‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 28 sur 108 · ME D MI LS I EN PR AS · texte numérisé non relu

ME D MI LS I EN PR AS

ment d’une branche; il a flairé le souffle mortel du chasseur ; un bruit confus se fait entendre dans là montagne; le chasseur lève son ardent regard vers les hauteurs, et aperçoit un troupeau de rennes perché sur le sommet neigeux, et tressaillant à l'approche de l’homme; en un clin d’œil ils ont disparu dans les crêtes inaccessibles « où la Nature a placé son trône sublime dans des palais de glace. »

Nous sommes souvent témoins de l’agilité et de là grâce des chevreuils, lorsqu'ils courent, cabriolent, ou s'arrêtent un instant pour regarder autour d'eux avec leurs oreilles droites et tendues, qui ne laissent échapper aucun son. Ces timides habitants des bois reprennent leur course et finissent par pénétrer dans les sombres profondeurs des forêts. Des bandes de boucs sauvages gambadent tranquillement et sans peur à côté des troupeaux de moutons, qui sont suspendus aux précipices et aux pics des rochers couverts çà et là de neige, et que le pied de l’homme n’a jamais foulés.

Un monstrueux animal, l'ours gris, qui remplace

dans nos montagnes le lion d'Afrique. ne se contente | | aux po

pas de grogner et de menacer l’aventurier qui ose pénétrer dans ses domaines caverneux, mais il grince des dents et se met en colère. Aussitôt une balle bien ajustée le force à faire une humble révérence; le formidable animal roule dans la poussière awil mord de rage, et meurt baigné dans son sang.

La musique ordinaire du désert est le cri perçant de la panthère et le hurlement du loup. Le petit lièvre

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«des montagnes, qui n’a que six pouces de hauteur, et dont la biographie n’a pas encore sa place dans l'histoire naturelle, s'amuse au milieu des débris de rochers, et montre une étonnante activité; tandis que son voisin, le gros et paresseux porc-épics, grimpe sur une branche de cyprès, s’y assied et ronge l’écorce, Il regarde l’avide chasseur avec un œil indifférent, et ignore que sa chair tendre et délicate est considérée comme un mets délicieux. L’industrieux castor, semblable à un soldat en sentinelle, avertit sa famille de l'approche de l’homme en frappant l’eau de sa queue, Le rat musqué plonge immédiatement dans l'eau. La loutre quitte ses états et se glisse sur le ventre entre les roseaux. Le timide écureuil saute de branche en branche, jusqu’à ce qu’il ait atteint le sommet du cyprès. La martre court d'arbre en arbre et se cache dans le feuillage. Le siffleur et la belette se retirent dans leurs domiciles respectifs. Le renard, grâce à sa fuite précipitée, conserve son riche manteau d’argent, Le blaireau, trop éloigné de sa demeure, creuse le sol sablonneux. et s’enterre vivant pour échapper Aux poursuites : sa peau magnifique sert à orner le

dos des Indiens. 11 faut les efforts réunis de deux

hommes pour le retirer de sa retraite et pour le tuer.

Le soir qui précéda notre sortie des obscures la-

byrinthes de ce bois touffu nous jouimes d’un spec-

lacle ravissant, Après un désastreux combat, les

beautés de la nature consolent le cœur afiligé du guerrier sauvage. Du sommet de la montagne nous contemplâmes la danse des Manitous ou des esprits et

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