‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 2 sur 108 · DESCRIPTION · texte numérisé non relu

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du territoire de l’'Orégon et de ses missions.

Les discussions politiques qui ont eu lieu pendant plusieurs années entre le gouvernement de la Grande- Bretagne et celui des États-Unis, au sujet des limites des portions du territoire de l'Orégon qui appartienment à ces deux nations, ont appelé l’attention publique sur cette contrée éloignée, et lui ont conquis un Le qui s’accroitra à mesure que la civilisation et e commerce feront des progrès dans ce pays. Mais l'intérêt grandit aux yeux du philantrope et du chrétien, lorsqu'on considère les efforts qui ont été faits et qui se poursuivent dans le but de répandre la bienfaisante lumière de la foi parmi ses habitants plongés dans la nuit de l'ignorance. Cette contrée éloignée Présente, surtout aux catholiques, le spectacle le plus

sus et c’est ce motif qui nous a déterminé à of- Jrir au lecteur le récit abrégé de sa découverte, de sa

colonisation et des missions qui ont été entreprises pour le salut de ses nombreuses peuplades.

Le territoire de l’Orégon est cette importante partie de l'Amérique septentrionale qui s'étend du 42° au 50° degré de latitude nord, et des Montagnes-Rocheuses à l'Océan Pacifique. Il est borné au nord par les possessions russes, et au midi par la Californic ; il forme une espèce de parallélogramme d'environ sept cent cinquante milles de longueur et de cinq cents de largeur. contenant trois cent soixante-quinze milles carrés.

On ne peut douter que les Espagnols n’aient visité les premiers cette contrée. Les documents que nous possédons, et les récits des indigènes, concourent à rendre cette opinion incontestable. Ils affirment qu'un vaisseau parut avant 1792 au sud de la rivière Golombia, et que parmi eux vit encore une femme dont le père faisait partie de l’équipage de ce vaisseau, et dont la mère appartenait à la tribu des Kilamukes, Si nous ajoutons qu’on a trouvé dans leurs mains des crucifix que leur ont transmis leurs ancêtres ; que l’île de Vancouver renferme encore les ruines des habitations des colons ; que le détroit qui la sépare du continent porte le nom de Juan Fuca, et que la contrée est contiguë à la Californie où les missionnaires espagnols pénétrèrent environ deux cents ans auparavant, nous ne pouvons nous empêcher d’attribuer aux Espagnols la découverte de l’Orégon.

Après le voyage exécuté en 1790 par le capitaine Gook, qui nous apprit que la mer qui s'étend le long de la côte nord de l'Amérique abondait en loutres, cette

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Pendant la guerre de 1812, un vaisseau anglais re-

monta la rivière de Colombia afin de s'emparer d’Astoria et de ses trésors; mais le capitaine fut cruelle-

ment désappointé en trouvant la place occupée par un agent de la Compagnie du Nord-Ouest, qui l’avait achetée dans la prévision d’une guerre avec les États- Unis. Les Canadiens qui s’y étaient établis sous ses propriétaires primitifs furent employés par les nouveaux possesseurs, et leur nombre s’accrut à mesure que la Compagnie étendait ses opérations. De cette facon la contrée fut parcourue dans tous les sens, et plusieurs des tribus indiennes entendirent parler de la religion catholique et du culte du vrai Dieu. En 1821, les Compagnies du Nord-Ouest et de la baie d'Hudson confondirent leurs intérêts, et donnèrent une nouvelle impulsion au commerce des fourrures. M. John M. Langhlin, qui vint dans l’Orégon en 1824, fut le principal instrument de la prospérité du pays. Il augmenta les comptoirs et donna de l'occupation à un grand nombre de Canadiens et d'Iroquois. On commença en même temps à semer du blé. Un des colons ayant entrepris en 1829 de cultiver le sol de la vallée de Willamette , son exemple fut bientôt suivi par d’autres, et la colonie devint si nombreuse qu’en 1834 on pria le docteur Provencher, vicaire apostolique de la baie d'Hudson, de procurer un prêtre pour les besoins spirituels du peuple. Toutefois les colons ne réussirent dans leur requête que l’année suivante, où deux ecclésiastiques furent désignés pour la mission. L'arrivée dans l’Orégon d’un prédicateur méthodiste en 1834, et d’un ministre épiscopalien en 1837, retarda considérablement le départ des prêtres catholiques. Le R. M. Demers s’avança jusqu’à la rivière Rouge

