‹ Missions de l'Orégon et voyages aux Montagnes Rocheuses aux sources de la Colombie, de l'Athabasca et du Sascatshawin en 1845-46 [microforme]Chapitre 63 sur 85 · ZODIAQUE DES TARTARES MANTCHOUX. ZODIAQUE DES MEXICAINS · texte numérisé non relu

ZODIAQUE DES TARTARES MANTCHOUX. ZODIAQUE DES MEXICAINS

| Pars, tigre. + Oceloti , tigre.

Faoulai, lièvre. Tochli, lièvre, lapin.

Mogai, serpent. Cohuatl, serpent.

| Petchi, singe. Ozomatli, singe. |!

Nokai, chien. Itrzumtli, chien.

Tukia, oiseau, poule. Quauhtli, oiseau, aigle,

Les signes du Zodiaque Tartare, retrouvés dans le calendrier Mexicain, remarque M" De Humboldt, suffisent pour rendre extrêmement probable, que les peuples des deux continents ont puisé. dans une commune source leurs idées astrologiques. Ces traits de ressemblance, sur lesquels nous insistons, ne sont pas tirés de peintures informes ou allégoriques, susceptibles d’être interprétées selon la nature des hypothèses que l’on désire faire valoir. Si l’on consulte les ouvrages, composés au commencement de Ja conquête, par des auteurs Espagnols ou Indiens, qui ignoraient jusqu’à l'existence d’un Zodiaque Tartare, l'on verra qu’au Mexique, depuis le VII‘ siècle de notre ère, les jours s'appelaient tigre, chien, singe, lièvre ou lapin, comme dans toute l’Asie-Orientale; les années portent encore le même nom en Thibétain, en Tartare- Mantchou, en Mongol, en Kalmouk, en Chinois, en Japonais, en Corlau, dans les langues du Tonquin et de laCochinchine..….. Mais le Zodiaque Tartare et le Mexicain, ne renférment pas seulement les animaux propres aux climats, que ces peuples habitent aujourd'hui ; on y trouve aussi des tigres et des singes. Or ces deux animaux sont

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inconnus sur les plateaux de l’Asie Centrale et Orientale, auxquels une grande élévation donne une température plus froide, que celle qui règne vers l'Ouest sous la même latitude. Les Thibétains, les Mogols, les Mantchoux et les Kalmouks, ont donc reçu d’un pays plus méridional le Zodiaque, que l’on appelle trop exclusivement le cycle tritare. Les Toltèques, les Aztèques, les Flascaltèques, ancêtres des Mexicains, sont venus du Nord vers le Sud; dans leurs régions Septentrionales n’habitent pas non plus les tigres, ni les singes... Par conséquent les signes Üz0matli et Ocelotl rendent singulièrement probable, que les Zodiaques des Toltèques, des Aztèques, des Mogols, des Thibétains et de tant d’autres peuples, qui sont séparés aujourd’hui par une vaste étendue de pays, ont pris naissanée sur un même point de l’ancien continent. (v. Ann. de Phil. Chr. t. & p. 32.) On peut voir dans la même recueil (t. 40 p. 81 et suiv.), les analogies que fait remarquer M" de Paravey, entre les Japonais et les Mayscas, dans les nôms de nombre, les jours et les termes astronomiques.

$. 8. — AUTRES OBSERVATIONS. — À ces diverses analogies on peut ajouter ce que dit Malte-Brun (dans son Précis etc. t. 5 p. 220.) : « les hiéroglyphes et les corde- » lettes, en usage chez les anciens Chinois, rappellent » d’une manière frappante l'écriture figurée des Mexi- » cains et les Quipos du Pérou. » Et l'identité du chien d'Amérique et de celui d’Asie, dit canis sibericus, tend aussi & prouver l'identité des deux peuples. Car le chien, comme le remarque le professeur Mitchell, étant le compagnon, l'ami ou l'esclave des hommes dans toutes leurs aventures et dans toutes leurs migrations, son histoire répand un grand jour sur l’histoire des nations et de leurs descendants.

Si chacune de ces considérations, prise à part , n'est pas

une démonstration de la communication, qui a eu lieu entreles peuples des deux continents, et de leur commune origine, il ne peut rester aucun doute, quand on envisage toutes ces observations réunies, Il y aura toujours quelqu’obscurité, qui nous empêchera de reconnaître l’erigine particulière de tel et tel peuple du nouveau continent;

mais cette obscurité n’existe-t-elle pas aussi par rapport à plusieurs peuples de l’ancien?

