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Cuvier, Règne animal; D' Wiseman, Rapports entre la Science et la Religion révélée. Disc. 3° et 4°.)
L'objection que la multitude de langues des peuples Américains et leur différence, avec celles de l’ancien monde: paraissaient fournir contre l'unité de l'espèce humaine, a non-seulement perdu toute sa force, mais-elle a donné occasion de démontrer avec la plus grande évidence, la vérité qu’elle était destinée à combattre:. l'unité primitive de toutes les nations dispersées dans les cinq parties du globe. $
« Quelque isolés que certains langages puissent d’abord » paraitre, dit le célèbre De Humboldt (Apend. Asiæ ».polyglot. p. vi.), tous ont une analogie entre eux, et » leurs nombreux rapports s'apercevront plus facilement, » à proportion que l’histoire philosophique des nations » et l'étude des langues approcheront de la perfection. » « Si jamais conception philosophique, ajoute le comte Gouliano, directeur de l'Académie de S* Pétersbourg, » (Discours sur l'Étude fondam. des Lang. v. 5.), venait » multiplier encore les berceaux du‘ genre humain, »' l’identité des langues serait toujours là, pour détruire » le prestige, et cette autorité ramènerait, je pense, » l'esprit le plus prévenu. »
L'étude plus approfondie des traditions des Américains, sur l’origine du genre humain , sur le déluge, sur la dispersion des peuples, celle des monuments qui représentent ces faits historiques, démontrent encore leur commune origine avec les peuples de l’ancien continent.
Cette communauté d'origine étant établie, plusieurs auteurs ont fait de grandes recherches, pour trouver de quelles nations de l’ancien continent l'Amérique a reçu ses habitants. L'eusemble de ces recherches démontre à l'évidence , que c’est la Tartarie, la Mongolie et certaines autres contrées de l’Asie, qui ont peuplé successivement le continent Américain. Il paraît encore le que des
peuples plus éloignés de l’ancien continent, y ont aussi établi différentes colonies. Les observations suivantes jetteront quelque lumière, sur ee que nous venons de dire en général.
$. 2. — CARACTÈRES PHYSIOLOGIQUES. — Les peuples indigènes de l'Amérique, si vous en exceptez ceux qui avoisinent le cercle Polaire, forment une seule race et se distinguent par une même conformation du crâne; par la couleur de la peau, par l'extrême rareté de la barbe et par des cheveux plats et lisses. (Observations de M° De Humboldt, Monuments des peuples de l'Amérique.
Les peuples Mongols, qui habitent le Nord et l'Est de l'Asie, la race des Malais et celle des nations les moins basanées de la Polynésie et des autrés Archipels de POcéanie ont des rapports sensibles avec la race Américaine. Cependant ce rapprochement n’embrasse pas toutes les parties essentielles mais ilne s’étend qu’à la couleur; il ne suffirait par conséquent pas, pour faire considérer la race Américaine comme une branche de la race Mongole,
Toutefois ces observations, recueillies sur les caractères physiques des Américains par MM. De Humboldt etMalte- Brun, peuvent déjà conduire à deseonclusions favorables à l'unité d’origine des Américains, avec les peuples de l’ancien continent. Mais il est d’autres observations, qui sont d'un bien plus grand poids. Un des Rédacteurs de la Bibliothèque universelle, cité dans les Annales de Philosophie Chrétienne (t. 2. p. 548), rapporte les observations faites dans ce sens, par le prince Maximilien de Neuwie, dans un voyage au Brésil. On trouve dans le même recueil, (t. 2. p. 359 et suiv.) des observations faites par M' Mitchell, professeur d'histoire naturelle à New-York, 1] remarque une grande ressemblance de traits et de physionomie, entre les Américains et divers peuples de l’ancien continent. Il a observé les momies trouvées, il y à
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quelques années, dans les états de Kentucky et de Tenessée, et ces momies lui présentent le même angle facial et la même forme decrâne que la race des Malais; et, d’après ces observations, il rejette la doctrine professée par plusieurs naturalistes d'Europe, que l’homme de l'Amérique Occidentale diffère sur plusieurs points importants, de
Phomme de l’Asie Orientale.
Le savant Père Santini, Italien et Missionnaire dans la
Tartarie Chinoise et la Sibérie ; dit: « Les Tongouses sont » en général d’une haute statyre et ont Tes formes athléti- » ques; ils courent avec une telle vitesse, que je les vis » souvent rejoindre à la course les animaux les plus agiles » de la forêt. Corpulence et difformité, dit-il, sont des défauts qu’on remarque rarement parmi eux, puisque, » depuis leur enfance, on les habitue aux fatigues de la » chasse et de la guerre.
