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de l’homme est odieuse à toutes les créatures timides des foréts; elles s’en effraient et s'éloignent en toute hâte, pour se mettre à l'abri et hors de la portée des armes meurtrières... Dans le courant de la journée, nous sautèmes l'endroit appelé les Petites Dalles et nous campâmes à l'entrée du premier lac.
Le lac, avec ses eaux transparentes comme le cristal, présente un spectacle ravissant, au moment où le soleil levant darde ses premiers rayons sur les cimes rocheuses et glacées des montagnes voisines. Il a de quatre à cinq milles de largeur, sur vingt-cinq à trente de long. Ses bords sont embellis par des rochers saillants et par des pics majestueux, qui s’élancent hardiment au-dessus de la région nébuleuse. Leurs flancs couverts de neige, dominent les belles forêts de pins et de cèdres, qui bordent le lac. Les deux plus hauts pics s'appellent le S' Pierre et le $! Paul.
Une vingtaine de familles indiennes de la station de S‘ Pierre se trouvaient campées sur les bords du lac. Je me rendis avec plaisir à leur pressante invitation. C'était la rencontre d’un père avec ses enfants, après dix mois d’absence et de dangers. J'ose le dire, la joie fut grande et sincère de part et d’autre. La plus grande portion de leur tribu avait été évangélisée aux Chutes des Chaudières, dans le courant de l'été dernier; ceux-ci avaient été absents en cette occasion. Je restai donc quelques jours parmi eux, pour les instruire des devoirs et des pratiques de la Religion; ils reçurent le baptème, avec toutes les marques d’une sincère piété et de la plus grande reconnaissance. Grégoire, c’est le nom du grand chef, eut le bonheur, en 1858, de recevoir le baptème des mains du Rév.i M." Blanchet, maintenant Archevèque, à son entrée dans l’Orégon. Ce digne et respectable chef fut au comble de la joie, lorsqu'il vit enfin tous les membres de sa peuplade rangés sous l’étendard de Jésus-Christ. Depuis sa
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conversion, il n'avait cessé de les y exhorter par ses paroles et par son exemple. La Tribu des Lacs fait partie de la nation des Schuyelpi. Aussitôt que nous aurons plus de moyens à notre disposition , nous leur viendrons en aide, avec des instruments de labourage, des semences et des racines, qui promettent de réussir dans leur pays et qui seront d’un grand secours pour ce pauvre peuple dénué de tout.
Le second lac est éloigné du premier d'environ six à huit milles; il est moins large, mais à peu près de la même longueur. On y passe sous un rocher perpendiculaire, dont les fentes sont remplies de flèches. Les Indiens, soit ‘qu’ils montent ou qu'ils descendent le lac en canot, ont la coutume de décocher une flèche dans les crevasses du rocher. L'origine et la cause de cette coutume m'est inconnue. C'est de cette circonstance, que les premiers voyageurs ont appelé ces lacs, les Lacs aux Flèches. L’embouchure de la Rivière MacGilvray , ou des Arcs-à- Plats, est près de la sortie de ce second lac. Elle présente un bel emplacement pour une réduction ou mission future; jy ai déjà marqué l'endroit propre à la construction d’une église. Environ vingt milles plus bas, nous passämes la Rivière Tête-Plate ou Clark, qui décharge une grande quantité d’eau dans la Colombie. Ces deux beaux tributaires du grand fleuve de l'Ouest descendent de même chaine des Montagnes-Rocheuses, où un grand nombrede fourches de la branche du Sud du Sascatshawin et du Missouri viennent s'alimenter. Depuis leurs embouchures, elles offrent, dans l’espace d'environ trente milles, de grands obstacles à la navigation, à cause d’une succession continuellede chutes et de rapidesinsurmontables. Parmi les nombreux lacs unis à la Rivière Tête-Plate, trois sont très-considérables et s'étendent de trente à quarante milles, avec une largeur de quatre à sixmilles. Le Lac Téte- Plate reçoit une grande rivière, dontle cours s'étend àplus
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s en aide, immédiatement à la grande chaine , au milieu desquels nces et des on remarque une profusion de lacs. La Rivière Tète-Plate pays et qui ou à Clark passe par le Lac Kalispel. Le Lac Roothaan se aple dénué D trouve parmi les montagnes des Pends-d'Oreilles et des
Ares-à-Plats, et se décharge, par la Rivière des Robes- Noires, dans la Rivière à Clark, vingt milles au-dessous du Lac Kalispel. Ces trois beaux lacs sont couverts d’iles. La Rivière St° Marie ou Racine-Amère vient du Sud et s’entrelace avec plusieurs fourches du Missouri: c’est le plus grand tributaire de la Rivière à Clark ; sur ses bords se trouve la résidence principalede la tribu des Têtes-Plates.
