RAR
çonner de mal, puisqu'il avait pris la deuxième pour obéir à ses père et mère, ayant appris que la polygamie est prohibée par l'Evangile, donna ordre aussitôt à celleci de prendre son enfant avec elle, et de partir. La
femme, plus humble qu'Agar, fait aussitôt son paquet, # part sans dire un mot de réplique , et va se gîter tran- 4 ñ quillement dans le wigwam de sa mère. Bientôt elle se à 1 de présente à confesse pour devenir catéchumène, ainsi (ph 1 que Pitnouane et sa femme l'avaient fait. Elle ne sa- # ave vait pas même le Pater ; mais elle est pleine d'esprit, 4 tro active, laborieuse, et, ce qui est rare chez les sau- 4 cor vages, très-propre dans tout son extérieur, Sans doute, d'a elle aurait déjà été baptisée , si la distance de son wig- © oc wam ne l'avait empêchée de venir plus souvent au vil- %# mo lage pour se faire instruire. 0 trè » Je reçois assez fréquemment , et même j'ai reçu au- } | de 1 jourd’hui la visite des sauvages qui font plusieurs jours ho pi de marche, n'importe le temps, la neige ou la pluie, # me pour venir me voir et rejeter le wisky. Ce mot wisky 3 for me rappelle qu’un malheureux, près d’expirer, parce 4 qu que des pourceaux lui avaient rongé le bas-ventre lors- 5 ay: qu'il était ivre, m’envoya quérir. Il paraissait fort pé- L: tro nitent et parlait à peine. Il n'y avait pas de temps à 1 lan perdre : je l’exhortai, l’instruisis un peu, le baptisai, 1 el et dès lors il commença à recouvrer l'appétit, les forces | qu | et la santé, au grand étonnement de tous. Cette ferveur 4 n du Ciel amena à mes genoux vingt sauvages qui en fu» 4 bie rent les témoins. Thomas , c'est le nom que je donnai be ma au malade , vint me voir aussi plusieurs fois ; mais enfin L- de il succomba encore à la tentation neuf mois après, à l vil
Chicago, où un rassemblement de mille sauvages amena
deuxième pour ue la polygamie aussitôt à cellet de partir. La tôt son paquet, a se giter tran- . Bientôt elle se chumène, ainsi ait. Elle ne sapleine d'esprit, chez les sauur, Sans doute, ice de son wigsouvent au vil-
ne j’ai reçu auplusieurs jours e ou la pluie, , Ce mot wisky l'expirer, parce as-ventire lorsaissait fort péas de temps à u, le baptisai, pétit , les forces s. Cette ferveur ages qui en fu+ que je donnai ois ; mais enfin mois après, à jauvages amena
| les iraiteurs, à qui la cupidité fait répandre à grands
flots la liqueur perfide. Thomas a honte de sa faiblesse , et craint de s'approcher de moi; mais je me promets bien de le poursuivre au retour de sa chasse, et de ramener la brebis égarée au bercail avec l’aide de Dieu.
» Autre anecdote ; je trouvai à Chicago, dans le mois de septembre, une bande de Kikapous avec leur prophète qui les a fait renoncer au wisky. Je crois vous avoir déjà parlé de leur probité. Un d’entr'eux ayant trouvé, la veille du départ, quelques effets dont il ne connaissait pas le maître, me les apporta , me priant d'agir en conséquence. Il aurait bien pu les déposer, comme je le fis, chez l'agent des Etats-Unis, mais cela montre la confiance qu'ils ont au makaté-konia. Ils sont très-disposés à embrasser la religion, puisqu'au mois de juillet ils m'avaient envoyé une députation de trois hommes , qui firent six ou huit jours de marche pour me trouver au village de Pockegam ; mais j'étais au fort de l'ouvrage, et je promis seulement de les visiter quand je le pourrais. Ah! quand aurai-je ce loisir, ayant déjà trop à faire! Il faut aussi ajouter que je suis trop vieux au moins de trente ans , pour apprendre les langues, supporter les fatigues du voyage et la vie dure et irrégulière des sauvages. On ne peut se figurer ce que les premiers missionnaires ont eu à souffrir.