« Les Coriaks, les Tongouses, les Kamschadales, con- » tinue Santini, me paraissent être de la même origine;
» ‘car, quoique leurs langues ne soient pas tout-à-fait les » mêmes, cependantleur connexion est si radicale, qu’elles
y doivent être médiatement ou immédiatement les filles » de la même mère. La ressemblance de personne et de
» figure est si frappante, que l'identité d’origine ne peut \ pas être douteuse. Leurs visages sont ronds, leurs » machoires élevées, leur lèvres grosses, leurs yeux petits » et noirs, leur front petit, leurs oreilles larges, leurs » dents blanches, leurs cheveux noirs. »
-« Les Sauvages de l'Amérique du Nord, continue le
ÿ même auteur, que j'ai vus à Québec en 1748, doivent » être de la même origine que les tribus Asiatiques que » j'ai décrites : ils ont lé mème teint, la même figure; et » leurs coutumes, leur religion, leurs langages se res- » semblent entièrement. »
$: 3. — Monuwenrs: — Dans l'ancien état de Mexico
ou Tenochtitlan, le voyageur rencontre encore aujour+ d’hui de nombreuses ruines de palais, de temples, de bains et d’hôtelleries publiques. Parmi ces monuments, dit Malte-Brun, les Téocalli des Mexicains rappellent seuls une origine Asiatique: ce sont des pyramides, environ: nées de pyramides plus petites, comme le sont les temples pyramidaux, appelés Cho-Madon et Cho-Dagon dans l'empire des Braghmans, et Skah-Ton dans le royaume de Siam. D'autres monuments ne nous parlent qu'un langage absolument inintelligible. Les camps ou forts carrés sur les bords de l'Ohio, ne nous fournissent aucun indice.
$: 4. — Moevns er usaces. — M" Mitchell, constatant les coutumes semblables des peuples des deux continents, cite la coutume de se raser la chevelure sur le front et les tempes, de manière à ne laisser qu'une touffe ou un toupet sur le sommet de la tête; ainsi font les Ossages, les
Kants, les Ottas, les Aouas, les Renards, les Saucs, etc., qui habitent les eaux du Missouri. Il nous apprend aussi que les Tartares d'Asie et tous les sauvages de l'Amérique du Nord, se distinguent également par la coutume de diriger la fumée du calumet, dans des occasions solennelles, vers les quatre points cardinaux, vers le ciel et vers la terre. La danse du calumet parmi les Indiens de l’Amérique du Nord, a lieu pour conclure un traité de paix ou d’alliance contre un ennemi commun. Le Potoosi ou calumet, parmiles Tongouses, Coriaks, Kamschadales, Yakousteset Okotsisdel’Asie, est introduit dans leurs festins avant le départ pour la guerre, afin delier les guerriers à la fidélité et à la bravoure. Le Potoosi est considéré parmi toutes les tribus Tongousiennes, comme un instrument sacré, que leurs pères ont reçu du Grand-Esprit ou du Dieu de la Guerre, pour Li offrir des vœux par la fumée du Tabac. La contexture du drap ou de la pagne, qui enve-
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loppe les momies déterrées dans les Etats de l'Ouest, est la mème que celle des étoffes, apportées de Wakash, des Iles Sandwich et des Iles Tidgi, par nos navigateurs. — On remarque une ressemblance parfaite entre les manteaux de plumes, que l’on tire présentement des Iles de la Mer du Sud, et les couvertures dont sont revêtues ces momies. Mackenzie témoigne en général, que les vêtements et les usages des Chippewayens, sont semblables à ceux des habitants de la Haute Asie. — Comme les Tongouses, les Américains mangent la viande crue et seulement desséchée au soleil ou à la fumée; ils mettent de lu vanité à tracer sur les joues de leurs enfants, des lignes et des figures en bleu ou en noir. Les femmes Tongouses et Américaines s'accordent dans l'usage, de coucher leurs enfants tout nus dans un tas de bois pourri et réduit en poudre. Les anciens Scythes ont eu, comme les Américains, l'usage de scalper ou d'enlever à leurs ennemis la peau de la tête avee lescheveux. (Malte-Brunt. 5.p. 219.) Plusieurs autres coutumes des tribus de l'Amérique ressemblent beaucoup à celles de l'Asie, en particulier celles des Tongouses, desCoriaks, des Kamschadales, des Yakoulses et des Okotsi de la Sibérie. On trouve une grande ressemblance dans leurs religions, dans les pratiques de leurs jongleurs, duns leurs habits et leurs ornements, dans leurs mariages, dans leurs guerres, dans leurs danses, leurs sacrifices, leurs funérailles , leurs fêtes données à la suite de rêves, dans certains jeux, dans les cérémonies qu'ils pratiquent, lorsqu'ils donnentdes noms à leurs enfants ; de part et d'autre ils ont leurs orateurs; les villages et les caraps sont dirigés par les chefs, à peu près de la même manière. Il est sans doute des mœurs et des usages, qui dépendent des qualités générales de l'esprit humain, et des circonstances communes à plusieurs peuples; mais il serait bien difficile d'expliquer sans quelque communication, la similitude des usages que nous venons d'indiquer.
