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yions eu } À le 20 nous suivimes les traces de nos prédécesseurs e dési- 4 inconnus, et elles nous parurent de plus en plus récen- J'avais Pl tes. Je dépêchai mes deux guides pour reconnaitre âtre de quelles étaient les personnes que nous suivions de si ntenant | près.
s, d'ou R! Un d’eux revint le même soir, et nous apprit qu'il : avait trouvé un petit camp des Assiniboins de la forêt ; qu'il avait été bien reçu ; qu’il règne dans le camp une e dans E | maladie dont deux d’entre eux viennent de mourir ; et qu’ils expriment le désir de voir la Robe noire. Le
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lendemain nous les joignîmes et voyageâmes plusieurs jours en leur compagnie. Le nombre des Assiniboins de la forêt ne s'élève pas à plus de cinquante loges ou familles , divisées en plusieurs groupes ; on les voit
rarement dans les plaines : la forêt est leur élément, b
et ils sont renommés comme chasseurs et guerriers. Ik crrent sur les montagnes, dans les bois, et près des différentes branches des sources, des Sascatshawin ct
d’Athabaska. L'agriculture est inconnue à cette tribu: E
ils vivent exclusivement de petits animaux, tels que daims, chèvres, etc; et principalement de porcsépics qui abondent dans cette région. Quand ils son! pressés par la faim ils recourent aux racines. aux graines et à l’intérieur de l’écorce de cyprès; ils ont peu de chevaux et font tous leurs voyages à pied.
Leurs chasseurs sortent de bon matin, et tuent tout le gibier qu'ilsrencontrent; ils le suspendent aux arbres le long du chemin. Leurs pauvres femmes ou plutôl leurs esclaves , portant souvent deux enfants sur leu
dos, et en traînant encore un plus grand nombre après |
elles, suivent lentement leurs maris et ramassent le gibier que ceux-ci ont tué. Ils ont une grande meute de chiens affamés qu'ils chargent deleurs petites provisions, etc. ; chaque famille a une bande de six ou douze
de ces animaux, et chaque chien porte de trente à tren- À
te-cinq livres pesant. Ce sont les plus malheureux animaux qui existent. Leurs bons maîtres et maîtresses leur donnent plus de coups de bâton que de morceaux; aussi ce sont les plus adroits et les plus incorrigibles voleurs qu'il y ait dans la forêt. Nous fûmes obligés chaque
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de les mettre hors de la portée de ces chiens voraces, nous sommes même forcés de nous barricader dans nos tentes la nuit, et de les entourer de branches d'arbre : car tout ce qui est cuir ou tout ce qui appartient à un être vivant est emporté et dévoré par ces «droits voleurs.
Vous direz que j'ai peu de charité pour ces pauvres bêtes; mais n'en soyez pas étonné. Un beau soir, ayant négligé ma précaution ordinaire de barricader l'entrée de ma tente, je me trouvai le lendemain matin sans souliers; ma soutane était sans collet et il y avait une jambe de moins à ma culotte de peau!!! Un des chefs du petit camp me raconta que l'hiver dernier un d’eux, qui était de sa nation, réduit à une extrême famine (de tels cas ne sont pas rares)man gea successivement sa femme et ses quatre enfants. Le monstre alors s'enfuit au désert, et l’on n’entendit plus jamais parler de lui.
Le missionnaire de l'Orégon, le R. M. Bolduc, raconte dans son journal qu’à Akena, une des îles Gambie, il vit une vicille dame qui ayant eu huit maris, en mangea trois pendant un temps de famine! Je mentionne ce fait pour vous donner la contre-partie de l'horrible trait que j'ai relaté plus haut.
Les Assiniboins ont la réputation d’être irrascibles, jaloux et fort babillards; aussi les batailles et les meurtres sont-ils communs parmi eux, et les divisions continuelles. Chaque soir je leur fis une instruction avec l'aide d’un interprète, Ils paraissaient dociles,
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quoiqu’un peu défiants; car ils ont été visités fréquemment par des hommes qui ont diffamé et la religion et les prêtres. Je rendis tous les petits services qui étaient en mon pouvoir aux personnes âgées ou infirmes; je baptisai six enfants et un vieillard, qui mourut deux jours après. Il fut enterré avec toutes les cérémonies funèbres et les prières de l’'Eglise. La propreté n’a aucune place dans le catalogue des vertus domestiques ou personnelles des Indiens. Les Assiniboins sont sales au-delà de toute expression. Ils surpassent en ce point tous leurs voisins. Ils sont dévorés par la vermine qu’à leur tour ils dévorent. Un sauvage, à qui je reprochai en plaisantant sa cruauté envers ces petits insectes invertébrés me répondit : « Il me mord le premier, j'ai le droit de prendre ma revanche. »
Par condescendance je surmontai le dégoût na-
turel et assistai à un festin de porc-épics. Je contemplai les Indiens qui découpaient la viande sur leurs chemises de cuir, luisantes de graisse, de salété et pleines de vermine, dont ils s'étaient dépouillés pour en faire une nappe. Ils essuyaient leurs mains à leurs cheveux, c’est leur seul essuie-mains ; et comme le porc-épics a naturellement une odeur forte et désagréable, on peut bien supporter le parfum de ceux qui se nourrissent de sa chair et se barbouillent avec son huile.
Une bonne vieille, dont la figure était teinte desang, (ce sont les vêtements de deuil des Indiens) me présenta une écuelle de bois pleine de soupe; la
de La 22
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