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— A1 — en 1837. Des arrangements ayant été pris pour que lui et ses collaborateurs arrivassent dans l'Orégon l’année suivante, le R. F. N. Blanchet quitta le Canada à l'époque prescrite, et joignit son compagnon à la rivière Rouge, d’où ils partirent tous deux le 10 juillet. Après avoir fait un périlleux voyage de quatre à cinq mille milles, et avoir perdu douze de leurs compagnons de voyage dans les rapides de la rivière de Colombia, ils arrivèrent au fort Vancouver le 24 novembre de la même année. Dans leur route, les deux missionnaires furent traités avec une extrême politesse par les marchands qu’ils rencontrèrent, et à Vancouver ils furent reçus avec toute espèce d’égards et de respect par James Douglass, Esq., qui commandait ce poste en l’absence de M. M. Langhlin, qui se trouvait en Angleterre. Les habitants du Canada, voyant enfin les missionnaires arriver parmi eux, versèrent des larmes de joie, et les sauvages vinrent d’une distance de cent milles pour voir les robes noires dont ils avaient tant entendu parler.

Avant de suivre les ministres de Dieu dans leurs travaux apostoliques, nous devons donner un rapide aperçu de l’aspect du pays, des difficultés et des dangers que les missionnaires ont à surmonter, et des ressources qu'offre cette contrée.

Nous ferons d’abord observer que la Colombia a vers l'est une étendue de deux cent quatre-vingt-dix milles, à partir de son embouchure jusqu’au fort Walla- Walla ; elle se dirige ensuite vers le nord dans une Jongueur de cent cinquante milles jusqu’au fort Oka-

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Le fort Vancouver, le principal poste de l’Orégon., est situé sous le 45° 36° de latitude septentrionale, à environ cent milles de l'embouchure de la Colombia. et sur la rive occidentale de ce fleuve, quand on le remonte, Le Willamette est un affluent de la Colombia qu’il rejoint à quatre milles au dessous de Vancouver, sur le côté opposé. A vingt milles au dessus de la rivière, il y a une cascade d'environ vingt-cinq pieds, et à trente milles plus loin, se trouve un établissement canadien qui, en 1838, comptait vingt-six familles catholiques, outre les colons des États-Unis.

La résidence du ministre méthodiste état à dix milles au dessus. La rivière Cowlitz se jette dans la Colombia à trente milles au dessous de Vancouver, sur le même côté. A quarante-cinq milles de son embouchure; se trouve l'établissement qui porte son nom. Quatre familles catholiques résidaient là lorsque les missionnaires arrivèrent. De cette place à Nesqually. qui est à l'extrémité méridionale du district de Puget, la distance est d’environ soixante-dix milles, et l’on se trouve également éloigné de ce dernier point et de l’île de Whitby.

En poursuivant votre marche vers le nord pendant deux journées, vous arrivez à la rivière Frazer, sur xaquelle est situé le fort Langley. Cette rivière se jette dans le détroit de Puget ou le golfe de Géorgie.

La mission de Sainte-Marie parmi les Têtes-Plates est à dix journées de Colville, vers le sud-est, et à en-