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$. 5, — Tranirions. — En comparant les traditions Américaines aux traditions Hébraïques et JIndiennes, conservées dans la Genèse et dans deux Pouranas sacrés, M: Alex. De Humboldt remarque, « qu’il est impossible, » de ne pas être frappé de l’analogie, qui existe entre. les. » souvenirs antiques des peuples de l'Asie, et de ceux du » nouveau continent. » Ce savant voyageur a observé chez ies Mexicains la tradition sur la mère des hommes, déchue de son premier état de bonheur et d’innocence; le souvenir de la lutte de Caïn et d’Abel; l’idée d’une grande inondation, dont une seule famille s’est échappée sur un radeau; l’histoire d’un édifice pyramidal, élevé par l'orgueil des hommes, et détruit par la colère des dieux ; un témoignage de la longue vie des premiers hommes (v. Annales de Philos. Chrét. t. 4. page 19 et suiv.). Voyez N° 25 de mes lettres sur la légende des Potowotomies.
$. 6. Svsrèmes Reuicisux, Pouiriques. Dans plusieurs rituels Mexicains, dit M' De Humboldt, on trouve une figure représentant un animal inconnu, orné d'un collier et d’une espèce de harnais, mais percé de dards. D’après les traditions qui se sont conservées jusqu'à nos jours, c’est un symbole de l’innocence souffrante. Sous ce rapport cctte représentation allégorique rappelle l'agneau aes Hébreux, ou l'idée mystique d'un sacrifice expiatoire, destiné à éalmer la colère de la divinité. — Les Péruviens attendaient un fils du soleil, qui devait leur apporter une nouvelle loi. (v. Ann. de Ph. Chrét.t. 4. p. 49 et suiv.) Les quatre grandes fêtes des Péruviens coïncident avec celles des Chinois (Préc. de la Géog. Univ. t, 5. p. 219). M: De Paravey remarque diverses analogies entre les noms, qui expriment les dignités civiles et sacrées, chez les Japonais ctles Muyscas; on retrouve des deux côtés un Pontife
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Suprême et un Chef militaire, comme aussi une division en quatre familles principales : en familles nobles et en familles plébéiennes. (Ann. de Phil. Chrét. t. 10. p. 98.) M°De Humboldt a encore remarqué en Amérique des cérémonies , des ablutions, pratiquées à la naissance des enfants ; des idoles, faites avec de la farine de maïs pétrie et distribuées en parcelles au peuple rassemblé dans l'enceinte des temples; des déclarations de péché faites par les pénitents; des associations religieuses, ressemblant à nos couvents d'hommes et de femmes; une croyance universellement répandue : que dès hommes blancs à longue barbeet d’une grandesainteté de mœurs, avaient changé le système religieux et politique des peuples. (1bid.t.4. p.36.) Les Incas étaient révérés par leurs sujets, comme descendants du soleil, du dieu qu’adorait le Pérou. Unie au même culte, la même opinion existait chez une peuplade sauvage du Mississippi : chez les Matchez, le Roi et tous ses parents sans distinction de sexe, portaient le titre de soleils. Il est curieux de retrouver quelquechose d’analogue à l’extrémité de l'Asie Septentrionale: les Kamschadales donnèrent au souverain de la Russie le titre de Koatch- Aerem, littéralement Soleil-Majesté. Les Incas, à l'instar des empereurs de la Chine, labouraient de leurs propres mains une certaine étendue de terrain. Tout le système politique des Incas Péruviens et des Zaques de Condinamarca, était fondé sur la réunion du pouvoir civil et ecclésiastique, dans la personne d'un Dieu incarné, (Géog. univ. Malte-Brun. t. 5. p. 219.)
$. 7. — Sysrèmes Asraonomiques. Dans le calendrier des Aztèques, comme dans celui des Kalmouks et des Tartares, les mois sont désignés sous des noms d'animaux, dit M. A. De Humboldt;iet voici le tableau dresséparce savant voyageur , pour montrer l’analogie entre le Zodiaque Mexicain et celui des peuples d’origine Tartare. (T. 2.p. 21.)