BIBLIOTHECA
Ottaviensit
des Foréts ; qu'ils en avaient été très-bien reçus; qu’une maladie, dont deux personnes étaient mortes peu de jours auparavant, régnait parmi eux, et que tous manifestaient un grand désir de me voir... Nous les rejoignimes le lendemain, pour faire route ensemble pendant quelques jours.
Les Assiniboins des Forêts ne sont guère qu’une cinquantaine de loges ou familles, divisées en plusieurs bandes. On les voit rarement dans les plaines ; la forêt est leur élément, et comme chasseurs et comme guerriers, ils s’y distinguent d’une manière remarquable. Ils parcourent les
montagnes et les bois suivant les différentes fourches et les :
branches diverses des sources du Sascatshawin et de l'Athabasca. L'agriculture leur est inconnue; ils vivent exclusivement de petits animaux, tels que moutons, chèvres, chevreuils et surtout porcs-épics, dont cette région fourmille. Lorsque la faim les presse, ils ont recours aux racines, aux graines et à l'écorce intérieure du cyprès. Ils ont peu de chevaux et font tous leurs voyages à pied et par petits campements. De grand matin, tous les chasseurs prennent les devants et pendent aux arbres, le long de la route, le fruit de leur chasse. Leurs pauvres femmes, ou disons plutôt, leurs esclaves, ayant souvent deux enfants sur le dos et plusieurs autres qu’elles trainent après elles, suivent lentement les traces de leurs maris et ramassent en passant, ce que ceux-ci ont tué: elles conduisent une longue file de chiens, chargés de tout leur petit ménage et des provisions... Chaque famille en possède une bande de six à douze; chaque chien peut porter de 30 à 50 livres... Ce sont sans contredit les animaux, dont l'existence est la plus malheureuse ; ils reçoivent de leurs tendres maitres et maîtresses plus de coups de bâtons, que de morceaux à manger. Ces chiens sont les voleurs les plus adroits et les plus incorrigibles, qu'on puisse rencontrer dans les
il vit un eus, en & rapporte triste et
Mauvaise commun:
celte pet instructi( quoiqu’ur fois par d la Religi scrvices, leurs pet survécu <
, qu'une de jours ifestaient es le lenquelques
une cineurs banêt est leur rs, ils s'y ourent les ches et les :
vin et de ils vivent moutons, dont cette e, ils ont ‘intérieure
forèts. Chaque soir, il faut nécessairement pendre à des arbres tout ce que l’on possède, ou le mettre hors de la portée de ces animaux voraces et affamés; de plus il faut se barricader dans sa tente pour la nuit et l’entourer de branches; car tout ce qui est cuir, tout ce qui a appartenu à un être vivant, ces fourbes adroits l'emportent et le dévorent.….. Je les traite peu charitablement, me direz-vous; ne vous en étonnez pas. Un beau soir , j'avais négligé d'établir une barricade autour de ma tente; eh bien! je me trouvai le matin sans souliers, sans col à ma soutane et moins une jambe à mes culottes de peau.
Le chef de ce petit camp me racontait, que l’hiver dernier, un homme de sa nation, réduit à l'extrémité (et les cas ne sont pas rares) avait mangé successivement sa femme et ses quatre enfants. Le monstre s’enfonça ensuite dans la forêt, sans qu’on ait pu savoir ce qu'il est devenu... Le Révérend M Bolduc, Missionnaire de l’Orégon, rapporte dans son journal, qu’à Akéna , une des îles Gambier, il vit une vieille femme, qui, sur huit maris qu'elle avait eus, en avait mangé trois pendant un temps de disette. Je rapporte ce dernier fait, pour montrer le revers de cette triste et affreuse médaille.
