‹ Mission scientifique du Ka-TangaChapitre 3 sur 47 · SCIENCE. — ART · texte numérisé non relu

SCIENCE. — ART

La finalité générale de la science consiste dans l'établissement de la domination de homme sur l'univers; la science fournit à l’homme les armes au moyen desquelles il domine le monde.

Armé de ces armes, l’homme réagit sur cet univers dont lui-même fait partie et imprime à ce qui l'entoure le sceau de sa volonté; ce faisant, il devient artiste, créateur.

Le roi du monde est à la fois un savant et un artiste.

Or, — dit Girard, — parmi les notions vagues où erronées qui ont communément cours au sujet de la science et de Part, il n'en est peut-être pas de plus contraire à leur développement que la confusion dont ces deux manifestations définitives du génie humain sont constamment lPobjet.

Que les savants considèrent la science comme supérieure à l’art, que les artistes regardent l’art comme supérieur à la science, ce sont là, à proprement parler, des appréciations personnelles, fondées sur ce subjectivisme qui jadis à fait croire à l’homme que la terre était le centre du monde, et qui porte tant d'individus, aujourd'hui aulant que jamais, à se considérer comme le centre de l'humanité, en étendant à celle-ci tout entière l’importance que les objets de leurs préoccupations ou de leur activité acquièrent à leurs propres veux.

La préférence d’un mathématicien pour le Binôme de Newton, mise en parallèle avec celle d’un musicien pour la Neuvième Symphonie, loin d'être une source de confusion, est bien plutôt l'affirmation des matheématiques comme science et de la musique comme art.

Mais ces deux termes, qui semblent avoir des significations si précises tant qu'il s’agit de mathématiques et de musique, deviennent absolument indéterminés dès qu'on les applique à d’autres branches de l’activité humaine; de telle sorte qu'en dehors de quelques rares sciences positives et des arts proprement dits, dès que l’homme veut étudier ou appliquer, il se trouve sans aucun guide certain, ne sachant dans quelle voie diriger ses études, ignorant sur quelles bases élever ses conceptions.

Parmi les branches où l’art s’unit si intimement à la science que les meilleurs esprits ne parviennent pas à en opérer la distinction, Girard eite à juste titre, en première ligne, l’art de la guerre.

Nous n’hésitons pas à mettre immédiatement après l’art de la colonisation.

C’est surtout pour ces branches qu’il importe de déterminer les idées d’art et de science.

Et cette détermination est nécessaire, car ces idées sont la caractéristique du génie humain, de cette vie consciente transcendante, qui est le partage de l’homme et qui se résume en ces deux termes : recevoir des impressions de l'univers extérieur et réagir sur cet univers par les manifestations de sa volonté. Réceptivité et activité, nutrition et création : telles sont les deux expressions fatales de l’activité humaine, où viennent inéluctablement converger toutes les facultés inorganiques, organiques et transcendantes qui, se superposant et se fondant en un tout unique dans cette vie consciente qui est le lot de l'homme, sont traduits par lui au moyen de ces mots magiques : science, art.

Il faut y insister.

À l’aide de ses cinq sens, — cinq sans plus à l'heure actuelle, — l’homme se fait de ce qui l'entoure des idées plus ou moins exactes.

Si, au lieu de se contenter de voir, d'entendre, de toucher, de goûter, de sentir (ainsi que fait l'animal), l’homme s'efforce de regarder, d'écouter, de palper, de déguster, de flairer; si, de plus, il adjoint à ses sens les milliers d'instruments que les études de physique, de chimie, de mécanique, ete., ont mis entre ses mains, l’homme acquiert des représentations intellectuelles de ce qui existe hors de lui; et ces représentations intellectuelles meublent peu à peu son esprit d’une série de connaissances qu'il classe, commente, abstrait et synthétise.

Et c’est tout cela, c’est cette nourriture de l'esprit, bien assimilée, qui constitue la seience.

Se servant alors de ces acquis intellectuels, — trouvés hors de lui par la seule application de ses cinq sens et des seules méthodes expérimentales, — l’homme réagit sur ce qui l’environne.

Il répète, si possible, les causes dont les effets lui sont favorables; il anéantit ou modifie celles qui n’ont pour lui que des effets nuisibles. Il lutte pour l'existence, de par la loi naturelle de la création à laquelle l'humanité est d'autant plus soumise que son organisation est plus délicate et plus complexe.

