‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 107 sur 108 · POSTFACE · texte numérisé non relu

POSTFACE

Les lettres contenues dans ce volume ont été publiées il y a six mois en Amérique ; elles y ont reçu l'accueil le plus favorable. Les journaux se sont empressés de reconnaître et de proclamer la vérité, l'exactitude, l’intérêt que le zélé missionnaire a su déployer dans ces récits, destinés à mettre sous nos yeux et les contrées qu’il a parcourues, et les mœurs de ces tribus sauvages au milieu desquelles il a vécu.

I ne faudrait cependant pas s'attendre à ces pompeuses descriptions, à ces scènes gigantesques qu’on croit inséparables d’un livre destiné à faire connaitre quelque partie du nouveau monde. Trop souvent ces magnifiques tableaux n’ont de réalité que dans l’imagination de l'écrivain voyageur. Préoccupé uniquement de l’idée de faire un livre neuf, saisissant, il se met assez peu en peine d’une exactitude qui lui serait d’ailleurs très souvent impossible, à raison de la rapit.ié avec laquelle il a parcouru les contrées qu’il décrits mais appelant à son secours toutes les ressources de son talent, à l’aide de quelques traits qu'il a pu recueillir, il brode des développements fort

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poétiques peut-être, mais assurément peu fidèles. Le missionnaire n’agit pas ainsi.

Ces montagnes, ces forêts, ces vallées qu’il décrit, il les a parcourues en tout sens; ces mœurs qu’il peint, il s’y est en quelque sorte identifié par son séjour au milieu des sauvages ; ces chasses qu’il met sous nos yeux, il les a vues, maintes fois il en a partagé les joies et les périls; ces festins dont un simple récit nous fera peut-être bondir le cœur, il lui a fallu y prendre part, et surmonter bien des répugnances pour ne pas blesser la susceptibité du sauvage; enfin ces changements inouïis, ces mœurs nouvelles, ces prodiges de la grâce, il en a été l'instrument !

Aussi point d’exaltation, point d'enthousiasme ; c’est la vérité s'exprimant avec cette simplicité qui est son caractère et sa forme naturelle. Nous ne savons si c’est une erreur ; mais il nous semble qu'il y a dans tout cela, pour des chrétiens surtout, un intérêt bien plus puissant que dans ces récits dont l'imagination est le principe.

Les lithographies qui ornent ce volume ont été exécutées en Amérique sur les dessins originaux du R. P. Point, missionnaire qui a vécu aussi au milieu des sauvages. Tous ont été faits d’après nature; la pureté, la délicatesse des détails ne le cèdent en rien à la vérité de l’ensemble,

C’est donc avec confiance que nous publions dans un pays catholique ces nouvelles lettres des Montagnes-Rocheuses. L'accueil qu’elles ont reçu en Amérique, au sein même d’une population protestante,

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l'intérêt qu'elles y ont excité, tout cela nous est un gage de l'intérêt que rencontreront en France ces pages éminemment religieuses.

Nous donnons ici les extraits de quelques journaux américains, la plupart protestants. Ils montreront au lecteur avec quelle bienveillance l'ouvrage du P. de Smet a été reçu dans le Nouveau-Monde.

Voici ce que dit le Evening Mirror de New-York :

« Ce beau volume, d’environ quatre cents pages, est orné de gravures et dédié à Mgr l’évêque Hughes. Il a été écrit dans les déserts lointains des Montagnes-Rocheuses par un pieux prêtre catholique qui consacre sa vie à la conversion des enfants des forêts. Ce livre pourrait être appelé à juste titre l’histoire de la conquête religieuse de l’Orégon, car il contient le récit détaillé de toutes les missions qui ont été établies ou tentées dans cette vaste et merveilleuse contrée, où les hommes rouges ont été obligés de fuir devant les progrès de la civilisation.

« Nous avons trouvé dans ce livre, écrit avec élégance, un intérêt que ne renferme aucun des livres de ce genre que nous avons lus. L'auteur semble déployer le grand désert comme une nappe, et tout en déroulant devant notre esprit étonné les horizons de la grandeur infinie et de la beauté de la nature, il nous inspire en quelque sorte l'esprit de son saint ministère, Les noms des déserts d’où il date ses lettres, nous surprennent par leur nouveauté et nous charment par l'harmonie et la douceur de leur composition, Pied de la Croix de la Paix, Village du

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Saint Cœur de Jésus, tels sont les noms dont les Pères catholiques ont baptisé les déserts au milieu desquels ils sont venus apporter la joie et le bonheur.

QIl est bon que dans ce monde d’hypocrisie et d'égoïsme, il y ait quelque part un Howard et un Oberlin pour arracher au mépris le nom de chrétien, et nous prouver par la force de grands et illustres exemples, semblables à ceux qu'ils nous donnent, que la religion n’est pas une vaine dérision. Un livre comme celui-ci ravive notre foi dans l'Evangile selon S. Jean. En vérité, il y a une foi qui opère avec amour et peut vaincre le monde. Elle s'incline avec respect sous le dôme majestueux de Saint-Pierre, et élève un pieux regard vers le ciel du haut des montagnes imposantes de l’Orégon. »

Le Catholic journal Pitisburg, s'exprime ainsi :