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— À des viron cinq cents milles de Vancouver. Le pays le plus éloigné dans lequel M. Demers ait pénétré jusqu'ici est le lac de l’Ours dans la Nouvelle-Calédonie, à sept cents milles de Vancouver. Le lecteur peut se faire une idée des diflicultés presque insurmontables que nos deux missionnaires ont rencontrées en visitant leurs différents postes, si distants les uns des autres, et situés dans une contrée traversée dans toutes ses directions par de hautes montagnes. Ces montagnes s'étendent en général du nord au sud. De la vallée de Willamette on aperçoit trois pics élevés qui sont de forme conique et couverts d’une neige éternelle; de là leur nom de Montagnes Neigeuses. L'une d'elles, appelée montagne Sainte-Hélène, est située du côté opposé de Cowlitz, à l’est, et s’est fait remarquer, il y a quelques années, par ses éruptions volcaniques (1). Outre les rivières que nous avons citées, il en existe plusieurs autres dont les principales sont le Clanet. l'Umpqua et le Chikceles. La Golombia est navigable jusqu'à la cascade dans une étendue de cinquantequatre milles au dessus de Vancouver.

Les immenses vallées du territoire de l’Orégon, se-

imées de grandes et fertiles prairies, suivent le cours

des montagnes du nord au sud, et sont traversées dans différentes directions par des ruisseaux bordés d’arbres. On les cultive sans efforts, et bien que la première récolte ne soit pas très abondante, la seconde suffit en général pour dédommager le laboureur de

(1) La montagne Sainte-Hélène a été mesurée par le capitaine Wilkes ; elle a neuf mille cinq cent cinquante pieds de hauteur,

AR SS sa peine. Le sol est presque partout fertile, surtout au midi. On sème avec succès toute espèce de grain près de Cowlitz, de Vancouver, dans la vallée de Willamette et dans les contrées du sud. On peut dire la même chose du voisinage du fort Walla-Walla, de Colville, de la mission de Sainte-Marie, de celle du Sacré- Cœur, de Saint-Ignace et de Saint-François-Borgia parmi les Pendants-d’Oreilles ; de Saint-François- Régis, dans la vallée de Colville ; de l’Assomption et du Saint-Cœur-de-Marie parmi les Skalsi. Les autres districts qui ne sont pas propres à la culture offrent d'excellents pâturages pour les bestiaux.

Quant au climat de l’Orégon, il n’est pas aussi froid que le laisserait supposer sa latitude élevée.

La neige n’a jamais plus de trois ou quatre pouces de surface dans les parties les plus basses du territoire, et ne séjourne pas longtemps sur le sol. Lorsque les neiges accumulées sur les montagnes et dans leur voisinage par l'effet d’un froid extrême commencent à fondre, et qu’une pluie chaude survient, les plainés d’alentour sont couvertes d’eau, et les inondations causent quelquefois de grands dommages. La pluie commence en octobre et dure, avec de courtes interruptions, jusqu’au mois de mars. L'hiver ne fait sentir ses rigueurs que pendant quelques semaines. Dans le mois de juin, la Colombia sort toujours de son lit par suite de la fonte des neiges qui a lieu sur les montagnes, et tous les quatre ou cinq ans ses eaux s'élèvent à une hauteur extraordinaire, et causent de grands ravages dans les lieux voisins de Vancouver.

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Jusqu'en 1830 le territoire de l'Orégon était habité par de nombreuses tribus d’Indiens ; mais à cette époque la contrée située sur le bord de la Colombia fut ravagée par un cruel fléau qui enleva environ les deux tiers de ses habitants. Il se manifesta sous la forme d’une fièvre épidémique qui occasionnait un frisson général suivi d’une chaleur si brûlante que ses victimes se jetaient quelquefois dans l’eau pour trouver un peu d’adoucissement à leurs souffrances. Des villages entiers furent dépeuplés par cette terrikle ma- Jladie, et l’on mit le feu à quelques autres pour éviter les dangers de l'infection qu'aurait occasionnée la masse considérable de cadavres qu'on n'avait pu ensevelir. Pendant la durée de cette redoutable épidémie, qui frappait aussi bien les colons que les indigènes, le docteur Mc. Langhlin déployàa la plus héroïque philantropié en soignant les malades et les mourants. Les Indiens, dans leur superstition, attribuèrent l'invasion de ce fléau à une querelle survenue entre quelques agents de la Compagnie de la baie d'Hudson et un capitaine américain. Celui-ci, pour se venger, jeta une espèce de sort dans le fleuve. La fièvre reparut tous les ans, quoique avec des caractères moins mortels, et les habitants trouvèrent le moyen de la prévenir et de la guérir.