Sans doute, — dit toujours Girard, — dans ce combat livré par l'être humain à ce qui l’entoure pour asseoir sa domination sur l'univers, c’est par l’art créateur que sont portés les coups; mais la science, encore que son action soit médiate, n’en contribue pas moins à la victoire. En effet, ce n’est que par la Connaissance qu'il possède des choses (Felix qui potuit rerum cognoscere causas) que l'homme parvient à les engager dans la voie de ses desseins.

Du laboureur qui sème le grain dans l'espoir d’une riche récolte au sculpteur qui fait jaillir une forme humaine du bloc d'argile, ou à l'architecte qui lance une flèche de pierre vers les cieux, tous les travailleurs, artistes, créateurs, qu'ils obligent le sol à produire ou asservissent la matière à une haute pensée, tous, dis-je, ne réalisent leurs desseins que par la connaissance qu'ils ont, l’un des lois de la nature, le deuxième des proportions essentielles du corps humain, le dernier des règles de l'équilibre et de la résistance des matériaux.

On voit par là que, si Part est le levier au moyen duquel lPidée humaine soulève le monde, la science est ce point d'appui que demandait Archimède sans se douter jusqu’à quel point il contribuait à l’établir.

Telle, la phrase lapidaire par laquelle Girard met en pleine et saine lumière la signification enfin fixée de ces mots magiques : art, science, double terme de l'échange établi entre l’être humain et ce qui l’entoure.

Et dans leurs innombrables manifestations, l’art et la science sont toujours en un mélange intime : les grands artistes sont de grands savants comme les grands savants sont de grands artistes; seulement, pour être un grand artiste, il faut plus encore que la science : il faut le génie, cette splendeur d’ordre transcendant qui, de même que la beauté dans l’ordre organique, est le lot du petit nombre.

L'art le plus idéal, la musique, repose sur des sciences telles que l'harmonie, le contrepoint, ete., qui ne

le cèdent en rien sous le rapport de la précision et de l’aridité aux mathématiques pures, el il y repose tellement que, sans elles, lhomme le mieux doué au point de vue musical serait incapable d'écrire le morceau le plus vulgaire. 3

Mais qui prétendrait que la connaissance de l'harmonie et du contrepoint à sufli à Beethoven pour écrire ses immortelles symphonies? Si Beethoven n'avait rien de plus que la science musicale, s'il n’avait pas le « feu sacre », tout musicien Jouit de la pleine liberté d'écrire comme Beethoven.

Pourquoi done y en a-t-il si peu qui en profitent et, du coup, nous en fassent profiter?

Parce que, — nous venons de le dire, — il faut à la science joindre le génie, qui est le lot du petit nombre, le partage de lélite directrice des groupes humains et de leurs destinées, directrice, enfin, de la prise de possession de plus en plus complète de l’univers.

Dé ce qui précède résulte que la science, — c’est-à-dire lacquisition des connaissances médiates ou immédiates, leur groupement, leur elassement, leur abstraction et, enfin, leur synthétisation, — doit précéder l’action modificatrice de Phomme sur le monde.

Il en résulte encore que la science peut être le lot d’un nombre d’humains très considérable ; même, la marche progressive de l'humanité peut laisser espérer que les limites de nos connaissances scientifiques s’étendront jusqu’à englober l'univers entier, en même temps que le nombre des hommes savants (et non plus savantasses) augmentera indéfiniment, puisque être savant ce sera garder le patrimoine des expériences faites par les générations disparues, en l’enrichissant, pour les générations à venir, de nouvelles recherches expérimentales à la portée du très grand nombre.

Or, la finalité d’une génération est de procréer physiquement et intellectuellement la génération suivante.

La génération ou l'homme qui placent leur orgueil dans le but qu'ils ont atteint, s’abusent étrangement sur le rôle qu'ils ont à remplir dans l'humanité. Ce rôle, en effet, ne consiste pas à s'arrêter dans la contemplation de ses œuvres, mais bien à marcher en avant dans la voie indéfinie du progrès. C’est à cette finalité qu'ils doivent employer toutes leurs forces : à ce prix seulement, ils peuvent être fier d’un respectacle orgueil, et non d’une sotte et méprisable vanité.

