal connue.

Voici le résultat de nos observations, en ce qui concerne les entants vivants, sur 8 femmes de 3!) à (Jo ans; les numéros indiqués pour chaque sujet sont ceux de notre Tableau anthropométrique n" IV.

Toi ni iks i- n fa ni s Garïou». Filli-*. vivants.

Femme de / ( o ans, n* 25 i i 3

» de 35 ans, n° 2V i i 3

» de 35 ans, n° 22 » \ *

. de 35 ans, n» 21 i i i

« de 35 ans, n° 18 i i \

» de 45 an*, n° 7 î i i

« de 4» ««s, n" 5 » -\ i

» de 6o ans, n° 3 i i i

soit 18 enfants (i i filles et 7 garçons) pour 8 femmes observées.

8 femmes de 2 *> à 3o ans, examinées au mémo point de vue, nous donnent les résultats suivants :

Garçon*. Total-

Femme de a5 ans, n u 1 1 j 3

» de :«5 ans, n" l 1 1 i

» de u'i ans, 11° 9 » 1 j

» de 3o ans, n" 12 1 1 i

» de 3o ans, n" 1(» 1 1 <

» de 3o ans, n" 17 > 1 i

» de 3o ans, n" 19 i i *

» de a5 ans, n° 20 1 »> 1

» de 3o ans, n" 23 .» 1 3

soit 18 enfants (10 filles, 8 garçons) pour S femmes observées.

En tenant compte des enfants morts en bas âge, nous pensons, d'après les données précédentes, qu'on est très près de la vérité en évaluant à 4 en moyenne le nombre d'enfants de chaque femme fuégienne. A titre d'exceptions rares, nous mentionnerons les faits suivants, observés par l'un de nous à la Mission anglaise du canal du Beaglc : une Fuégienne de fio ans avait eu 1 , enfants; trois de ces enfants seulement n'étaient pas morts prématurément; une autre femme âgée de V'» a«*

l'.Hl MISSIO* OC r.kp IIOHN.

avait ou <) enfants (huit morts en bas âge ): une autre, m enfants, dont deux jumeaux; de ceux-ci l'un est mort au bout de doux mois, l'autre était bien portant; enfin une femme de iH ans avait eu 7 enfants, dont un seul était mort prématurément.

Nous constatons aussi dans nos observations une légère prédominance du nombre des filles sur celui des garçons. Cette prédominance du sexe féminin est confirmée par la statistique de M. Bridges : sur un nombre total île mon Kuégiens yahgan, ee missionnaire a trouvé 277 hommes, ii6 femmes; le reste se composait d'enfants des deux sexes. (Voir IIy.vdfs, /tuf félin de fa Société d' Anthropologie, 2 octobre

i" Accouchement.

L'accouchement s'accomplit facilement chez les Fuégiennes; nous n'avons jamais entendu parler de cas de dystocie chez les indigènes. Au moment où elles accouchent, les femmes gardent la position accroupie qui leur est, du reste, habituelle quand elles sont dans leurs huttes. Il n'y a pas de matrones; personne ne s'occupe spécialement des soins à donner à la mère ou à l'enfant. M. Bridges affirme que les hommes n'assistent jamais à l'accouchement lorsqu'il y a des femmes pour porter secours à la mère'; il ajoute que l'accouchement se passe généralement en plein air, un sentiment de pudeur intime poussant la femme à subir lèvent et le froid plutôt que le désagrément de la publicité dans la hutte.

Voici le résumé des notes que nous avons prises au sujet d'un accouchement survenu sous nos yeux à la baie Orange, le 3 août i8H'i, chez une primipare de 2» ans { Chounakar hi/ta, n" 20, Tableau IV, Pl. XI): nous pensons que tous les accouchements doivent se passer de même chez les Fuégiennes.

Il n'y avait eu aucun préparatif pour cet accouchement, qui eut lieu à f) 1 ' du matin et se termina très rapidement. Le mari (Ayamaçaskrntsis, n° 24, Tableau III) était alors au laboratoire d'Histoire naturelle de la Mission, et affirma qu'il ne se doutait pas que sa femme accouchait, mais cela est fort peu probable.

Lue jeune femme ( Yaélengou h'ipa, n° 10, Tableau IV). qui avait déjà

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