La petite vérole est la maladie qui alarme le plus les indigènes ; ils en ont une peur continuelle. Ils s’imaginent qu'ils n’ont que peu de temps à vivre, et

dans cette persuasion, ils ne bâtissent pas pour un temps plus long leurs grandes et commodes cabines.

Nonobstant les ravages dont je viens de parler, la population de l’Orégon s'élève à environ cent dix mille habitants, répandus particulièrement dans le nord. Cette partie de la contrée échappa heureusement au fléau qui décima les peuplades de Willamette et de Golombia, et qui sévit encore de temps en temps dans le midi.

Les tribus de ce territoire diffèrent beaucoup par leur caractère et leur physionomie. Les sauvages qui habitent la côte nord sont beaucoup plus barbares et plus féroces que ceux du centre ; il n’y a pas moins de dissemblance dans leurs usages, leurs coutumes, leur langage et leurs traits. Les tribus et les langues sont presque aussi nombreuses que les cantons. On a remarqué que ces Indiens parlaient vingtcinq à trente idiomes différents, ce qui accroît considérablement les travaux des missionnaires. Dans l'intérieur du pays les indigènes sont d’un: caractère doux et sociable, quoique enclins à l’orgueil et à la vengeance ; ils sont intelligents, mais indolents. Leur croyance à l’immortalité de l’âme consiste à admettre une autre vie heureuse ou malheureuse, c’est à dire un état d’abondance ou de pénurie, selon le mérite de chacun. On peut difficilement accuser ces sauvages d’avoir une morale corrompue parcequ’ils ont peu de lumières. Ils ont des idées distinctes du juste et de l’injuste, et reconnaissent plusieurs principes de droit natureL Le vol, l’adultère, l’homicide et le mensonge sont condamnés comme des crimes, et si la polygamie est tolérée, elle n’est du moins pas approuvée ; elle

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RE, se borne aux chefs, qui par là maintiennent la paix avec les nations voisines. Le relâchement de la morale, que l’on pourrait regarder comme inévitable dans leur état de rudesse et d’ignorance, est loin d’être ce que l’on suppose. La modestie pourrait à la vérité être mieux observée, mais ses lois sont généralement respectées. Les rapports mutuels des jeunes gens de différent sexe ont toujours pour but le mariage; les promesses d'union sont faites par les parents des deux parties. Lorsqu'un homme qui a de la fortune prend une femme, il est obligé de donner en compensation des présents considérables aux parents de son épouse; mais après la mort de celle-ci, il peut réclamer ces présents. Si par suite de mauvais traitements la femme meurt, cette circonstance jette de la défiance sur le

“mari, qui est obligé de dédommager les parents par des présents additionnels.

. La plupart des travaux des sauvages sont accomplis par des esclaves qui sont bien traités, excepté lorsqu'ils deviennent âgés ou incapables ; dans ce dernier cas on les laisse mourir de faim. Outre les esclaves nés

dans cet état malheureux, il y a encore les esclaves

e guerre. Tous les prisonniers sont regardés comme

e claves par les conquérants, bien qu’en général il n’y ait que leurs enfants qui soient assujettis à cette rude Condition. On ne fait quelquefois la guerre que pour avoir des esclaves, qui sont considérés par les sauvages comme un butin avantageux. Les blancs ont peu à

craindre de leurs attaques, excepté sur la côte nord,

où la vie est loin d’être en sûreté, et où lesindigènes,

qui sont anthropophages, se nourrissent de la chair de leurs prisonniers.

Dans toute l’étendue du pays, les habitations des Indiens sont plutôt des huttes que des maisons; elles ont de quinze à vingt-cinq pieds de long; leur largeur est proportionnelle et leur forme, conique. Des traverses de bois sont établies dans l’intérieur pour sécher le saumon et les autres objets de consommation.