L'homme étant conçu en possession virtuelle d’une intelligence dont le fonctionnement général est établi sur un plan qui diffère selon les races et qui est modifiable dans le temps pour la même race, possède une puissance réceptive et créatrice qui peut s’accroitre ou diminuer. Cette modification peut, d’ailleurs, s'exercer plus particulièrement dans un sens que dans l’autre, suivant la direction imprimée par les méthodes générales d'enseignement et d'instruction. Chaque race, chaque nation même a ainsi son avenir entre les mains, et c’est dans l’école, dans les universités, dans les casernes, partout, en un mot, où l’on modifie les infelligences par une action extérieure, que cet avenir se prépare.

C’est ainsi que les générations ne périssent pas tout entières; elles revivent dans celles qui leur succèdent par la manière dont elles ont compris leur devoir envers elles-mêmes et envers la postéri 6.

C’est en se basant sur ces vues (vues en accord complet avec les données les mieux établies de la science moderne) que Girard a pu aflirmer qu'une bonne direction imprimée au développement intellectuel de l'humanité conduira celle-ci à une puissance d’assimilation de plus en plus grande, et, par suite, accroïtra dans des proportions que l’on ne peut prévoir la puissance transformatrice que l’homme exerce sur l'univers.

Les élucubrations qui, jusqu'ici, se sont trop souvent parées du nom respecté de la science disparaitront dans l'oubli définitif, La spéculation, qui a transformé trop souvent la philosophie scientifique en un réceptacle d'idées saugrenues et de paradoxes fantastiques, a ses jours comptés. Déjà Gœæthe a lancé, à ladresse des spéculateurs spéculant dans toutes les branches de la science et de la philosophie, lépigramme suivante : « L'homme qui spécule est comme un animal promené par un esprit malin dans une bruyère aride, tandis qu'aux alentours se déploient de frais-et riches pâturages. »

On ne saurait assez le répéter : l’homme domine le monde par sa volonté, non par la spéculation, et les choses sont ce qu’elles sont, sans nul souci de l’opinion que le genre humain tout entier peut en avoir.

L’admirable essor qu'ont pris aujourd’hui les sciences expérimentales est le premier coup porté à la spéculation.

Et la science se montre comme pouvant devenir le lot du grand nombre, puisqu'il sufit du travail pour l’'acquérir.

Nous voyons ainsi se former dans les dirigeants du monde deux grandes classes : l’une, de plus en plus

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nombreuse, qui interroge patiemment la nature, lui ravit ses secrets et ses lois, en un mot, réunit les matériaux scientifiques; l’autre, forcément réduite à une élite, qui met en œuvre le travail scientifique en s’élevant sur les ailes de la philosophie pour saisir les ensembles et les lois générales, afin de les appliquer à la transformation, à la prise de possession de plus en plus complète du domaine de l'humanité. Ceci peut être indifférent à ceux qui ne pensent pas au delà des besoins journaliers de la vie matérielle; mais les hommes dont l'humanité s’'honore n’ont jamais compté parmi ceux-là ; on les trouve dans l'élite qui ne s’enquiert pas seulement du point où l’on est, mais encore où l’on va et d’où l’on vient. C’est dans cette élite que brille, astre de première grandeur, le Roi-Souverain de l’État indépendant du Congo.

Fait dit que, parmi les branches où l’art s’unit si intimement à la science que les meilleurs esprits ne parviennent pas à en opérer la distinction, il faut, — après le grand art de la guerre, — citer l’art de la colonisation.

C’est le résultat de causes nombreuses dont beaucoup viennent de suite à l'esprit.

Ce que voudrait pouvoir dire le philosophe, c’est que, dans la science de la colonisation, on rencontre, porté à son plus haut point, comme cela se voit dans la science militaire, ce détachement du conventionnel des préjugés et des intérêts personnels, qui est le commencement de la véritable science.

Hélas !

Pourtant, il faut choisir : il faut être ou savant, ou financier, ‘industriel, commerçant.

Malgré tous les titres d’un docteur en science, s’il met ses découvertes nouvelles en exploitation par quelque syndicat, il choisit lui-même un rôle qui lui enlève toute autorité scientifique; il n’a plus qualité pour faire appel à ses frères en science; le savant à fait place au financier.