« L'auteur de ces lettres est connu de tous nos lecteurs et admiré de tous ceux qui le connaissent. Bien qu'il soit étranger, les intéressants détails de ses voyages, les descriptions et le récit animé des événements, recommandent ce livre à ious ceux qui savent trouver un sentiment d'intérêt pour ce qui ne leur est pas personnel, C'est un ouvrage catholique qui peut être lu et relu avec plaisir et profit. Il trouvera sa place dans les bibliothèques bien composées. car on le consultera toujours avec fruit, »

Le Freeman'’s, journal de New-York, apprécie l'ouvrage du P. de Smet de la manière suivante :

« Nous avons attendu avec impatience la publication de ce livre intéressant, Nous avons lu avec Île

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plus grand plaisir quelques-unes de ces lettres qui ont été adressées à Mgr l’évêque de New-York et publiées dans nos colonnes; mais elles acquièrent un nouvel intérêt depuis qu'elles ont été réunies, et qu’elles forment, avec d’autres importantes matières, ce beau volume qui parait aujourd'hui. Elles nous présentent l'histoire du zèle apostolique des missionnaires, et nous apprennent que le vicil esprit qui brille dans les Lettres édifiantes et curieuses n’est pas mort, mais qu'il anime les zélés, intelligents et dévoués Pères de la Compagnie de Jésus. Nous n'avons pas besoin de recommander cet ouvrage à nos lecteurs, car ilse recommande de lui-même par son mérite intrinsèque et par la beauté de son exécution.

le monde le lira avec plaisir et profit. Il tire -* Aouvel intérêt des circonstances actuelles, car il décrit brièvement, mais d'une manière exacte cet fidèle, cette nouvelle contrée qui a été dernièrement un sujet de dispute entre l'Angleterre et nous, et dont une partie a définitivement été incorporée dans le territoire des Etats-Unis. L'ouvrage est de plus orné de gravures admirablement exécutées qui en rehaussent le mérite. »

À l’occasion d’un corps d'armée à envoyer dans les pays sauvages, le même journal écrit le 16 octobre 1847 :

« Dans l’article que nous venons de citer, il y a incontestablement une grande exagération des faits généraux et particuliers, mais nous croyons en même temps qu'ilrenferme beaucoup de vérités. Deux mille

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soldats ne peuvent certainement former une armée d'occupation; dix mille hommes répondraient mieux aux besoins du moment. Mais nous pouvons indiquer un moyen par lequel vingt hommes feraient plus d'effet que deux mille ou même dix mille hommes armés, organisés et équipés comme le demande l'Expositer. Que le gouvernement d'Amérique requiert vingt missionnaires zélés (il en faudrait des centaines pour une population aussi vaste que celle de ce pays), qu’il obtienne, dis-je, vingt missionnaires armés, disciplinés et équipés par l'Eglise catholique. et qu'il les envoie parmi ces Indiens, et nous répondrons alors des malheurs qu’occasionneront les agressions de ces peuples. Que ceux qui ne nous comprennent pas achètent et lisent les Missions de l'Orégon du P. de Smet, et ils ne tarderont pas à se convaincre de l'exactitude de notre assertion, et verront combien l'esprit anti-papal pèse lourdement sur les finances de notre pays.

Le New-York commercial-advertiser :

« Ces lettres forment un très beau volume orné de nombreuses et charmantes gravures. Elles sont pleines de récits et de descriptions, et ne peuvent manquer d’intéresser le lecteur qui veut se former une idée exacte du pays qu'a parcouru son respectable auteur, et des usages et du caractère des peuples qu'il a évangélisés avec une infatigable ardeur. Il nous le représente sous ses divers aspects, religieux, politique et social. L'auteur est connu pour sa véracité et son caractère personnel; il possède un juge-

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ment sain et se distingue comme écrivain. Ce livre trouvera de nombreux lecteurs. »

Le New-York, journal of commerce du 3 novembre 1847 :

Missions de l’Orégon. — Le jésuite P. de Smet, missionnaire des Montagnes-Rocheuses, a publié un livre d’un intérêt extraordinaire. Il raconte les usages et les coutumes des Indiens de l’Amérique- Septentrionale, leurs traditions et leurs superstitions. les incidents et les événements qui ont signalé son séjour dans ces contrées sauvages, et il entremêle ces récits des plus belles descriptions des scènes de la nature. Le texte est accompagné d’esquisses lithographiques faites avec un grand soin. »

Le Morning Courrier and New-York du 3 novembre 1847 :

Missions de l’Orégon et voyages aux Montagnes-Rocheuses en 1845-1846, tel est le titre d’un charmant ouvrage du P. J. de Smet, de la Société de Jésus. C'est le mémorial des voyages, des observations et des travaux d’un zélé missionnaire jésuite parmi ies les Indiens de nos déserts de l'Ouest. Ce livre ne peut manquer de vivement intéresser toutes les classes de la société, qu’elles sympathisent ou non avec la doctrine qu'il s'est efforcé de propager. Il est dédié à Mgr l’évêque Hughes. Nous le recommandons à l'attention de nos lecteurs. »

Enfin un autre journal de New-York ajoute :

« Le nom du P. de Smet est familier à la plupart de nos lecteurs ; ils savent que c’est le célèbre mis-

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sionnaire des Montagnes-Rocheuses. L'ouvrage que ous annoncons renferme l'histoire de ses observations, de ses aventures et de sas voyages dans ce sauvage, romantique et intéressant pays. Ce volume de quaire cents pages est une des plus belles et des plus attachantes productions littéraires qui aient été publiées cette année à New-York. Il est orné de nombreuses gravures qui en rehaussent le prix. »

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