XIV INTRODUCTION
ce qu'on se plaît à nommer la pite de nos Églises. C'est, je pense, par allusion à la pite que donna la veuve de i'histoire évangélique.
Je trouve dans ce rapprochement une amère dérision. Cette pite était tout ce que la veuve avait pour vivre. Ce que nous appelons notre pite, n'est qu'une fraction insignifiante de notre superflu.
On donne volontiers chez nous. On donne de l'argent, mais on ne se donne pas soi-même. C'est pourtant là ce qu'il faudrait faire.
On a quelquefois supposé que le riche de la parabole, cethomme qui se traitait magnifiquement, était un homme libéral, se plaisant à donner la dîme de tout ce qu'il possédait. Je ne trouve rien d'improbable dans cette hypothèse. Ce malheureux aurait pu donner des sommes énormes en aumônes publiques; il n'avait pas donné son cœur au Dieu d'Abraham. C'est pourtant là ce qu'il aurait dû faire.
Quand même l'envoi réguUer du produit de nos collectes à Baie et à Paris suffirait à apaiser le cri de nos consciences, je douterais que ce fût une satisfaction véritable aux exigences du devoir. En d'autres termes, lorsque nos Églises ont transmis à des sociétés étrangères le montant de nos souscriptions, ont-elles par là rempli leurs obligations à l'égard des païens et dégagé leur responsabilité vis-à-vis de Dieu?
Je ne le pense pas, et voici mes raisons :
Lorsque notre Seigneur, au moment de partir pour les demeures éternelles, donna à ses apôtres l'ordre formel d'évangéliser toute la terre, ceux-ci étaient les représentants de l'Église universelle et de toutes les communautés chrétiennes qui devaient s'établir sur la surface du globe. L'obligation existe donc pour toute Église