n six à huit de la même endiculaire, ndiens, soit anot, ont la revasses du
e m'est in- D Toutes ces eaux contiennent des poissons en abondance, es premiers D particulièrement les différentes espèces des truites. La lèches. géographie de la tête de la Rivière à Clark ou Tète-Plate u des Arcs-à- D est peu connue, si l’on en juge d’après les cartes; la
Elle présente ou mission la construtus bas, nous décharge une s deux beaux endent de la où un grand Sascatshawin leurs embottrente milles, se d’une sutsurmontables.
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branche du Sud-Est, ou la Rivière S‘° Marie, est peu considérable, comparée à la rivière principale, qui vient du Nord-Est et qui passe par le grand Lac Tête-Plate. Notre berge fut en grand danger de périr dans les Dalles, à quelques milles au-dessus de Colville. J'étais sorti, pour faire à pied le dangereux portage; malgré mes remontrances, les jeunes Métis Canadiens, trop confants en leur adresse, crurent pouvoir les sauter en sûreté. Un tournant arréta soudainement leur course. Ils redoublèrent d'efforts, mais inutilement ; je les vis attirés avec une force irrésistible vers le centre engloutissant; déjà, la proue descendait dans l’abime entr’ouvert et se remplissait d'eau! J'étais à genoux sur le rocher, qui dominait ce spectacle effrayant, entouré de plusieurs Indiens: nous implorâmes le secours du ciel, en faveur de nos pauvres ompagnons. Ils nous parurent évidemment perdus; orsque tout-à-coup le tournant se remplit et rejeta de son
sein la proie, qu'il avait paru étreindre sans retour. Jugez de leurs actions de grâces envers Dieu, lorsqu'ils se virent échappés à un danger si imminent de périr!
De la sortie du second lac jusqu’au Fort Colville, l'aspect du pays est très-pittoresque et fort ‘2‘téressant : toute cette région , située sur les deux bords de la rivière, est sillonnée par une grande quantité de torrents et de ruisseaux. Le sol paraît léger, mais produit un gazon abondant. Les montagnes n’y sont pas très-élevées; les forêts qui les ombragert sont ouvertes, les arbres y sont clairsemés ; les bas-fonds y présentent partout de beaux |bosquets. Le Rivière Guyelpitoeg ou Sioushwaps entre à l'Ouest, en vue du Fort Colville.
Vers lafin du mois d’Août, j'arrivai au FortColville. J'y trouvai toute la nation des Schuyelpi, baptisée par le Rér. P. Hoeken, qui avait continué à les instruire après mon départ, au mois d’Août de l’année dernière. À ma grande surprise, ils avaient bâti une petite église en charpente, d'autant plus belle et plus agréable à mes yeux, qu'elle
était l'ouvrage exclusif des pauvres Indiens. Ils me con- | duisirent, comme en triomphe, à l’humble et nouveau |
Temple du Seigneur, et j'offris l’auguste Sacrifice de l’Autel, en faveur de ce bon peuple, et pour qu'il persévérit dans la foi.