Les Assiniboins ont la réputation parmi leurs voisins d'être querelleurs, jaseurs et jaloux; par suite de ces mauvaises qualités, les batailles et les meurtres sont communs parmi eux, et de là, toutes les divisions dans cette petite peuplade.... Tous les soirs, je leur fis une instruction par trucheman: ils parurent assez dociles, quoiqu’un peu timides; car ils avaient été visités plusieurs fois par des personnes, qui avaient diffamé les Prètres et la Religion? Je rendis à leurs malades tous les petits services, qui furent en mon pouvoir ; je baptisai six de leurs petits enfants et un vicillard moribond, qui n’a survécu que deux jours à sa régénération spirituelle et
qui a été enterré avec les prières et toutes les cérémonies F vaille de l'Eglise. énime La propreté ne figure pas parmi les vertus domestiques de | site l’Indien : sous ce rapport, les Assiniboins montrent unein- LE ché différence etuneignoranceencoreplusprononcée, qu'aucun ditrea: de leurs voisins: ils sont sales au-delà de toute expression: tièves: la vermine les dévore et ils dévorent la vermine. Un sau- | etreni vage, que je reprenais par plaisanterie sur ce genre de sur'en cruauté: « N'as-tu pas honte, lui dis-je, de mordre ces hacliis pauvres petites bêtes? — Elles m'ont mordu les premii- tout ee res; j'ai droit de représailles, » fut sa réplique. croûtes Un jour j'assistai par complaisance à leur festin et séch du porc-épic: c'était à faire bondir l'estomac le plus friandi intrépide et le plus affamé. A défaut de nappe et de Le p * vaisselle, les chemises de cuir de quelques convives, lui- le casto santes de crasse, et où (passez-moi l’image peu ragoûtante) effet, «4 maîtres poux fourmillaient, furent en un instant Ôtées et ports *ÿ étendues sur le sol: ce fut sur ce couvert, qu’on coupa et et habit qu’on distribua la viande; à leur tour, les cheveux firent l'office de serviettes, quand il fallut s’essuyer les mains. Comme le porc-épic a naturellement une odeur forte et désagréable, c'est à peine, si l’on peut supporter ceux qui se nourissent de sa chair et se frottent le corps de sa graisse... Une bonne vieille, le visage tout barbouillé du sang de cet animal (car elle était en deuil) me présenta un plat de bois rempli de bouillon: la cuillère en corne de mouton, dont je devais me servir, étant mal-propre ct couverte de graisse, elle eut la complaisance de la lécher, avant de la mettre dans ma soupe. Si un morceau de viande sèche, ou tout ce qui se prépare pour la cuisson, a besoin d’#:" nettoyé, la cuisinière se remplit la bouche d'eau et au fait jaillir avec force sur ces différents objets... Un plat, considéré délicieux parmi les Indiens, se prépare singulièrement et mériterait vraiment un brevet d'invention : les femmes seules s’en occupent. Elles tra-
rémonies
stiques de nt une inqu'aucun «pression :
>) Un sau- h
| genre de mordre ces 8 premiè-
eur festin ac le plus appe et de nvives, luiragoûtante) ant Ôtées et on coupa €t veux firent
les mains.
eur forte et ter ceux qui
présenta un en corne de al-propre et de la lécher,
la cuisson, it la bouche nts objets.
ns, se pré-
un brevet
vaillent d'abord avec des mains crasseuses le sang d'un animal; ensuite elles font bouillir ce sang, mélé d’eau; enfin elles remplissent la chaudière de viande et de graisse hachées, mais hachées avec les dents: souvent une demidouzaine de vieilles sont occupées, durant des heures entières à la préparation de ce singulier ragoût : elles mâchent ct remächent, bouchée par bouchée, ce qu’elles font passer ensuite dans la marmite, afin de composer le fameux hachis ou les fricandeaux des Monts-Rocheux. Ajoutez à tout cela, en forme de dessert, un gros plat rempli de croûtes, faites avec des fourmis et des sauterelles broyées et séchées au soleil, et vous connaîtrez à peu près les friandises d’une table Assiniboine.
Le porc-épic Américain, l’Hystrix dorsata, est appelé le castor épineux par quelques naturalistes modernes. En effet, ces deux animaux se ressemblent sous bien des rapports : ils sont de la même grandeur, de la même forme et habitent la même région; l’un et l’autre ont à l’extrémité de chaque machoire deux dents longues, fortes, aiguës et tranchantes. Le porc-épic, comme le castor , a un double poil: le premier est long et doux, le second est encore plus doux et ressemble au duvet et au feutre; ses épines sont courtes et presque couvertes de poils.
Les Tétes-Plates nomment le porc-épic, le frère du castor, et racontent qu’anciennement ces deux animaux vivaient en famille ; mais que l’indolence et la paresse du premier, ainsi que sa grande aversion pour l’eau, ayant contribué plusieurs fois à les faire découvrir à leurs ennemis communs, les castors, réunis en conseil, se déclarérent, à l'unanimité des voix, contre l'union... Les castors donc se prévalurent du beau temps, et invitèrent leurs frères épineux, à faire une longue excursion, parmi les genevriers et les cyprès de la forét. Les paresseux insouciants s’y remplirent le corps, des bouts de branche du premier de ces arbres et de la tendre écorce
AV Mean etre