‹ Missions de l'Orégon et voyages aux Montagnes Rocheuses aux sources de la Colombie, de l'Athabasca et du Sascatshawin en 1845-46 [microforme]Chapitre 4 sur 85 · ET DE SES MISSIONS · texte numérisé non relu

ET DE SES MISSIONS

Tirée de l’Almanach Catholique des États-Unis.

La discussion politique, qui a existé pendant plusieurs années, entre le Gouvernement Anglais et celui des États- Unis, sur la question de l'Orégon, a attiré l'attention du publicsur cette région lointaine, et a fait naître chez lui un intérétbien vif, quis’augmentera à mesurequel’émigration, la civilisation et le commerce yferont des progrès. Cependant aux yeux du chrétienet duphilantrope, ce pays devient encore plus intéressant, lorsqu'on remarque les efforts qui ont été faits, et qu’on continue à faire, pour y répandre les avantages, que les vérités de la religion seule procurent aux malheureuses tribus Indiennes de ce Territoire. Au catholique, surtout, cette contrée lointaine présente de scènes vraiment consolantes , et c’est ce qui nous a engagés à donner au lecteur l’histoire abrégée de sa découverte, de ses établissements et de ses missions, entreprises pour le bonheur spirituel et temporel de ses habitants.

Le territoire de l'Orégon, tant américain qu'anglais, est cette importante partie de l’Amérique Septentrionale située au delà des Montagnes-Rocheuses, entre le 42 et 54° 40 parallèle. Il est borné au nord par les .—.—

Russes, à l’est par les Montagnes-Rocheuses, au sud par la Californie et à l’ouest par l'Océan Pacifique. Il comprend une étendue de plus de 300 lieues du nord au sud sur une largeur de près de 200 de l’est à l’ouest. La population de l'Orégon est de 200,000 âmes. (1)

Que cesoientles Espagnols qui ontles premiers découvert et visité l’Orégon (2), c'est un fait qui ne nous parait plus maintenant souffrirle moindre doute. Outre les documents qui le constatent, on en trouve encore la preuve dans la tradition des sauvages mêmes. Ils rapportent qu'un bâtiment visita la côte au sud de la rivière Colombie avant 1790, et qu'il existe encore une fille dont le père était un des matelots de l'équipage et la mère une femme du pays, de la tribu des Kilimouks. Des crucifix très-usés qu'on a trouvés entre les mains des Tchinouks, et qui avaient été donnés à leurs ancêtres par des capitaines de vaisseaux, des ruines d’édifices qui subsistent encore dans l’île de Vancouver, le nom de Juan de Fuca que porte le détroit qui sépare, au sud, cette Île de la terre ferme; la proximité des missions Espagnoles établies près d’un siècle auparavant en Californie, tout cela doit ètre plus que suffisant pour rendre cette assertion indubitable.

Le capitaine Cook longea les côtes de l'Amérique Septentrionale en 1790, et fit connaître qu’elles étaient peuplées de loutres de mer. On y vitarriver,en 1792, des vaisseaux

(1) Les possessions anglaises qui s'étendent au nord de l'Orégon jusqu'à la mer glaciale ayant lieues de sp 7 appartiennent aussi à la juridiction des évêques de l'Orégon. À l'ouest, se trouvent les possessions russes qui ont 200 lieues carrées.

(a) Carver, voyageur Anglais, est le premier qui ait parlé d'un fleuve à l'Ouest des Montagnes Rocheuses appelé n. Ce voyageur n'a jamais pénétré à l'Ouest de ces Montagnes. — Le mot Orégon n'entre dans aucune des langues des tribus de ce vaste territoire, Il aura où fabriqué ce nom , ou mal compris les Indiens qui habitent à l'Est des Montagnes et qui lui ont donné connaissance de l'existence d'un grand fleuve à l'Ouest. Le mot Orégon a été adopté par cette circonstance,