Dès lors, toutes les suppositions sont permises.

Lorsque le D' Rœntgen découvrit les rayons qui ont illustré son nom, son premier soin fut de permettre de répéter son expérience dans tous les laboratoires, et il s’y employa de toutes ses forces.

Si, au lieu d'appliquer ainsi largement les méthodes de contrôle en honneur dans la science moderne, le D' Rœntgen avait répondu aux physiciens, le lendemain de sa découverte : « Je ne peux rien vous dire de précis; un syndicat vient de se former pour l'exploitation de la vision à travers les corps opaques et le secret m'est ordonné, » il aurait peut-être acquis beaucoup de fortune, mais aurait cessé de compter parmi les savants.

Ainsi l'explorateur qui veut rester digne du nom de savant doit de même exposer tout ce qu’il a constaté, sans le moindre souci d’affaires. Il ne doit lui importer en rien que des particuliers, en petit ou en grand nombre, puissent s'enrichir ou être ruinés selon des opérations spéculatives qu'ils tenteront sur les constatations livrées à la publicité par lui, simple savant, qui se réjouira seulement de voir lesdites constatations passées au crible du plus grand nombre possible de contrôles.

Ces contrôles, les travaux de la mission scientifique du Ka-Tanga les appellent, en même temps qu'ils doivent faire connaître au plus grand nombre d’intéressés possible ce qu’on peut connaitre d’un pays d’outremer, sans avoir soi-même traversé les océans.

Pour atteindre à ce but, nous avons eu, et continuerons à avoir recours à tous les moyens de publicité.

Au cours même du voyage, de nombreux documents avaient été envoyés au gouvernement de l'État indépendant du Congo; une partie des documents écrits furent publiés par la Belgique coloniale; quelques-unes de nos planchettes cartographiques ont déjà servi au géographe A.-J. Wauters pour sa toute dernière carte du Congo; des poissons envoyés par nous furent décrits et reproduits — quelques-uns en couleurs — par les Transactions of the Zoological Society, de Londres.

Depuis notre retour, plus de soixante conférences ont été données en Belgique, en France et en Angleterre; deux cents photographies reproduites en diapositifs ont ainsi permis de donner rapidement une première idée de notre promenade transafricaine.

D’autre part, les spécialistes de la mission se mirent de suite à la coordination des éléments à publier.

C'est ainsi que M. Voss, géologue, à dressé cartes et coupes géologiques; classé les échantillons minéralogiques recueillis par lui, et terminé un rapport de plus de deux cents pages.

De son côté, M. Questiaux, prospector, a également établi son rapport spécial.

Ces documents ont été remis par le gouvernement de l'État indépendant à la Société belge de Géologie qui à bien voulu se charger d’en effectuer la publication dans son bulletin.

Les documents météorologiques furent remis à M. A. Lancaster, laimable et savant directeur du service météorologique de Belgique.

Sous la direction de cet éminent spécialiste, M. de Banterlé, adjoint au service météorologique de l'Observatoire royal à Uccle, a dressé une longue série de tableaux qui paraïîtront prochainement sous les auspices du service météorologique de Belgique.

Le travail cartographique fut confié à M. L. Menger, élève d’Élisée Reclus et l’un des meilleurs dessinateurs cartographes de notre Institut cartographique militaire.

De mon côté — aidé de mon second, M. le sous-intendant Michel — j'ai revisé les longs, les interminables calculs de latitude, longitude et altitude, ainsi que les calculs relatifs à la détermination des trois composantes magnétiques.

Ce travail spécial a provoqué la publication — en 1901 — de quinze mémoires justificatifs de nos observations d'astronomie cartographique.

Egalement en 1901, a été publiée la carte en deux feuilles, au en quatre teintes, de notre

1,000,000° itinéraire complet depuis notre arrivée au sud du Tanganika jusqu’à notre passage aux Stanley-Falls.

ë En même temps paraissaient, dans des publications spéciales, les diverses notes suivantes, rédigées par nous :

1° Note préliminaire sur les Résultats des Observations magnétiques, faites au Congo, de 1898 à 1900, par le capitaine Lemaire.

Bulletin de l’Académie royale de Belgique, classe des sciences, numéro de février 1901. 2 Note sur la Mouche Tsétsé.