On allume le feu sur le sol et au centre de la cabane; la fumée s'échappe à travers le toit. Les vêtements des Indiens ne sont pas plus élégants que leurs demeures. Autrefois ils s’habillaient avec une grande propreté et une grande richesse avec les fourrures qu’ils possédaient; mais depuis que le commerce des pelleteries a pris une si grande extension, les indigènes de l’Orégon en sont à peu près dépourvus, et les pauvres peuvent à peine se défendre contre les rigueurs de la saison. C’est en partie cette cause qui fait que depuis quelques années la population diminue. La chasse et la pêche sont les ressources des Indiens. La principale nourriture consiste en saumons, esturgeons et autres espèces de poisson; en canards, en poules sauvages et en lièvres dont le pays abonde. Les fruits sauvages, et particulièrement la racine de cammas, servent aussi à leur nourriture.

Parmi les aborigènes de l’Orégon on ne trouve aucune trace de religion. Leur croyance se compose de quelques traditions obscures (1), mais elle ne se ma-

(4) Les tribus de Chinook et de Kilamuke, qui se trouvent sur la côte, appellentle plus grand de leurs dieux Ikani, et ils lui attri-

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nifeste par aucun culte extérieur. Le jongleur exerce en général sa profession en faveur des malades et en vue de les guérir. S'il ne réussit pas dans sa cure, il est soupçonné d'avoir eu recours à une mauvaise influence, et il est obligé de payer le dommage causé par son insuccès. Bien que presque toutes ces tribus dont nous parlons n'aient aucune forme particulière de culte, elles sont cependant naturellement disposées en faveur de la religion chrétienne, surtout celles qui vivent dans l’intérieur. On trouvera la preuve la plus évidente de cette assertion dans la suite de notre récit.

A l’époque où les deux missionnaires catholiques arrivèrent dans le territoire de l’Orégon, la Compagnie de la baie d'Hudson possédait de dix à douze établissements de commerce de fourrures, dans chacun desquels se trouvait un certain nombre de Canadiens professant notre sainte foi. Il y avait de plus vingt-six familles catholiques à Willamette, etquatre à Cowlitz. Il est facile d'imaginer combien de dangers de perdre leur foi couraient ces catholiques, qui non Seulement étaient privés de toute instruction reli- Sieuse et de toute excitation à la pratique de la piété, Mais qui étaient encore entourés d'individus qui s’efforcaient de les arracher au catholicisme.

Les missionnaires méthodistes avaient déjà formé deux établissements, un à Willamette, où ils possé-

buent la création de toutes choses. Le dieu qui fit la rivière de

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daientune école, et un autre à cinq milles dela cascade. Un ministre anglican qui résida deux ans à Vancouver quitta ce séjour avant l’arrivée des prêtres catholiques. Les presbytériens avaient un poste de mission à Walla-Walla et un autre parmiles Nez-Percés, et en 1939, ils établirent une troisième station sur la rivière Spokane, à une distance de quelques journées du sud de Colville. En 1840, le R. M. Lee amena avec lui des vignerons avec leurs femmes et leurs enfants, et un grand nombre de laboureurs et de mécaniques. C'était une véritable colonie. Les prédicateurs s’établirent dans les postes les plus importants, comme aux cascades de Willamette, à Clatsops, situé au dessous du fort de Georges, et à Nisqualy, d’où ils visitaient les autres établissements : ils pénétrèrent même jusqu'à Whitby. Il n’a fallu rien moins qne les travaux les plus assidus et la vigilance constante des missionnaires catholiques, pour retirer tant d'individus du danger de la séduction spirituelle. |

Nos deux missionnaires étaient infatigables;s ils voyageaient presque toujours d’un poste à un autre pour commencer ou continuer la bonne œuvre qu’ils avaient en vue. Vancouver fut le premier endroit qui subit l’heureuse influence de leur zèle apostolique. Plusieurs des colons avaient oublié les principes religieux dont leur jeunesse avait été imbue, et leurs femmes étaient ou païennes, ou si elles avaient été baptisées, elles ne connaissaient que superficiellement la nature de nos saints rites. Dans cet état de choses, qui donna lieu à tant de désordres, les mission-

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