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de presque toutes les nations. Que les Américains y soient venus les premiers et en plus grand nombre que les autres, comme le prétendent quelques-uns, c’est ce qu'il nous importe peu de savoir. Mais ce qu’il y a de certain, c'est qu'en 1792, ils s’y étaient déjà rendus, puisqu’un bâtiment des États-Unis, appelé Colombia, capitaine Gray, entra, cette même année, dans une rivière inconnue et la remonta l’espace de six lieues environ. Cette rivière a depuis retenu le nom de ce vaisseau, et la baie où il mouilla, celui du capitaine. Cette baie est un peu au-dessus du fort George, sur la rive opposée. C’est de là que date la découverte de la rivière appelée Colombie. Mais le pays a conservé le nom primitif d’Orégon qu'avait fait connaitre Carver.

Le capitaine Gray, en sortant de la rivière Colombie, rencontra le capitaine Vancouver qui venait de visiter la Baie Puget. Celui-ci entra aussi dans la Colombie et lu remonta près de quarante lieues, jusqu’à la pointe qui porte son nom. Ce capitaine a laissé, de cette rivière ct des côtes du nord de cette partie septentrionale, des cartes qui passent pour être très-exactes.

Cette visite fut suivie de celle de sir Alexandre Mac Kenzie qui, après avoir découvert le fleuve qui porte son nom, remonta la rivière de la Paix qui tombe dans le Lac des Esclaves. Comme il en suivit les détours jusqu'au-delà des Montagnes Rocheuses, il tomba sur les sources de la Rivière Fraser qu'il prit pour la rivière Colombie ; mais continuant de diriger sa course vers l'ouest, il arriva, en passant par la tribu des Atnans, à la Mer Pacifique vers le 52 de latitude nord. Ce fut en 1793.

En 1804, MM. Lewis et Clarke reçurent du gouvernement américain la mission d'aller explorer les sources de la rivière Colombie. Comme ils s'y étaient rendus par terre , ils descendirent cette rivière jusqu'à la baie Gray où ils passèrent l'hiver.

En 1810, M. Astor, des États-Unis, fit partir deux expéditions pour l’Orégon, afin de s'emparer de la traite de pelleterie, qu’on y faisait. L'une de ces expéditions partit par mer sur un vaisseau appelé le Tonquin, et l’autre par terre sous la conduite de M. Hunt. Chacune d'elles comptait dans son sein une quarantaine de Canadiens, dont M. Franchère, qui voyagea par mer, faisait partie. Elles n’arrivèrent que l’année suivante, en 1811, au terme de leur voyage. L'expédition de mer, qui arriva la première, bâtit un fort appelé Astoria, du nom de M. Astor. Ce fort est à quinze milles de l'embouchure de la Colombie, sur la rive gauche.

La compagnie du nord-ouest, qui convoitait aussi la traite des pelleteries avec les sauvages de ce pays, y envoya un de ses bourgeois qui, ayant suivi la route qu'avait tenue sir Alexandre Mac Kenzie en 1792, et traversé la nouvelle Calédonie âu nord au sud, descendit la rivière Okanagan, qui est à environ 140 lieues de Vancouver. 11 descendit ensuite la Colombie; mais il n’arriva au fort Astoria que plusieurs mois après la première expédition américaine.

Durant la guerre américaine de 1812, un bâtiment anglais partit pour aller s'emparer d’Astoria et de ses richesses. Mais à son arrivée, le capitaine de ce vaisseau le trouva, à son grand désappointement, en la possession d’un bourgeois de la Compagnie du Nord-Ouest, qui, sachant le projet qu'on avait de s'en emparer par les armes, l'avait acheté peu auparavant, avec tout ce qu'il contenait. Comme la compagnie du Nord-Ouest n'employait presqu'exclusivement que des Canadiens et quelques Iroquois, le nouveau maître d’Astoria s'empressa d'engager ceux qu'il y trouva lorsqu'il fit l'acquisition de cette place. De là il est facile de comprendre que le nombre des Canadiens devaitaugmenter dans l'Orégon à mesure quela compagnie y augmentait le nombre de ses forts. Aussi traversèrent-ils

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bientôt le pays en tous sens, parlant de Dieu, de la Religion et de leurs prêtres aux différentes tribus sauvages qu'ils visitaient.