L'arrivée du bon Père Nobili à Colville, me combla de joie et de consolation. 11 venait de parcourir la plus grande étendue de la Nouvelle-Calédonie; partout, les tribus de ces parages l'avaient reçu à bras ouverts; tous les petits enfants, qui n'avaient pas encore été baptisés, lui furent présentés avec empressement. J'ajouterai à cette lettre un extrait du journal de ce Rév. Père, énumérant les baptêmes qu'il a administrés, dans ses différentes missions del’année dernière. Après une retraite de huit jours, dans le réduction de S! Ignace, et un mois de repos et de préparatifs pour une seconde expédition, le Rév. P, Nobil
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retournera chez ses chers Calédoniens, avec un courage et un zèle ranimés par la prière, accompagné de plusieurs ouvriers et d’une douzaine de chevaux, chargés d'outils de labourage et de charpente.
Comme témoignage de ma sincère reconnaissance et pour vous faire connaître, que nous avons des amis ct des bienfaiteurs dans l’Orégon, je vous dirai, que le P. Nobili etmoi-mémeavons été reçus et entretenus au Fort Colville, avec la plus grande charité et la plus grande cordialité. Je n'oublierai jamais la politesse et l’affabilité de l'honorable M' Lewis, à notre égard. L'attention et l'amitié, témoignées au Rév. P. Nobili dans toutes les maisons de commerce de la Nouvelle-Calédonie, surpassent tous les éloges qu'on pourrait en faire. Le chef d'escadre, Capitaine Wilkes, a dit bien à propos et en toute justice : « Que la libéralité et l'hospitalité des MM. de l’Honorable Compagnie de la Baie d'Hudson , sont proverbiales. » En effet, l'expérience que nous en avons eue et que nous en avons encore en maintes occasions, confirment cette assertion.
ai l'honneur d'être avec le plus grand respect et l'estime la plus sincère,
Mon rév. et bien cher Pèr ;
Votre très-humble et très-obéissant serviteur et frère en J.-C.
P.-J. DE SMET, S. J.
Extrait du Journal du év. P. Mobili.
Fort Colville, Juin 1846.
Mon név. PÈRE;
J'ai baptisé, au Fort Vancouver, au-delà de soixante personnes, pendant une maladie dangereuse qui régnait dans le pays. La plupart de ceux, qui reçurent le baptême, moururent avec toutes les marques d’une sincère conver. sion. Le 27 de juillet de l’année dernière, j'ai baptisé, au Fort Okinagane, neufenfants, au nombre desquels étaient ceux du chef des Sioushwaps. Le bou chef parut au comble de sa joie, en voyant la Rob--Noire se diriger vers son pays. Je partis le 29 du mème mois et suivis la brigade. Tous les soirs, je faisais la prière en commun aux blanes et aux Indiens. Chemin faisant, je fis la rencontre de trois vicillards, qui me supplièrent avec ardeur « d'avoir pitié d'eux, de les rendre dignes du ciel. » Après les avoir instruits des devoirs et des principales vérités de ia religion , ainsi que de la nécessité du baptême, j'administrai à eux et à quarante-six enfants de la même tribu, ce qui parut le comble de leurs désirs et de leurs souhaits, le 5' Sacrement de la Kégénération.
Le 11 du mois d'Août, une tribu d'Indiens du Lac Sup rieur vint à ma rencontre sur la Rivière à Thompson. 1
me rec et filial quittère melle, « l'autom Arriv rent me Ils bâtir salle d’h baptisé « de la péc regret et continua Le 25 signes de m'accuei] tais, À m vai au Fo l'automne
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me reçurent avec toutes les marques d’une amitié sincère et filiale; ils me suivirent pendant deux jours, et ne me quittèrent, qu'après avoir exigé et obtenu l’assurance formelle, que je viendrais les évangéliser dans le courant de l'automne ou de l'hiver.
Arrivé au Fort des Sioushwaps, les chefs des tribus vinrent me féliciter de mon heureuse arrivée au milieu d’eux. Ils bâtirent une grande cabane, pour servir d'église et de salle d'instruction, pendant mon séjour au Fort. J'y ai baptisé douze de leurs petits enfants. Lersque le temps de la pêche au saumon fut arrivé, je dus me séparer à regret et pour quelques mois de ces chers sauvages , et je continuai ma route vers la Nouvelle Calédonie,
Le 25 Août, j'arrivai au fort Alexandria. Les mêmes signes de joie, les mêmes marques d'amitié et d'affection m'accueillirent chez toutes les tribus que je rencontais. À ma grande joie et contre mon attente, je trouvai au Fort une grande église en bois. J'y retournai dans l'automne et j'y fis un séjour d'un mois, absorbe, du matin au soir, par tous les exercise: x St Ministère, Les Canadiens se confessèrent ; j'} béuis plucicurs 1aariages et je distribuai la S'° Comrnion à #1 grand nombre d'entreux, Vingt-qu'ise enfants et quarante-sept adultes reçurent le baptême.
