‹ Missions dans l'Inde: Le Rajputana; trois séancesChapitre 8 sur 14 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

A l'heure où j'écris ces lignes, des milliers d'êtres de la même race que nous, sujets aux mêmes infirmités, possédés par les mêmes besoins de bonheur, de repos, de paix , (jui méritent aussi bien que nous de connaître le nom du Seigneur, ou qui n'en sont pas plus indignes, prostituent leur dignité humaine devant des autels infâmes, satisfont ou plutôt trompent leur soif d'adoration par des cultes que ma plume se refuse à décrire, se livrent, dans leur désespoir, à des tourments ingénieusement raffinés, à des genres de mort bizarres autant que douloureux, et Satan qui les retient captifs, trop heureux de l'oubli dans lequel nous les laissons, se rit de leur effroyable misère. Leur cri de détresse, que nous ne savons pas entendre, est entendu, estécolité; il monte vers les cieux en témoignage contre quiconque demeure indifférent devant le spectacle d'hommes se mourant dans une agonie à laquelle il nous appartient, il nous est enjoint de mettre fin.

Qu'on pardonne à Texcès de ma douleur ces paroles sévères. Le souvenir de ce que j'ai vu, des scènes dont j'ai été le témoin, des souffrances inouïes, des horreurs sans nom , de la condition infiniment déplorable d'une société qui a vieilli dans la privation de l'Évangile, la vue du contraste qui existe entre le royaume de Dieu en Europe et le royaume du diable en Asie, en me faisant pressentir celui qui existera entre le ciel et l'enfer, me rappelle que l'abîme peut encore être comblé, et me pousse à crier aux habitants privilégiés de mon heureuse patrie : Avant qu'il soit trop tard, ayez pitié de vos frères hindous. Vous avez tout reçu, donnez tout aussi, de bon cœur et gratuitement.

On donne volontiers chez nous. La Société des missions de Paris et celle de B^âle reçoivent chaque année

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