XVI INTRODUCTION
mais leur existence devrait nous faire rougir, elle est un reproche aux Églises.
Quand TÉternel, qui avait préparé pour tous les peuples de la terre des bénédictions ineffables et remis à quelques communautés la noble tâche de répandre Ses grâces, a vu que les siècles s'écoulaient, que les Églises demeuraient dans une lâche inaction , qu'elles avaient dans leur égoïsme oublié et l'amour de leurs frères perdus et les injonctions paternelles, Il a suscité des hommes de bonne volonté, et des sociétés se sont formées pour faire à la place des Églises les travaux auxquels celles-ci se refusaient.
Voilà, je pense, comment ont pris naissance les sociétés de missions, corps religieux sans raison d'être et qui ne représentent rien dans le royaume de Dieu, sinon les regrets et les soupirs de quelques fidèles.
Si des Églises, pauvres en hommes et en argent, rendues timides par leur grande faiblesse, mais désireuses d'être enfin fidèles à leur mandat, s'unissaient pour entreprendre une mission commune, la chose serait bien différente. Un comité central s'organiserait pour agir au nom de cette fédération d'Églises, corps vivant, corps réel dont il serait le représentant normal. Ses envoyés ne dépendraient pas uniquement de souscripteurs épars çà et là, que la pensée ne sait jamais où aller chercher, et dont l'intérêt, parce qu'il n'est pas collectif, manque à se rendre sensible ; ils ne seraient pas semblables à ces êtres déshérités de la nature qu'à défaut de personnes charitables disposées à se faire les parents de l'orphelin, la charité publique, cette expression suprême de l'égoïsme des particuliers, rassemble sous le toit d'un asile; mais ils auraient la douceur de se sentir entourés de l'affec-