En 1821, les compagnies de la Baie d'Hudson et du Nord-Ouest s'étant réunies, la traite des pelleteries, dans l'Orégon, prit un'nouvel essor. L'entrée surtout de M" John Mac Laughlin, dans la contrée, en 1824, y fit époque. De lui vint la prospérité de la traite et du pays. Les postes pour la traite y furent augmentés. On commença à y cultiver le blé, cette année là même.

Il restait de l'expédition de terre de M. Hunt, trois Canadiens. L'un deux ayant commencé à cultiver la terre en 1829 dans la vallée du Wallamet, cet exemple entraina les deux autres qui s’empressèrent d’en faire autant en 1851. Plussieurs vieux serviteurs de la compagnie de la Baie d'Hudson obtinrent le même avantage. Comme cette petite colonie continuait à prendre de jour en jour de nouveaux accroissements, elle s’empressa, mais sans succès, de demander, en 1834, des prêtres à Monseigneur de Juliopolis, évêque de la Rivière-Rouge. Elle renouvela

sa demande dès l’année suivante; et cette fois elle parut devoir être exaucée, car Monseigneur de Juliopolis obtint de l’honorable compagnie de la Baie d'Hudson, le passage sur ses canots pour deux missionnaires et leur entrée dans l'Orégon. M. Blanchet quitta Lachine, le 3 mai 1838 et alla prendre son compagnon M. Demers, à la Rivière- Rouge. Ils arrivèrent au fort Vancouver, le 24 novembre. Ce poste est au 45-536 de latitude nord, sur la rive droite de la Colombie, et à environ trente-trois lieues de l’embouchure de cette rivière: nous allons nous occuper de la position et de la distance des autres lieux par rapport à celui-ci,

La rivière Wallamet, est tributaire de la Colombie; elle a son embouchure à deux lieues plus bas que Vancouver, sur la rive opposée. À huit lieues de son em-

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bouchure, est une chüûte de vingt à quarante-cinq pieds de hauteur, et dix lieues plus loin, l’établissement canadien. Il s'y trouvait vingt-six familles catholiques, en 1838, outre les familles américaines. L'établissement des ministres méthodistes était à quatre lieues plus haut, sur la même rivière.

La rivière Cowlitz a son embouchure à douze lieues plus bas que Vancouver, sur la même rive. Il faut la remonter de dix-huit lieues pour arriver à l'établissement qui porte son nom. Lors de l’arrivée des missionnaires, il y avait quatre familles de Canadiens établies à ce poste. De là pour se rendre à Vesqualy, qui est situé à l’extréniité sud de la baie Puget, il faut faire un portage (1) de vingt-cinq à trente lieues, et de cette dernière place le trajet est à peu près de trente lieues par eau pour arriver à l’île de Whithaie. À deux jours de marche, encore plus au nord, se trouve l'embouchure de la Rivière Fraser, et le Fort Langley, à environ dix lieues de son embouchure. Cette rivière se décharge dans la baie Puget ou Golfe de

En remontant la Colombie, environ dix lieues plus haut que Vancouver, se trouvent les Cascades, et quinze lieues plus loin, les Grandes Dalles ou Wascopom.

De cette dernière place au fort Walla-Walla, il y a encore quarante lieues, soixante-quatre de celui-ci au fort Okanagan, et soixante-cinq de ce dernier à Colville.

La rivière Colombie suit la direction de l’ouest à l’est, l'espace d'environ 405 lieues, depuis son embouchure jusqu'à Walla-Walla; ensuite elle remonte soixante lieues vers le nord jusqu'à Okanagan ; elle reprend sa première direction de l'ouest à l'est jusqu'à Colville; de là elle remonte au nord durant trois degrés et descend au sud le

(1) C'est-à-dire que les passagers doivent débarquer, et, lo v'ils ne rencontrent pas de chevaux pour ce service, porter eux-mêmes malles et provisions, et même les canots.

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