Bulletin de la Société de géographie d'Anvers (décembre 1900). 9° La Mission scientifique du Ka-Tanga.

Communication faite à la Société de géographie commerciale de Paris. Bulletin de cette société, année 1901, n® 6, 7 et 8. The Belgian scientific Expedition to Ka-Tanga. Communication faite à la British Association for advancement of science, en son meeting de Glasgow, septembre 1901.

Numéro d’octobre 1901 de « The Scottish geographical Magazine ». »° Grottes et Troglodytes du Ka-Tanga.

Bulletin de la Société de géographie de Paris, numéros de novembre et décembre 1901. 6° The Congo-Zambezi Water-parting.

Numéro de février 1902 de « The geographical Journal », bulletin de la « Royal geographical Society » de Londres.

T° Note sur les Déterminations d’'Altitudes absolues dans les Régions intertropicales. Communication faite à la Société belge d'astronomie, (16° mémoire de la mission scientifique du Ka-Tanga et bulletin de la Société belge d'astronomie, 1902.) 8° Note sur les Sources du Congo.

Envoyée à la Société de géographie de Liverpool pour être publiée dans son bulletin. % La Ligne de Faîte Congo-Zambèze.

Bulletin de 1902 de la Société de géographie de l'Est (Nancy). 10° Les Wamboundous. (Les Colporteurs noirs entre l'Atlantique et le Ka-Tanga.) Revue de géographie. (Paris, 1902.)

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Maintenant je rappelle que l’œuvre de Léon Dardenne, l'artiste peintre qui fut nôtre là-bas, a été exposée complètement — soit plus de 500 tableaux, aquarelles, esquisses, études, planches de faune et de flore, ete., — au Cercle artistique de Bruxelles, en juin 1901.

Les aquarelles de cette série furent exposées en septembre à l’Ecole d'Art de Glasgow, et en octobre à la

Société de Géographie d'Edimbourg. Toute la collection de Dardenne sera encore présentée en mai-juin 1902 à l'exposition organisée à Anvers par la Société de Géographie de cette ville, pour fêter son 25° anniversaire.

Enfin, un atlas manuscrit de 200 feuilles, donnant, à une échelle d'environ le 33 000” le détail des RSS. À s Se ; : À — 99, ( 6,600 kilomètres levés par nous, à été achevé au cours de l’année 1901.

Tel est le travail assuré par le personnel mème de la mission depuis sa rentrée en Europe.

D'autre part, nos collections de faune, de flore et d’ethnographie étaient étudiées par les diverses commissions spéciales chargées par le gouvernement de l’État indépendant, de la publication de ses superbes annales scientifiques.

Avec l’année 1902, nous avons pu arriver à la publication de notre journal de route, publication destinée, non plus tout particulièrement aux spécialistes comme tout ce que nous venons d'énumérer, mais à tous les genres de lecteurs.

Cette publication comprendra trois volumes illustrés, qui se complèteront de Patlas au 50 000 cinq couleurs, de notre itinéraire, également divisé en trois sections. è

Notre journal de route a pour but de vulgariser nos travaux; il sera le récit fidèle, fait au jour le jour, de la vie intime de notre caravane.

Ceux qui liront ces lignes, écrites toujours de bonne foi, y trouveront l’exacte notation de l’existence que nous firent les circonstances de notre long voyage ; puisse cette expression sincère de nos impressions éveiller des curiosités et provoquer des vocations. Je n’hésite pas à dire à ceux qui seraient ainsi touchés qu'ils s’assureront la plus enviable des existences, car ils se feront une vie agréable par son travail, lequel les paiera cent fois, mille fois mieux et plus que la seule fortune; ils travailleront pour s'amuser, non pour gagner de largent; ce dernier but fait la vie amère, le premier la rend belle et bonne, en conservant au travailleur la fraicheur d'idées, l'enthousiasme désintéressé qui sont l'apanage de la jeunesse!

Par cette fraicheur d'idées, par cet enthousiasme juvénil, le travailleur de la pensée ne vieillit pas et la vie ne lui est jamais à charge.

Puisse la lecture de ces pages si vécues confirmer ce que je dis ici, et persuader quelques adolescents de

suivre la voie que nous leur indiquons.

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