La communication entre les deux continents n'étant plus douteuse, il est bon d’exposer les diverses conjectures . que Jon a formées sur les points de communication et sur l’époque, à laquelle ces communications ont eu lieu,

Depuis ua siècle, le passage des Asiatiques dans le nou- ; veau continent par le détroit de Behring, a été élevé au rang. d’une vérité historique, par les recherches des PP. : Santini et Chiaratesta, de MM, Fisher, Smith-Barton, 1 Vater et Al. De Humboldt. Malte-Brun suppose que quelques émigrations ont eu lieu, en longeant les côtes du Grand Océan, et que quelques mots Malais, Javanais et Polynésiens ont pu être transportés dans l'Amérique Méridionale par une colonie de Madegasses, plus facilement que par la route du Grand Océan, où les vents ne s favorisent pas la navigation Orientale, M' Fr. Schlégel (Liv, 1, cu. 4.) parait incliner vers la tradition, suivant laquelle les fondateurs de l'empire du Pérou y sont arri- en vés, en se dirigeant de la Chine ou des !les de l'Inde vers E le l'Orient. — M' de Siébold suppose, que c’est par la pointe si Nord-Est de l'Asie, que l'Amérique a reçu sa population sauvage. — Grotius croit que les Américains du Nord sont venus de la Norwège par le Groenland; que ceux du Pérou sont partis de l'Inde et de la Chine; que ceux qui sont au midi jusqu’au Détroit de Magellan, y sont passés de l’Orient par les terres Australes. Le P. de Acosta, de la Compagnie de Jésus, (Hist. des Indes t. 4 ch. 16.) croit que les Américains sont venus là par terre, avant la formation du détroit.

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“En dernière analyse, » nous dit Melte-Brun (dans son Précis etc. p. 222.) « les traditions, les monuments et les idiomes, rendent très-probables plusieurs invasions de nations Asiatiques dans le nouveau continent ; mais toutes les circonstances concourent aussi à reculer l’époque de ces événements, jusque dans les ténèbres des siècles antérieurs à l’histoire. — Les émigrations, ajoute-il (p. 212.), ont été faites à une époque, où les nations Asiatiques ne savaient compter que jusqu’à deux ou tout au plus jusqu'à trois, et où elles n’avaient pas complètement formé leurs pronoms dans leurs langues. — Le même géographe (p. 225) est de l’opinion de Georges de Horn, qui déduit l’origine primitive des Américains des Huns et des Tartares-Catayens, et il croit leur migration trèsancienne. — Les Scandinaves (1bid. p. 224.) ont conservé les preuves historiques de leurs navigations au Groenland et à Terre-Neuve; mais elles ne remontent qu'au X"° siècle, et elles prouvent seulement, que l'Amérique était déjà peuplée en totalité; argument très-fort pour la haute antiquité des nations Américaines.

Suivant M' De Humboldt, rien ne prouve que l’existence de l’homme soit beaucoup plus récente en Amérique que dans les autres continents; il a été impossible jusqu'ici de marquer l’époque des premières communications entre les habitants des deux mondes. — Les annales de l'empire Mexicain paraissent remonter jusqu'au sixième siècle de notreëre. (V. Ann. Phil. Ch. 5p. 413, 418,420.)

$. 9. — Lancues. — Les preuves les plus certaines de commune origine des peuples se trouvent, comme nous l'avons déjà dit, dans la comparaison de leurs langues. Un grand nombre de mots, pris dans divers idiomes Américains, ont une grande analogie avec des idiomes Asiatiques. Malte-Brun a fait de grandes recherches sur ces

analogies, et voici quelques conclusions qu'il en tire (Précis de la Géog. Univ.): « 1° Des tribus Asiatiques, » liées de parenté et d’idiome avec les nations Finnoises, » Ostiaques, Péruviennes et Caucasiennes, ont émigré » vers l'Amérique, en suivant les bords de la Mer Glaciale » et en passant le Détroit de Behring. Cette émigration » s'est étendue jusqu'au Groenland. 2° Des tribus Asiati- » ques, liées de parenté et d’idiome avee les Chinois, les » Japonais, les Aïnos et les Kouriliens, ont passé en » Amérique, en longeant le rivage du Grand Océan. » Cette émigration s’est étendue pour le moins jusqu’au » Mexique. 3° Des tribus Asiatiques, liées de parenté et » d'idiome avec les Tongouses, les Mantchoux, les Mon- » gols et les Tartares, se sont répandues, en suivant les » hauteurs des deux continents jusqu'au Mexique et aux » Apalaches. 4° Aucune de ces trois émigrations n’a été » assez nombreuse, pour effacer le caractère originaire des » nations, qui ont peuplé les premières l'Amérique. »

Le Père Chiaratesta, qui est resté deux années au Kamschatka, a dit que les Indiens du Détroit de Behring et du côté de l'Amérique, comprenaient la langue des Kamschadales; et qu'il les a vus souvent passer et d’un continent à l'autre. « Eâdem ïingué, dit-il, ferè »* utebantur, atque eodem modo fere vestiti; quamobrem » dubitari non potest quin propinquitatibus affinitati. » busqueconjuncti sint.» (Chiaratestadeterrd incognita.)

AT

Grand Océan.

noins jusqu'au

Table comparative de langues Indiennes et Asiatiques,

tirée particulièrement du Père Santini, de Barton et d'Abernethy.

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