‹ Missions de l'Orégon et voyages aux Montagnes Rocheuses aux sources de la Colombie, de l'Athabasca et du Sascatshawin en 1845-46 [microforme]Chapitre 44 sur 85 · DS TL NS DTA · texte numérisé non relu

DS TL NS DTA

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Têtes-Plates, il n’a plus porté‘les armes contre eux... Il porte la toque et joint au courage, un caractère qui lui mérite à juste titre l'estime de sa'tribu. J'ai Ja confiance, qu’un tel homme sera un des premiers à se rendre entiérement à notre voix. Après avoir prié ct fumé avec nous, il est reparti, vers le coucher du soleil, pour aller préparer les voies à la réunion du lendemuin.

Le 14, contre-temps. — Le camp: Tête-P'ate, dont nous nous sommes séparés , il y a quatre jours, n’est. qu'à neuf ou dix milles du nôtre; il a fait dire à celdi du Grand-Lac, qu’il venait pour traiter avee lui. Dans eeluici les avis sont prrtagés, et nous en sommes la cause innocente: le Grand-Lac veut qu’on remette l’entrevue, jusqu'à ce qu’on ait été au-devant des Robes-Noires; la Grosse Toque, son aide-de-camp, prétend qu’il faut donner la préférence à l’entrevue; il se rend néanmoins à l'avis du Grand-Lac; et vers les dix heures, un estafette nous annonce, qu'il n’est pas loin. Tous les cavaliers du camp, plus prompts que nous, sont déjà partis, mais ils attendent sur une colline, que nous soyons à leur tête. Ils se forment alors en une seule ligne trés-étendue derrière nous; nous avançons dans une behe plaine unie, et l'air retentit de nos cris et de nos chants de joie. À une décharge de tous les fusils, signal convenu, tous mettent pied : tvrre. La Grande Toque le premier, suivi de toute la tribu , s'avance pou: nous serrer la main et nous souhaiter lu bienvenue, de la manière la plus affectueuse. Vient ensuite le Grand-Lac avec quelques-uns de ses

braves. Le calumet est aussitôt présenté; et, après que cœ symbole de la paix, de !a fraternité et de la bonne harmonie a fait le tour plusieurs fois, passant de bouche en bouche , les langues se délient comme par enchantement, et l'on se communique mutuellement des nouvelles. $e leur adresse alors un petit discours préparatoire, pour disposer leurs esprits et leurs cœurs, à écouter avec attention l

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parole de l'Évangile. A. cet appel, ils répondent à, haute voix et m'expriment la satisfaction et le plaisir qu'ils trouveraient, à écouter les Robes-Noires! On s’entretenait encore, lorsqu'on annonça l’approche du camp Tête-Plate. I se présentait avec une plus grande cordialité que celui du Grand Lac, et il ne faut pas s’en étonner ; le sauvage, avant de s'ouvrir. veut savoir, à qui il s'ouvre. Bientôt les manières ouvertes de nosnéophytes se communiquent aux Pieds-Noirs, et, avant la fin du jour, Pieds-Noirs et Têtes- | Plates, enfants et vieillards, presque tous témoignent le même plaisir de nous voir au milieu d'eux. Après les prières du soir, récitées en langue Tête-Plate et en Pied-

Noir, je leur adressai un petit discours , analogue à l’heu-

reuse réunion et aux dispositions amicales et paisibles, qui semblaient animer les deux nations. Oh! que ce spectacle était touchant ! Quel triomphe consolant pour la Religion, de voir réunis sous la croix , ces guerriers dont les cicatrices parlaientde tant de batailles sanglantes, qu’ilss’étaient livrées mutuellement ; ces guerriers, qui n’avaient jamais pu se réunir , qu'avec des sentiments d’une inimitié mortelle, pour assouvir dans le sang la haine et la vengeance,

ils s'étaient jurées les uns aux autres. Aujourd'hui, à genoux, confondus ensemble, n’ayant plus qu’un cœur et qu'une. âme, ils adressent leurs prières au Maître de la Vie, le nomment, pour la première fois, leur Père Commun et écoutant avec avidité sa S'° Parole.

Les plus notables des deux nations se réunissent, le sir, dans ma loge; Victor, le Grand chef Tête-Plate, par k simplicité et l’'aménité de sa conversation, gagne entièrement la bienveillance de ses auditeurs. D'abord ilraconte quelques-unes de ses aventures guerrières ; mais, comme il est facile de le voir, beaucoup moins dans l'intention de faire valoir se personne, que de faire toucher au doigt l protection que le vrai Dieu accorde toujours, à ceux qui.se dévouent à son service. Les Pieds-Noirs, qui

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