» Nous sommes ici en deuil aujourd’hui , et cependant bien consolés, d'après les principes de la foi. Un charmant néophyte de dix-sept ans, nommé Jacques, vient de mourir dans le bois, à un jour de marche de ce village. Son père et sa mère sont infidèles encore. Je le voyais avec peine obligé de les suivre dans leur hiver-
ET
MISSIONS nement , parce qu’il n’était que catéchumène , et pas suffisamment préparé pour le saint baptême. Il n’y avait pas d'espérance qu'il vécût long-temps, car il était atteint d'une maladie de langueur qui avait déjà fait beaucoup de progrès. Je lui persuadai aisément de rester avec moi, quoique notre charitable chef Pokégann eût à peine du blé pour nourrir, jusqu’à la Noël, vingt-deux personnes de sa famille , outre les visiteurs de tous les jours qui nous assiègent pour être instruits dans la foi ; ses parents y consentirent avec peine. Enfin je le baptisai, il y a six semaines , et il s’en alla à pied au campement de son père. Le temps était fort mauvais. Lorsqu'il me fitses adieux, je n’espérais plus le revoir. Je lui recommandai de bien conserver la grace du baptême ; il lui était doux et aisé de me promettre de faire tous ses efforts, et il a tenu parole. Son père et les autres sauvages, qui ont apporté ici le corps, pour lui donner la sépulture chrétienne , nous disent qu'il priait continuellement , qu'il apprenait les prières à ses petits frères, qu'il les instruisait, les exhortait, leur faisait observer les abstinences de l'Eglise ; et lui-même, tout faible et tout malade qu’il était, il leur en donnait constamment l'exemple. !kn'a pas même consenti à prendre du bouillon aux jours consacrés à la pénitence , malgré les instances de sa mère, qui n’avait en outre que du sagamité, mais pilé et bouilli, à lui donner. Son dernier monvement a été un signe de croix, de patience et de résignation. Beati qui in Domino moriuntur ! Destitué de tout secours spirituel , et entouré d'infidèles seulement, il faisait souvent et ne pouvait faire que le signe de la croix ; son oncle, touché d'une
imène , et pas me. Il n'y avait r'il était atteint fait beaucoup de rester avec )kégann eût à él, vingt-deux ars de tous les ts dans la foi ; fin je le bappied au cammauvais. Lorss le revoir. Je race du bapnettre de faire n père et les orps, pour lui nt qu'il priait es à ses petits t, leur faisait i-même, tout donnait consenti à prena pénitence, vait en outre à lui donner.
de croix, de Domino mol,et entouré t ne pouvait touché d’une
D'AMÉRIQUE. 43 telle piété, s'est rendu en venant à confesse, et son père paraît si bien disposé, que j'attends de lui une pareille démarche , à son retour de la chasse, Toute la famille suivra ensuite les traces de son chef. J'avais bien raison de dire à un de mes meilleurs amis du Kentucky, protestant et sénateur au congrès, qui voulait me retenir dans son voisinage. « Je convertirai plutôt cinquante sauvages au Michigan, qu'un seul presbytérien au Kentucky. — Je le crois, répondit-il, parce que vous n'aurez pas de préjugés à arracher d'abord; j’ajouterai, ni l'amour des choses terrestres. »
« Vous ne serez pas fâché d'apprendre comment je suis logé et nourri : en venant ici, je m'attendais bien à y trouver l'occasion de combattre la sensualité, et je ne me trompais pas. C’est sans doute une insigne faveur du Ciel, que j'apprécie beaucoup, puisqu'il faut faire pénitence. Je dois prêcher cette vertu aux autres, et je n’ai que peu de temps à la pratiquer moi-même. Vous apprendrez d'abord que la cheminée de ma cabane fume tellement, qu'il faut quelquefois éteindre le feu; puis, le plancher est si mal joint et la porte aussi, que nous avons des vents coulis à souhait. Le toit, entr'ouvert en plusieurs endroits, est aujourd’hui couvert d’un pied de neige qui nous protège contre le froid; mais, en temps de pluie ou de dégel, il faut bien se soumettre à de fortes rosées, et quelquefois à des ondées. Mon lit était une natte et quelques couvertures; au mois de septembre, j’obtins enfin une paillasse; encore je n’en jouis que deux nuits; il fallut pratiquer l’hospitalité et la livrer à un ami qui a passé plusieurs mois au village. Ma table est un banc de quatre pieds de long et de dix
poucés de large; elle'est à peu près siffisante pour detix personnes qui n'ont qu'un seul plat à y mettre. Quélquefois nous sornmes sans viande lorsque la chasse n'a pas été heureuse : alors nous avons recours au sagamité ou à des fèves ; il arrive même que le pain nous manque, mais toujours de façon ou d'autre nous vivons : graces à Dieu, je ne me suis jamais mieux porté et je n'ai jamais été plus content: Beata solitudo, sola beatitudo! Enfin , je me trouve à ma place; je serais pourtant fort aise d’avoir un bon prêtre avec moi, ou du moins dans mon voisinage... »