Le 2 Septembre, i: m'enbarquai sur ja Rivière Frazer, et, après avoir couru beaucoup de risques dans cette dangereuse navigation, j'avrivai, le 42, au Fort George. Ici comme ailleurs, je fus 'eçu avec la même joie et la même affection de la part des sauvages. Cinquante Indiens étaient venus des Montagnes-Rocheuse: :! sttendaient patiemment mon arrivée, depuis dix-neuf jours, pour avoir la consolation d'assister aux cérémoiies du baptème, Je baptisai douze de leurs enfants et vingt-sept autres personnes, dont dix étaient malades, d'un âge déjà avancé. Entouré d'un grand nombre de sauvages, je fis les céré-
monies de la Piantation de la Croix. Le 1%, jour de l'Exaltation de la S'° Croix, je m’embarquai sur la rivière Nesqually et le 24 j'arrivai au Fort du lac Stuart. Pendant onze jours, je donnai des instructions aux Indiens. J'eus le bonheur d'obtenir l'abolition de la coutume, de brüler les morts et d’infliger des brülures et d’autres tourments au mari ou à la femme du défunt. Ils renoncèrent solennellement à toutes les jongleries idolâtriques. La grande salle du festin, où se tenaient leurs rites superstitieux, fut changée en église; elle fut bénite et dédiée à Dieu, sous le patronage de St François Xavier. La Plantation
” de la Croix eut lieu ensuite, avec toutes les cérémonies usitées dans une telle occasion. Seize enfants et cinq vieil lards reçurent le baptême.
Le 24 octobre, je visitai le village des Chilcotins : cette mission dura douze jours, pendant lesquels j'ai baptisé dix-huit enfants et vingt-quatre adultes, et célébré huit mariages. Je bénis ici le premier cimetière et j'enterrai, avec toutes les cérémonies du rituel, une femme Indienne, la première, qui se fût ici convertie au Christianisme. J'ai visité ensuite deux autres villages de la mére tribu; dans le premier , j'ai baptisé vingt personnes, dont trois adultes; dans le second, deux chefs reçurent le baptême J'ail avee trente de leurs gens. J'y fis deux marioges: j'ai aboli ai Fhor le concubinage partout où j'ai passé. Parmi une nation À voisine du fort Alexandria, j'ai baptisé cinquante-sept personnes, dont trente-un adultes, et j'ai béni neuf mariages.
Après mon retour parmi les Sioushwaps, j'ai baptisé quarante-et-une personnes , dont onze étaient adultes. J'ai visité cinq autres petites tribus, parmi lesquelles j'ai baptisé environ deux cents personnes. J'ai fait les cérémonies de la Plantation de la Croix dans huit différents endroits, et j'y ai trouvé quatre églises en bois, bâties par les sauvages.
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Dans la Nouvelle Calédonie, au Fort George + + 545
» » au Lac à Frazer . 258 au Lac à Stuart. . 241 au Lac à M° Leod . 80 Parmiles différentes tribus des Indiens Barbines. 4190 Tribus dans le voisinage du lac à l'Ours. . . 801
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Population de la rivière à Thompson, ou terre des
Sioushwaps ou Antnass.
Le nombre des Sioushwaps proprement dits est de n Okinaganes . . .
Population de la branche du Nord. .
n du Lac Supérieur. . . Pa ser
» de la Fontaine au Éac Fraser. .
» des Indiens Couteaux.
Nombre total 8952
J'ai l'honneur d'être, Msn rév. Père,
Votre wès-humble serviteur et frère en J.-C.